Japon - Des investissements massifs pour stimuler la croissance

Le nouveau gouvernement du Japon compte investir dans les infrastructures en dépit de son endettement.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le nouveau gouvernement du Japon compte investir dans les infrastructures en dépit de son endettement.

Les conservateurs japonais ont promis lundi de remettre l’économie sur les rails de la croissance, au lendemain de leur triomphe aux législatives salué par le marché tokyoïte.

« Notre première priorité sera de remettre l’économie sur la voie de la croissance », a souligné le numéro deux du Parti libéral-démocrate (PLD, droite), Shigeru Ishiba.


Affaiblie par le ralentissement international, un yen vigoureux et une déflation persistante, la troisième puissance économique mondiale est en récession. « Sans redémarrage économique, nous ne pourrons accomplir la réforme fiscale », a ajouté M. Ishiba, en référence à la taxe sur la consommation, dont le doublement prévu d’ici octobre 2015 ne saurait être instauré que si la croissance repart.


Le PLD a promis de financer de grands travaux malgré l’endettement déjà colossal du Japon, équivalent à 236 % de son PIB d’après le Fonds monétaire international (FMI).


Le chef des conservateurs et probable futur premier ministre, Shinzo Abe, a expliqué qu’il s’agirait de budgets de relance à « grande échelle », sans en préciser le montant. Son parti, le PLD, a remporté une victoire écrasante au scrutin de dimanche, revenant aux commandes après trois ans de pouvoir du Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche), accusé d’avoir défavorisé les milieux d’affaires. En comptant l’apport de son allié centriste du Nouveau Komeito, la coalition que devrait former le parti conservateur rassemble 325 députés sur 480, soit la majorité qualifiée des deux-tiers de la chambre, ce qui permettrait le vote de lois même si le Sénat, sans majorité claire, s’y oppose.


Le chef de la principale fédération patronale Nippon Keidanren, Hiromasa Yonekura, a salué cette « large victoire ». Il a espéré que le nouveau pouvoir favoriserait le redémarrage de réacteurs nucléaires stoppés depuis l’accident de Fukushima et l’entrée du Japon dans les négociations sur la création d’une vaste zone de libre-échange transpacifique (TPP). La Bourse de Tokyo a salué aussi le verdict des urnes, un virage à droite attendu mais pas forcément de cette ampleur, en clôturant en hausse de 0,9 %.


Autre motif de réjouissance pour les acteurs du marché nippon, le yen a encore reculé, tombant à son plus bas niveau en un an et demi face au dollar, avant de se reprendre quelque peu.


Shinzo Abe a martelé pendant sa campagne qu’il ferait tout pour obtenir de la Banque du Japon une politique monétaire ultra-accommodante, afin d’affaiblir le yen et de mettre un terme à la déflation qui sévit depuis plus de trois ans. Considérée comme une « valeur refuge » par temps économique difficile, la monnaie japonaise a flambé depuis l’aggravation de la crise de la dette en zone euro il y a deux ans, et reste à un niveau jugé handicapant par les groupes exportateurs nippons face à leurs concurrents étrangers.


« Le prochain gouvernement [que doit former M. Abe le 26 décembre] va sans doute choisir un nouveau gouverneur de la Banque du Japon qui n’hésite pas à faire tourner la planche à billets, après la fin du mandat du titulaire du poste, Masaaki Shirakawa, en avril 2013 », a expliqué Kaszuhiko Ogata, de la banque Crédit Agricole.