Urgel Bourgie redevient québécoise

Le Groupe Athos a fait l’acquisition des maisons funéraires centenaires Lépine Cloutier et Urgel Bourgie aux mains de l’entreprise canadienne Services Commémoratifs Célebris depuis 2002.

Le Groupe Athos a pu compter sur le coup de pouce de la Banque Nationale du Canada, de Roynat, ainsi que du Fonds de solidarité FTQ pour acquérir ces deux fleurons québécois de l’industrie funéraire aux coûts de 50 à 100 millions de dollars. « Le Fonds de solidarité n’a pas d’actions dans le Groupe Athos. Par contre, c’est un prêteur important… avec un échéancier de remboursement sur sept ans », a précisé le directeur marketing et développement des affaires, Donald Veilleux, au coeur des « tractations » avec Services Commémoratifs Célebris « en cours depuis le début de 2012 ».


Les maisons funéraires Urgel Bourgie, fondées en 1889, et Lépine Cloutier, fondée en 1845, redeviennent ainsi des propriétés québécoises, les actionnaires de Groupe Athos étant des gens d’affaires de Québec. Avec cette dernière acquisition, ceux-ci font main basse sur environ 25 % du marché de la région de Montréal et 45 % du marché de la région de Québec. « Dans le marché de Montréal, le Groupe Athos n’était pas en compétition avec Urgel Bourgie. Dans le marché de Québec, on avait déjà la Maison Gomin et le Complexe de la cité, qui étaient des compétiteurs de Lépine Cloutier », a précisé M. Veilleux.


La Corporation des thanatologues du Québec (CTQ) — regroupement de 145 entreprises et d’un demi-millier de professionnels en rituels funéraires — se réjouit de l’expansion des activités du Groupe Athos par le biais de « la plus importante transaction dans le domaine funéraire québécois survenue au cours de la dernière décennie ».


« Ça va permettre de consolider le milieu funéraire québécois », a affirmé la présidente de la CTQ, Valérie Garneau, soulignant que le Groupe Athos jouit d’une « bonne réputation », notamment en raison de la « vaste expérience dans le domaine » de ses artisans.


L’acquisition de Lépine Cloutier et de Urgel Bourgie ne signera pas l’arrêt de mort de la concurrence autant à Québec qu’à Montréal, selon elle. « Il s’agit d’un milieu très compétitif. La transaction d’aujourd’hui ne viendra pas influencer cela », a-t-elle affirmé, tout en précisant que la transaction avait préalablement été avalisée par le Bureau de la concurrence.


Services Commémoratifs Célebris a ramené Urgel Bourgie et Lépine Cloutier dans le giron canadien en 2002. Le Groupe Stewart, dont le siège social se trouve à Nouvelle-Orléans, avait acheté huit ans plus tôt le groupe Urgel Bourgie-Lépine Cloutier — mariés à la vie à la mort en 1988 — faisant passer à 40 % la part du marché québécois détenue par des intérêts américains. « Ce passage à des mains étrangères de ces deux institutions si enracinées dans la culture populaire québécoise inquiète alors les principaux acteurs de l’industrie funéraire. »


Lépine Cloutier et Urgel Bourgie feront affaire « as business as usual » au cours des prochains mois, après quoi une période « de rationalisation et de consolidation » suivra.


À Québec, le Groupe Athos ne détenait pas de four crématoire avant la transaction. Il devait du coup se tourner vers une « autre partie ». « C’est bien évident que dans les prochains jours, les crémations seront faites chez Lépine Cloutier », a averti M. Veilleux.

 

Poursuivre l’expansion


La direction du Groupe Athos entend désormais développer son réseau dans les principales villes du Québec. « Plusieurs maisons funéraires ont communiqué avec nous au cours des derniers mois afin de nous faire part de leur intérêt à joindre le regroupement Athos », a fait remarquer le président-directeur général du Groupe Athos, Michel Boutin. « Le temps est maintenant venu de les rencontrer afin de leur expliquer concrètement les avantages à joindre le regroupement, notamment au niveau du pouvoir d’achat et du partage des ressources. »


« L’objectif demeure de devenir le réseau funéraire numéro un à travers le Québec », a ajouté son bras droit, M. Veilleux.