Mark Carney est élu personnalité de l’année dans le monde des affaires

Mark Carney
Photo: Agence France-Presse (photo) Eduardo Verdugo Mark Carney

Ottawa – Il a été difficile d’ignorer Mark Carney en 2012. Le gouverneur de la Banque du Canada a constamment fait les manchettes. Lorsqu’il ne réprimandait pas les ménages canadiens parce qu’ils n’économisent pas assez, il reprochait aux chefs d’entreprise de laisser dormir trop d’argent dans leurs coffres, ou bien alors il tentait de déterminer si l’économie canadienne souffrait du syndrome hollandais.


Qui plus est, il a continué à exhorter les institutions financières mondiales à se réformer dans la foulée du carnage qu’elles ont causé en déclenchant la crise de 2008, tout en avertissant qu’il avait bien l’intention d’utiliser toutes les ressources à sa disposition en tant que grand patron du Conseil de stabilité financière (CSF) pour s’assurer qu’elles le font.


Puis, il y a eu cette nomination surprenante : M. Carney a été désigné pour devenir le premier gouverneur de la Banque d’Angleterre à ne pas être Britannique en 318 ans d’histoire. Le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, a dit du Canadien qu’il était « le gouverneur de banque centrale d’exception de sa génération ».


Même ses admirateurs les plus fervents de ce côté de l’océan se sont demandé si Mark Carney était vraiment digne d’une telle adulation.


Les récentes révélations voulant que M. Carney ait jonglé avec l’idée d’abandonner l’une des institutions publiques les plus vénérées et non partisane du pays pour entrer dans le ring des prétendants au leadership du Parti libéral ont fait tourner les têtes pour des raisons moins prestigieuses et ont soulevé certaines questions sur son jugement.


Mais même avant ce récent pavé dans la mare, le gouverneur de la banque centrale canadienne s’était démarqué comme le choix évident du sondage annuel réalisé par La Presse canadienne auprès d’éditeurs et de diffuseurs pour déterminer la personnalité 2012 du monde des affaires.


M. Carney a obtenu 59 % des votes. Celui qui a fini deuxième, avec 17 % des votes, n’était même pas une véritable personne : il s’agissait du « Canadien endetté ».


L’ex-patron de SNC-Lavalin tombé en disgrâce, Pierre Duhaime, a fini troisième avec 9 %, comparativement à 8 % pour le ministre des Finances, Jim Flaherty. « Voici les principales exportations canadiennes : le bois d’oeuvre, le pétrole, l’eau, le blé et Mark Carney, illustre Rick Hughes, responsable des pages affaires du Hamilton Spectator, pour expliquer son choix. Son rôle en tant que gouverneur de la banque centrale a été remarqué en raison de son bon conseil et de sa stabilité, et le système bancaire britannique sera bien servi sous sa gouverne. Il offre ce que le Canada développe de mieux : la stabilité, la démocratie, et une autre chose… c’est un joueur de hockey. »


Célébrité internationale


Même si Daniel Tencer, responsable de la section affaires pour le site Internet The Huffington Post Canada, estime que « la contribution de M. Carney à la performance relativement forte de l’économie du Canada ces dernières années est probablement exagérée », il a malgré tout accordé son vote au gouverneur. « Il est si rare pour un gouverneur de banque centrale, particulièrement un Canadien, de devenir une célébrité internationale que cela rend l’exploit de M. Carney significatif. »


Le sondage annuel de La Presse canadienne a par ailleurs sacré la dette personnelle comme la nouvelle de l’année du monde des affaires - ce qui n’est pas surprenant quand on sait que le ratio d’endettement des ménages a atteint cette année le niveau record de 164,6 %.


Si la dette personnelle a remporté 24 % des votes, le rachat de Nexen par la chinoise CNOOC pour 15,1 milliards $ s’est classé en deuxième place avec 20 % des votes et les difficultés de Research In Motion sur le long chemin menant au dévoilement du système d’exploitation BlackBerry 10 et de nouveaux appareils en janvier ont été soulignées par 19 % des répondants.


M. Carney, pour sa part, a gardé la dette personnelle bien haut dans les manchettes tout au long de l’année, avec ses avertissements répétés aux Canadiens. Il a notamment insisté sur le fait que les faibles taux d’intérêt actuels seraient appelés à grimper à terme.