S&P décote six institutions financières canadiennes

Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

Standard & Poor’s a abaissé d’un cran la note de six institutions financières canadiennes, dont trois sont québécoises.

Sont visés le Mouvement Desjardins [dont la note passe de AA- à A +], la Banque Nationale [de A à A-], la Banque Laurentienne [de BBB + à BBB], la Banque Scotia [de AA- à A +], Central 1 Credit Union [de A + à A] et Home Capital Group [de BBB à BBB-].

Dans un communiqué publié jeudi soir, l’agence de notation new-yorkaise a justifié sa décision par le manque de vigueur de l’économie canadienne. « Le ralentissement de l’économie risque d’exacerber la concurrence déjà intense que se livrent les banques pour les prêts et les dépôts et d’accroître la pression sur les marges bénéficiaires et la rentabilité des activités bancaires de base des institutions financières canadiennes, a affirmé S & P. Nous croyons aussi que la tolérance au risque des institutions pourrait augmenter afin de compenser la baisse de la rentabilité, a ajouté l’agence. Elles pourraient rechercher davantage de rendement par le biais d’investissements et d’une présence accrue dans des créneaux mieux rémunérés comme les prêts personnels et les cartes de crédit. »

Pour ce qui est des trois institutions québécoises, S & P mentionne la concentration de leurs activités dans une seule province. L’agence note que Desjardins, compte tenu de sa position dominante dans le secteur hypothécaire, est particulièrement vulnérable à un repli prononcé du marché immobilier.

S & P voit d’un bon œil les acquisitions récentes de la Banque Laurentienne dans le secteur de la gestion de placements, mais souligne qu’à moyen terme, l’intégration des firmes occasionnera des coûts et des risques. Enfin, S & P relève que les parts de marché de la Banque Nationale sont relativement faibles comparativement à celles de ses rivales canadiennes et que les profits de sa division des valeurs mobilières ont tendance à varier beaucoup d’un trimestre à l’autre.
 
Notes maintenues

S & P a par contre maintenu les notes de la Banque Royale et de la Banque TD. L’agence accorde pour l’instant la note de AA- aux deux institutions.
 
Le cours des actions des banques décotées est demeuré pratiquement inchangé vendredi, à la Bourse de Toronto.
 
Dans une note n’abordant pas la décision de S & P, l’analyste John Aiken, de Barclays, a indiqué vendredi que les investisseurs escomptent depuis un moment déjà que la croissance des profits des banques ralentira en 2013.
2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 15 décembre 2012 10 h 18

    S&P

    L'économiste JoJo voit le monde à travers la boule de cristal de cette agence de notation qui donnait la cote AAA aux PCAA; avez-vous confiance?

  • Prénom Nom - Inscrit 16 décembre 2012 10 h 43

    Les cotations S&P des zexperts du gambling

    Les cotations sont des instruments de pouvoir économique et politique mondiaux, en ce sens qu'elles sont influencées en fonction de ces intérêts et non de l'intérêt des investisseurs. Mais comme le marché de l'investissement est superficiel, il ne s'en souci guerre, les investisseurs les utilisent comme des bons tuyaux pour évaluer les paris tenus. C'est cette manie de faire du gambling qui a provoqué la situation économique que nous connaissont depuis 2008.

    Les cotations des «zexperts» ne valent rien, seule la valeur fondamentale d'une entreprise est tangible, à savoir ses actifs et passifs, sa stabilité à verser des dividendes et à assurer sa croissance, sa capacité de production, la stabilité de son secteur d'affaires et son positionnement dans ce secteur. C'est la manière Warren Buffet, qui fait encore des profits en dépit des cotations et de l'austérité. Cette évaluation s'obtient non en gardant l'oeil sur des cotations, mais par de dures études personnelles et surtout, indépendantes.

    Sur l'heure, en confiant notre argent aux banques, on les laissent jouer nos vies avec notre argent et nos maisons. Elles s'exitent à faire des paris ouvert sur le marché des finances avec «other people's money». C'est pas mêlant, depuis que j'investi moi-même, je surclasse la performance du portefeuille modèle des zexperts de ma banque, qui fait du -15%!

    Il va falloir en revenir à séparer les banques investissements du bancaire traditionnel afin de mettre fin à cette folie. Il n'y a aucun risque à prendre avec les dépôts et les hypothèques de la population, surtout pas en confiant cet argent à des fous du casino.

    Quand aux banques québécoises, bien relire la conclusion de S&P. À quoi devait-on s'attendre en restant dans le Canada? Il est évident que la compétition pan-canadienne étouferra des banques qui seront incapables de se tailler une place en dehors du Québec, pour des raisons évidentes. C'est pas qu'on avait pas prévenu en 1995... On en fini plus d'avoir raison