Une «erreur comptable» accroît le déficit de Transat

L’année 2012, qui vient de se terminer, a révélé le voyagiste Transat mercredi, se solde par une perte de 16,7 millions, mais les trois derniers mois ont été positifs, générant un profit de 16,6 millions.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’année 2012, qui vient de se terminer, a révélé le voyagiste Transat mercredi, se solde par une perte de 16,7 millions, mais les trois derniers mois ont été positifs, générant un profit de 16,6 millions.

La direction du voyagiste Transat a dû retraiter les états financiers de l’année 2011, mais affirme que la source du problème, découverte au sein de sa filiale du Royaume-Uni, est une erreur de nature comptable et non un cas de fraude.

La publication des résultats de Transat était prévue aujourd’hui. Mais l’entreprise a devancé l’opération après qu’un article du quotidien The Gazette eut cité des sources anonymes faisant état d’une «fraude» sur cinq ans et du congédiement d’un cadre au Royaume-Uni.


«Ceci n’est pas une fraude, c’est une erreur de comptabilité. Pour nous, c’est la fin de l’histoire», a affirmé aux analystes et journalistes, lors d’une conférence téléphonique, le directeur des finances de Transat, Denis Pétrin.


Le correctif, qui s’accompagne de mesures visant à renforcer la comptabilité de cette filiale, fait passer de 12 à 15 millions la perte nette enregistrée en 2011. Selon la direction de Transat, l’ensemble des contrôles internes des filiales « demeure solide ».


L’année 2012, qui vient de se terminer, a révélé l’entreprise mercredi, se solde par une perte de 16,7 millions, mais les trois derniers mois ont été positifs, générant un profit de 16,6 millions.


Transat a indiqué que le problème, en gros, découlait du fait que « les montants perçus des clients à l’égard desquels les services n’avaient pas encore été rendus n’avaient pas été inscrits adéquatement, c’est-à-dire conformément à la méthode comptable de la société, dans le passif courant sous la rubrique Dépôts de clients et revenus différés pour les années financières 2006 à 2011 ».


Problèmes en France


Dans la documentation accompagnant les données financières, l’entreprise a concédé que l’année 2012 a été éprouvante pour ses destinations françaises. « Le prix élevé du carburant, la faiblesse de l’euro, les bouleversements sociaux dans certaines destinations et la concurrence ont conjugué leur effet, le tout à un moment où le climat économique en Europe est demeuré morose », peut-on lire dans le rapport de gestion.


De plus, la concurrence est féroce pour les destinations soleil, un créneau où certains joueurs comme Sunwing ont pris de l’expansion rapidement. « Pour 2013, nous prévoyons que les revenus seront relativement stables et que le nombre total de voyageurs devrait être légèrement inférieur à celui de 2012 », a écrit Transat.


Le chiffre d’affaires de 2012 s’est élevé à 3,7 milliards, en hausse d’à peine 1,6 % par rapport à 2011.


Au cours du quatrième trimestre, toutefois, les revenus ont été inférieurs à l’an dernier, cela s’expliquant par la décision de Transat de diminuer sa capacité sur ses destinations transatlantiques et vers le sud.


Malgré les difficultés en France, la saison estivale n’a pas été catastrophique, loin de là, selon l’entreprise. « Nous avons enregistré de très bons résultats sur le marché transatlantique l’été dernier, qui fut même un de nos meilleurs. Notre produit, nos fréquences, nos destinations et les efforts de commercialisation ont donné les résultats attendus », a affirmé le président, Jean-Marc Eustache.


Les prochains mois sont difficiles à prévoir, a dit la compagnie, notamment parce que l’achat de vols vers le sud se fait parfois à la dernière minute. Transat a réduit de 10 % sa capacité vers les destinations soleil.


« Nous ne nous concentrons plus sur les parts de marché, a dit M. Eustache lors de la conférence téléphonique. Nous sommes concentrés sur la rentabilité. Il faut revenir au niveau de profit que nous avions pré-2009, sur les destinations des Caraïbes et du Mexique. »


M. Eustache ne s’est pas montré inquiet quant au lancement d’un nouveau transporteur à rabais d’Air Canada, nommé rouge.