Ressources naturelles - Québec doit dissiper l’incertitude

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Les représentants du monde des affaires pressent le gouvernement péquiste à faire connaître « rapidement » les « règles du jeu » de l’exploitation des ressources naturelles afin d’extirper le Québec inc. du climat de « morosité » dans lequel il est à l’heure actuelle plongé.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, presse le gouvernement de dévoiler son projet de refonte de la Loi sur les mines pour dissiper l’« incertitude » qui « limite les investissements » de sociétés, d’ici et d’ailleurs, aux quatre coins du Québec.


« La Loi sur les mines, accompagnée d’un régime de redevances, va stabiliser la situation », souligne-t-il dans une entrevue avec Le Devoir à l’approche de l’ouverture du Salon des ressources naturelles. « Il y a une morosité qui semble s’être installée avant l’arrivée de ce gouvernement. Mais, si [l’équipe de la première ministre Pauline Marois] prend les bonnes décisions rapidement, on va être en mesure de profiter de la reprise mondiale au fur et à mesure qu’elle se confirmera », fait-il valoir.


Pour l’instant, seul le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a confirmé sa présence au Salon Plan Nord 2.0, qui battra son plein les 8 et 9 février prochains au Palais des congrès de Montréal. C’est la question de la transformation des ressources naturelles qui occupera cette année l’essentiel des discussions. « Est-ce qu’on en tire le plein bénéfice ? », s’interroge M. Leblanc, soulignant du même souffle que la CCMM fera connaître une analyse en vue de l’événement afin d’engager la discussion.


« On s’est aperçu à quel point les gens trouvent important de retirer le maximum des retombées économiques de la transformation des ressources naturelles au Québec », lance-t-il, insistant sur le caractère « intégré » de l’économie québécoise. « L’exploitation des ressources naturelles, ce n’est pas qu’une question de régions, c’est aussi une question de villes-centres. »


La CCMM, la voix du milieu des affaires, plaide pour la mise au point d’un « modèle viable à long terme », dissuadant le gouvernement d’emprunter un « raccourci », par exemple, en maintenant en vie à coups de subventions des usines de transformation de ressources naturelles. « Il y a beaucoup d’endroits dans le monde où on se lance dans des usines fortement subventionnées où [il y a] des exigences extrêmement contraignantes pour les entreprises. Ce dont on s’aperçoit, c’est que quelques années après, on a des infrastructures qui sont fermées et des gens qui perdent des emplois. On a créé parfois, dans des communautés, des attentes qu’on n’arrive pas à maintenir parce que les modèles d’affaires n’étaient pas viables », fait remarquer le grand patron de la CCMM.


Michel Leblanc ne se formalise pas de l’absence éventuelle de ministres clés du gouvernement péquiste au Salon, dont celle justement des Ressources naturelles, Martine Ouellet. L’élue n’a pas accepté l’invitation de la CCMM, du moins à ce jour. « Historiquement », c’est le ministre des Finances et de l’Économie qui a la main-haute sur le régime de redevances, fait remarquer M. Leblanc.


En avril 2012, le premier ministre Jean Charest avait lui-même inauguré le Salon du Plan Nord, étroitement associé à sa personne, en pleine manifestation antigouvernementale. « À ceux qui frappaient à notre porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi… et dans le Nord autant que possible », avait déclaré le chef du gouvernement libéral devant un parterre de gens d’affaires. Mais, à l’extérieur, de violents affrontements mettaient aux prises des manifestants et des policiers.


« On ne sent pas du tout qu’il y a cette contestation cette année », dit M. Leblanc. D’ailleurs, celui-ci compte quitter le territoire du Plan Nord en parlant d’exploitation de ressources naturelles au-delà, mais aussi en deçà du 49e parallèle. « Ça inclut les produits issus de la forêt, alors qu’on essaie de faire du bois un nouveau matériau de construction sophistiqué. Cela dit, on n’est pas juste dans les mines et le pétrole. »


La population québécoise doit convenir que l’acceptabilité sociale ne peut être pleinement assurée dans tous les projets d’exploitation de ressources naturelles, lance M. Leblanc, suggérant que l’intérêt collectif occupe le haut du pavé des considérations des décideurs politiques. « L’intérêt collectif lié au développement des ressources naturelles doit primer sur l’opposition systématique locale à l’exploitation », insiste-t-il, préférant toutefois ne pas commenter l’écueil heurté par Pétrolia à Gaspé.


 
4 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 19 janvier 2013 10 h 15

    Trop tard ?

    La demande en ressources naturelles est en baisse, et il devient moins intéressant pour les minères d'investir des milliards dans une mine..

    Prendre moins de redevances pourrait peut-être attirer plus, mais ce n'est pas certain. Demander plus de redevances éloignera certainement...

    C'est dans les années 90 que l'état aurait du stimuler le secteur minier..comme l'on fait d'autres provinces qui aujourd'hui en profitent grandement. À force de tergiverser avec les verts on a manqué le bateau.. et les milliards!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 janvier 2013 08 h 03

      C'est peut-être plutôt le temps pendant que c'est tranquille de reviser les règles avant que le «rush» ne reprenne en y pensant bien, non ?
      Comme disait ma grand-mère :«C'est pas fini tant que c'est pas terminé !»

      C'est quoi votre idée ? On se rassis pis on boude ?

  • André Lefebvre - Inscrit 20 janvier 2013 10 h 07

    Règles du jeu???

    Les règles du jeu me paraissent assez simple; demandez-les à ceux qui habitent ces régions; pas à ceux qui comptent les sous à Québec.

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 20 janvier 2013 11 h 34

    Le moment c'est maintenant!

    Bonjour,

    Le moment de s’organiser est arrivé! Nous sommes à l’aube du développement de l’industrie des hydrocarbures et, pour que les choses se déroulent dans l’ordre et la sérénité il faut élaborer un plan de développement, et cela va prendre un certain temps.

    Entretemps, l’événement crucial pour amorcer et guider le développement c’est une loi sur les hydrocarbures qui doit précéder le plan lui-même. Cette loi nous évitera d’avancer à tâtons et servira d’annonce aux intéressés de ce que nous voulons et comment nous contrôlerons les hydrocarbures dans toutes ses phases, selon les intérêts des Québécois, sans exclure ou marginer a qui que se soit. Cette loi mettra au pas les factieux et les prétentieux qui veulent se créer un capital politique aux dépens des contribuables. Ceux qui sont tentés de pratiquer la guérilla judiciaire s’affronterons à une muraille légale infranchissable.

    Ce qui vaut pour les hydrocarbures, vaut pour toutes les ressources naturelles!

    Le moment est venu, merci,