Sondage de la Banque du Canada - Au creux de la vague succède un vague optimisme

Les entreprises ont connu une année difficile en 2012. Leurs dirigeants se disent modérément optimistes pour 2013.
Photo: La Presse canadienne (photo) Les entreprises ont connu une année difficile en 2012. Leurs dirigeants se disent modérément optimistes pour 2013.

Les entreprises canadiennes affichent un optimisme modéré après avoir traversé, de leur propre aveu, leur pire année depuis la Grande Récession.

Près de 44 % des répondants à l’édition hivernale de l’enquête réalisée par la Banque du Canada auprès d’une centaine d’entreprises de partout au pays prévoient que le rythme de leurs ventes s’accéléra au cours de la prochaine année, alors que 28 % s’attendent à un ralentissement et que 28 % ne prévoient aucun changement. Cet écart positif de 16 points entre les optimistes et les pessimistes constitue une amélioration par rapport à la parfaite égalité à laquelle les deux camps étaient arrivés au trimestre précédent.


Ce regain d’optimiste est d’autant plus « impressionnant » que l’enquête de la banque centrale s’est tenue du 19 novembre au 13 décembre alors que la tension était presque à son comble autour de la question du mur budgétaire aux États-Unis, a observé hier l’économiste de la Banque de Montréal, Michael Gregory.


Il faut dire que les temps ont été difficiles pour les entreprises ces derniers mois, et qu’il y a de la marge pour de l’amélioration. La proportion d’entreprises rapportant un recul de leurs ventes au cours de la dernière année (35 %) a même (modestement) dépassé celle des entreprises rapportant une hausse (33 %) pour la première fois depuis les pires heures de la crise, au début de 2009.


« Globalement, un plus grand nombre de répondants se disent préoccupés par les perspectives de la demande intérieure et les pressions issues de la concurrence accrue au pays et à l’étranger », rapportent les auteurs de l’enquête.


Dans ce contexte, les firmes donnent à penser qu’elles hausseront leurs investissements en machines et en matériel. Ou, plus précisément, qu’elles dépenseront plus afin de parvenir à une utilisation plus intensive de leur équipement existant ou à un accroissement de leur compétitivité. En effet, « peu de répondants envisagent de financer de nouveaux projets d’envergure », note l’enquête, et ce, même si, pour un deuxième trimestre consécutif, un plus grand nombre d’entre eux estime que les conditions de crédit se sont relâchées plutôt que resserrées.


La hausse du solde des opinions concernant les investissements futurs se révèle, malgré tout, une bonne nouvelle, a noté Benoit P. Durocher, économiste au Mouvement Desjardins. « L’investissement des entreprises pourra vraisemblablement reprendre son rôle primordial dans la croissance économique au pays. »

 

Plus de productivité plutôt que de nouvelles embauches


Cette grande prudence des entreprises devant un avenir incertain se répercute sur leurs intentions d’embauche. L’écart entre celles qui prévoient augmenter leur effectif durant la prochaine année (42 %) et celles qui pensent devoir les réduire (14 %) est resté sensiblement le même qu’au trimestre précédent et demeure inférieur aux niveaux enregistrés ces deux dernières années, en dépit du fait que le quart des entreprises dit souffrir d’une pénurie de main-d’oeuvre.


« Un certain nombre d’entreprises, en particulier des grandes sociétés, estiment disposer de suffisamment d’employés pour répondre à la demande attendue ou invoquent des gains de productivité découlant des investissements effectués précédemment », rapportent les auteurs de l’enquête.


Malgré tous ces bémols et ces progrès en demi-teinte, la plupart des analystes se sont montrés plutôt satisfaits par les résultats de l’enquête. La nouvelle aurait même eu l’heur de plaire aux investisseurs qui ont (bien modestement) fait augmenter le dollar canadien de 0,07 ¢ US, lundi, à 101,65 cents.


« Visiblement, les répondants ont été influencés par les nouvelles plus encourageantes en provenance des États-Unis, a dit Benoit P. Durocher. Par contre, il ne faut pas se bercer d’illusions : les incertitudes demeurent nombreuses alors que l’économie européenne est en récession et que la problématique fiscale aux États-Unis n’est pas complètement réglée. Rappelons que les exportations de marchandises à destination de l’Union européenne ont diminué de 19 % en novembre. »

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