Le marché de l’emploi au Canada termine 2012 en force

Plutôt stable au Québec mais particulièrement vigoureuse au Canada, la création d’emplois en décembre a ramené le taux de chômage canadien à son niveau le plus bas en quatre ans. Les plus récentes données présentent une image plutôt bigarrée du marché du travail en 2012, avec un Québec surpassant les attentes mais un Ontario encaissant le coup de sa trop grande proximité avec l’économie américaine.

Les données de Statistique Canada font ressortir une création nette de 39 800 emplois en décembre à l’échelle canadienne. Cette quatrième augmentation en cinq mois fait passer le taux de chômage de 7,2 à 7,1 % entre novembre et décembre, pour le ramener à son niveau le plus bas depuis décembre 2008. Par provinces, l’emploi a augmenté de 32 900 en Ontario, qui a vu son taux de chômage se maintenir à 7,9 % en raison d’un accroissement de la population active. Au Québec, l’emploi a crû pour un cinquième mois consécutif, mais à un rythme plus faible, de 5800 en décembre. Le taux de chômage a tout de même diminué de 0,3 point de pourcentage, à 7,3 %, ce retour au taux ayant prévalu en juillet 2011, traduisant le fait qu’il y avait moins de personnes ayant cherché du travail le mois dernier.


Les statistiques de décembre viennent clore une année plutôt contrastée sur le marché du travail à l’échelle canadienne. Ainsi, sur 12 mois, l’emploi a progressé de 1,8 % ou de 311 900 au Canada en 2012, une hausse entièrement attribuable au travail à temps plein. Au cours de la période, le nombre d’heures travaillées a augmenté de 1,6 %, a noté l’agence fédérale de statistique. Toujours de décembre à décembre, l’emploi a progressé de 1,5 %, soit de 100 300, en Ontario et de 3,5 %, soit 138 000 emplois, au Québec.

 

Moyennes mensuelles


Les données sur l’emploi d’un mois à l’autre se révèlent cependant particulièrement volatiles. Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins, a notamment rappelé qu’« il faut se remémorer que le Québec devait rattraper une perte de 60 000 emplois survenue au troisième trimestre de 2011 ». Et que le quatrième trimestre de 2012 a été favorable au Canada, au Québec et en Ontario. La moyenne annuelle offre ainsi un portrait plus précis. Sur cette base, la création moyenne d’emplois en 2012 a été de 30 800 au Québec, en recul par rapport à celle de 38 500 de 2011, mais supérieure à la prévision du Mouvement Desjardins, qui tablait sur une croissance moyenne de 25 000 emplois. Au Canada, elle a été de 201 500, contre 265 200 en 2011, l’Ontario ayant pesé de tout son poids dans ce repli avec une croissance moyenne de 52 400 emplois en 2012, contre 121 300 l’année précédente.


L’Ontario a donc subi les effets de sa trop grande dépendance à l’économie américaine, dont l’activité a été atone l’an dernier, et des restrictions budgétaires gouvernementales. Joëlle Noreau a notamment pointé en direction de l’industrie automobile, des ajustements dans la fonction publique et d’un ralentissement de la cadence dans la construction non résidentielle pour expliquer la contraction du marché de l’emploi ontarien. L’économiste a mis en exergue la proximité de cette économie avec celle des États-Unis, où elle peut diriger jusqu’à 90 % de ses exportations. À titre de comparaison, si le Québec pouvait acheminer 85 % de ses exportations vers les États-Unis il y a une dizaine d’années, ce poids n’est plus que de 67 % aujourd’hui, a illustré Joëlle Noreau.


Quant au bilan 2012 du marché du travail au Québec, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a estimé que l’emploi a crû pour atteindre près de 4 millions. Cette progression de 0,8 % par rapport à la moyenne annuelle est légèrement plus faible que celle de 1 % observée en 2011. L’ISQ a précisé que les gains de 2012 sont comptabilisés uniquement dans l’emploi à temps plein, qui affiche un gain moyen de 36 700, alors que l’emploi à temps partiel a diminué de 5900. Phénomène encore récent, par groupes d’âge, ce sont les personnes de 55 ans et plus qui affichent la plus forte hausse, avec une création moyenne de 25 600 emplois, a ajouté l’institut québécois. L’emploi est demeuré stable chez les jeunes de 15 à 24 ans.

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