«Mur budgétaire» - Obama plaide pour un compromis format réduit

Barack Obama considère qu’il est possible d’arriver à un accord en dix jours si les deux parties se concentrent sur les enjeux centraux.
Photo: Agence France-Presse (photo) Mandel Ngan Barack Obama considère qu’il est possible d’arriver à un accord en dix jours si les deux parties se concentrent sur les enjeux centraux.

À l’approche du « précipice fiscal », le président des États-Unis, Barack Obama, a pressé vendredi le Congrès d’adopter un compromis budgétaire de moins grande portée que ceux évoqués ces dernières semaines afin d’éviter une cure d’austérité forcée.


« C’est quelque chose que nous pouvons résoudre, cela ne demandera pas tant d’efforts, il nous faut juste faire le nécessaire », a déclaré en fin d’après-midi M. Obama derrière le lutrin de la salle de presse de la Maison-Blanche, au lendemain de l’échec d’un plan de secours républicain censé empêcher le pays de s’écraser au fond du « précipice fiscal ». Cette expression recouvre l’entrée en vigueur dès janvier d’une hausse d’impôts pour tous les Américains et des coupes automatiques dans les dépenses publiques, cocktail dont des économistes redoutent qu’il provoque une rechute de la première économie mondiale dans la récession.


Plus tôt, il avait discuté au téléphone avec le président de la Chambre des représentants, John Boehner, puis s’est entretenu à la Maison-Blanche avec le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a indiqué Barack Obama. Il a aussi précisé leur avoir demandé à tous deux « d’oeuvrer à un plan qui empêche une hausse des impôts sur la classe moyenne, protège l’assurance-chômage pour deux millions d’Américains, et jette les bases de travaux à venir tant sur la croissance que la lutte contre les déficits ».


« C’est un but à notre portée. Cela peut être fait en dix jours, a-t-il insisté. Personne ne peut avoir ce qu’il veut à 100 %, et il y aura de vraies conséquences à la façon dont les élus géreront les hausses d’impôts et les coupes budgétaires prévues à partir du jour de l’An, à moins d’un accord. »


En vacances, mais de retour avant 2013


Les élus des deux chambres du Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat, sont déjà partis en vacances de Noël, mais ont été prévenus de se tenir prêts à revenir dans la capitale avant le jour de l’An.


La Maison-Blanche a annoncé que M. Obama et sa famille voyageraient vendredi en soirée vers Hawaï, l’archipel natal du président, où il passe traditionnellement la période des Fêtes. Mais, M. Obama a dit qu’il serait de retour « la semaine prochaine » pour la reprise des discussions budgétaires. « Au moment où nous quittons la ville pour retrouver nos familles pendant les Fêtes, j’espère que cela donnera un peu de sens des perspectives à tout le monde », a-t-il affirmé.


Jeudi soir, les républicains du Congrès n’avaient pas réussi à s’entendre sur un « plan de secours ».


Craignant une révolte au sein de leur caucus, les leaders républicains à la Chambre des représentants ont annulé la tenue d’un vote sur un projet de loi prévoyant une hausse d’impôts pour les Américains qui gagnent plus d’un million de dollars par année. Le projet de loi « ne recueillait pas assez d’appuis des nôtres pour être adopté » a reconnu M. Boehner.


« Notre pays fait face à de sérieux défis. Le président et moi, dans nos rôles respectifs, avons la responsabilité de travailler ensemble pour les relever. Je m’attends à ce que nous puissions continuer de travailler ensemble. »


Le porte-parole de M. Boehner a imputé vendredi l’impasse des négociations à M. Obama. « Nous continuons à espérer qu’il est enfin prêt à faire preuve de sérieux pour éviter le mur budgétaire », a déclaré ce porte-parole, Brendan Buck.


De même source, M. Boehner « reviendra à Washington après [Noël], prêt à trouver une solution qui peut être adoptée par les deux chambres du Congrès ».


Des allégements d’impôts pour tous les contribuables, hérités de la présidence du républicain George W. Bush, doivent expirer le 1er janvier si le législatif et l’exécutif ne se mettent pas d’accord. Or, les républicains souhaitent que ce dispositif soit prolongé pour tous, y compris les plus aisés.


Selon un responsable de la Maison-Blanche vendredi soir, M. Obama veut le laisser expirer pour les 2 % de foyers les plus riches, ce qui correspond aux personnes aux revenus supérieurs à 250 000 dollars. Pendant les négociations, M. Obama avait offert à M. Boehner de porter ce seuil à 400 000 dollars.


Les observateurs estiment que M. Obama, nettement réélu en novembre, possède l’avantage dans cette énième crise avec ses adversaires, car en cas de persistance du blocage, il obtiendra l’objectif désiré : la hausse de la taxation des plus aisés, quitte ensuite à ce que le Congrès vote de nouvelles coupes pour la classe moyenne.


Mécontentement sur les marchés


Alors que l’échéance pour le « précipice fiscal » approche à grands pas, les opérateurs des marchés boursiers ont montré vendredi leur mécontentement par rapport à l’absence de progrès dans les négociations entre démocrates et républicains à Washington. La chute a été marquée sur Wall Street, où les actions ont commencé à retraiter lorsque les républicains de la Chambre des représentants ont annulé un vote sur un projet de loi présenté par leur leader John Boehner, ce qui laisse les négociations budgétaires au point mort à peine 10 jours avant l’entrée en vigueur automatique des hausses d’impôts et des réductions de dépenses importantes.


La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a échappé 120,88 points à 13 190,84 points, tandis que l’indice composé du Nasdaq a cédé 29,38 points à 3021,01 points et que l’indice élargi S P 500 a abandonné 13,54 points à 1430,15 points.


Les courtiers sont de plus en plus inquiets de voir achopper les négociations avant la date limite. En l’absence d’un plan budgétaire alternatif, rien n’empêcherait les États-Unis de plonger dans le « précipice fiscal », ce qui risque de déclencher une récession au sud de la frontière.


Entre-temps, le dollar canadien s’est déprécié vendredi de 0,63 cent US à 100,66 cents US, après que Statistique Canada eut révélé que l’inflation avait été en novembre à son plus faible niveau en trois ans, tandis que le produit intérieur brut a progressé de 0,1 % en octobre. (Voir autre texte.)


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D’après l’Associated Press et l’Agence France-Presse

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 22 décembre 2012 09 h 16

    Et si

    ce mur budgétaire ou ce précipice fiscal était nécessaire et espéré ? Stratégiquement?