Norbourg - Le délateur au banc des accusés

Pour avoir collaboré avec les enquêtes policières sur Norbourg, il a bénéficié d’une immunité pendant des années, mais Éric Asselin, ancien vice-président de la compagnie de Vincent Lacroix, fait maintenant face à la justice pour une présumée faillite frauduleuse.


M. Asselin comparaîtra au Palais de justice de Québec le 10 janvier, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un communiqué publié hier. Il devra répondre à un chef d’accusation découlant de l’article 380 du Code criminel.


« L’enquête a démontré qu’Asselin aurait commis une fraude de près d’un million grâce à l’utilisation de prête-noms ainsi qu’en cachant ses revenus et autres sommes d’argent à ses créanciers. De plus, il aurait fait de fausses déclarations lors des procédures civiles de sa faillite », a affirmé la GRC.


Les enquêteurs tournaient autour de Norbourg depuis des années, mais ce n’est qu’en 2005, lorsque Éric Asselin a rendu visite à la GRC puis à l’Autorité des marchés financiers, que les morceaux du casse-tête se sont mis en place.


Ex-comptable, M. Asselin n’a jamais été accusé de rien, même si Vincent Lacroix a déjà affirmé sans détour que son vice-président, enquêteur à la Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ) avant de rejoindre Norbourg, était lourdement impliqué dans la gestion de son entreprise.


En 2007, Revenu Québec, Revenu Canada et le syndic RSM Richter, les créanciers de M. Asselin, ont refusé sa proposition de règlement et l’ont mis en faillite. En 2009, des huissiers se sont présentés chez lui pour saisir 125 000 $ et une voiture de luxe.


« Lorsqu’un consommateur est incapable de rembourser ses dettes, la faillite est une solution encadrée par la loi, mais elle peut constituer un acte malhonnête lorsque des faillis cachent des biens ou en disposent de manière frauduleuse avant ou après la faillite ou en ne respectant pas les devoirs et obligations du failli », a-t-elle ajouté.


Quant à Vincent Lacroix, il a été condamné tant en Cour du Québec qu’en Cour supérieure, a fait de la prison et se trouve maintenant en maison de transition à Montréal.


Le détournement de 115 millions orchestré sur plusieurs années par M. Lacroix a fait 9200 victimes. Un règlement collectif de 55 millions visant à combler le trou a été signé en 2011.