Le coût des catastrophes naturelles évalué à 160 milliards de dollars

Berlin — Le coût total des catastrophes naturelles dans le monde devrait atteindre 160 milliards de dollars en 2012 estime l’assureur allemand Munich Re dans une étude publiée jeudi.

« L’année dernière, les catastrophes naturelles dans le monde ont causé environ 160 milliards de dollars de pertes au total, et près de 65 milliards de dollars de pertes assurées », a précisé Munich Re dans un communiqué.


Ces chiffres sont toutefois inférieurs aux dégâts records constatés en 2011, année marquée par le tsunami au Japon, ainsi que par des inondations en Thaïlande. Les pertes s’étaient alors élevées à 400 milliards, et 119 milliards à couvrir par le secteur de l’assurance.


Sur l’ensemble de l’année écoulée, le nombre de décès provoqués par ces catastrophes s’est élevé à 9500, contre une moyenne annuelle de 106 000 sur la dernière décennie. « La raison du nombre relativement peu élevé de victimes : en 2012, peu de catastrophes graves se sont produites dans les pays émergents et en voie de développement, où elles ont généralement de lourdes conséquences humaines », a souligné Munich Re.


En termes financiers, « 67 % des pertes totales et 90 % des pertes assurées sont imputables aux États-Unis. Les plus gros dégâts de l’année 2012 ont été provoqués par l’ouragan Sandy, qui représente près de 25 milliards à couvrir par le secteur de l’assurance », ajoute le communiqué. En novembre dernier, le groupe avait déjà estimé son exposition à « environ 500 millions d’euros », après le passage dévastateur de Sandy sur la côte Est des États-Unis. « Sans cette tempête exceptionnelle, l’année 2012 aurait été une année très pauvre en dégâts », explique-t-il.


Deuxième catastrophe importante aux États-Unis l’an passé, la forte sécheresse estivale a durement touché les exploitations agricoles du Midwest, où est concentrée une large partie de la production américaine de maïs et de soja. Près de la moitié des terres cultivables américaines ont été touchées et les pertes se sont élevées au total à 20 milliards pour l’année 2012, soit « la plus forte perte de l’histoire de l’assurance agricole aux États-Unis », a détaillé Munich Re. Lors d’une année moyenne, ces pertes s’établissent généralement autour de 9 milliards.


L’assureur allemand a, par ailleurs, annoncé s’attendre à d’autres fortes sécheresses aux États-Unis et à des tempêtes au cours des années à venir. « Les dommages élevés liés aux catastrophes naturelles aux États-Unis ont montré qu’il est important de soutenir les efforts en matière de prévention des dégâts », a commenté Torsten Jeworrek, patron de Munich Re. Notamment, « il serait possible de doter certaines régions, comme New York, d’une meilleure protection contre les effets des tempêtes. Cela serait raisonnable d’un point de vue économique et les assureurs pourraient tenir compte dans leurs prix d’une exposition moindre aux dommages », a-t-il ajouté.

 

Swiss Re


En décembre dernier l’autre géant de la réassurance, Swiss Re, avait estimé le coût des catastrophes naturelles à 140 milliards en 2012. Selon une étude publiée par le réassureur helvète, l’ensemble du secteur de l’assurance devrait couvrir ces pertes économiques à hauteur de 65 milliards. Si ce montant est nettement inférieur à l’année 2011, il sera toutefois supérieur à la moyenne sur dix ans, précise l’étude de Swiss Re.


Après un premier semestre plutôt clément, les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles se sont accélérées au second semestre avec la sécheresse aux États-Unis et l’ouragan Sandy qui s’est abattu notamment sur la cote Est du pays. Les coûts assurés de cet ouragan se situent entre 20 et 25 milliards, soulignait l’étude de Swiss Re.


Dans la foulée les Lloyd’s de Londres avaient évalué entre 2 et 2,5 milliards la valeur des sinistres qu’ils devront supporter après l’ouragan Sandy mais assuraient avoir les ressources pour y faire face. « Les Lloyd’s demeurent financièrement solides et, même si les sinistres liés à l’ouragan peuvent encore évoluer avec le temps, l’exposition totale du marché est bien dans les limites des scénarios du pire pour lesquels nous avons établi nos modèles et nous nous sommes préparés », a souligné le directeur général Richard Ward dans un communiqué.


L’ouragan meurtrier Sandy a dévasté fin octobre des régions du nord-est des États-Unis et fait 110 morts, endommageant plusieurs centaines de milliers de logements et d’entreprises, ainsi que des infrastructures.

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