La zone euro ouvre les vannes en faveur de la Grèce

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	BdeV: Le premier ministre britannique David Cameron en discussion avec son homologue français, François Hollande.  La zone euro va débloquer pour la Grèce 49,1 milliards d’euros d’ici fin mars via son fonds de secours, dont 34,3 milliards versés dès la semaine prochaine.</div>
Photo: La Presse canadienne (photo) Geert Vanden Wijngaert
BdeV: Le premier ministre britannique David Cameron en discussion avec son homologue français, François Hollande.  La zone euro va débloquer pour la Grèce 49,1 milliards d’euros d’ici fin mars via son fonds de secours, dont 34,3 milliards versés dès la semaine prochaine.
Les Européens voulaient terminer l’année sur une note positive jeudi et vendredi, en remettant la Grèce sous perfusion financière et en lançant les fondements d’une union bancaire, première étape du renforcement de la zone euro sévèrement éprouvée par la crise.
 
Avant un sommet consacré dans l’après-midi à l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, la zone euro s’est mise d’accord jeudi matin pour débloquer l’aide financière à la Grèce gelée depuis des mois. La zone euro va débloquer 49,1 milliards d’euros d’ici fin mars via son fonds de secours, dont 34,3 milliards versés dès la semaine prochaine, a précisé le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
 
Les ministres des Finances de la zone euro ont pris cette décision cruciale après avoir évalué les résultats de l’opération de rachat de dette menée par Athènes, dans l’objectif de réduire la dette publique grecque qui devrait atteindre 124 % du PIB en 2020. Pendant ce temps le taux de chômage a poursuivi sa hausse au troisième trimestre en Grèce, à 24,8 %. Et 62,6 % des sans-emploi rentrent dans la catégorie des « chômeurs de longue durée ».
 
« C’est une étape très importante qui montre que le programme pour la Grèce est un programme crédible », a réagi le ministre français des Finances, Pierre Moscovici. « Les Européens ont montré leur capacité et leur volonté de tourner la page de la crise. Et aujourd’hui, à la fin de cette année 2012, l’existence de l’euro n’est plus en doute. La volonté des Européens de trouver une solution à la crise est manifeste. Nous nous en donnons les moyens », a-t-il ajouté.
 
La City

Cette décision attendue depuis des mois s’ajoute à l’accord trouvé dans la nuit sur la supervision commune des banques, première étape du renforcement de la zone euro pour tenter d’empêcher de nouvelles crises. Un « accord historique », pour le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier. Le mécanisme de supervision n’entrera toutefois pas en œuvre progressivement au cours de l’année 2013, comme cela avait d’abord été envisagé, mais sera opérationnel d’un coup, le 1er mars 2014.
 
Soucieux de préserver les intérêts de la City, le Royaume Uni ne rejoindra pas l’union bancaire mais a obtenu des garde-fous, une décision cohérente avec sa vision d’une Europe à la carte qui l’éloigne encore plus d’une zone euro sur le chemin de l’intégration. Saluant un « bon accord » pour la Grande-Bretagne et l’Europe, le ministre britannique des Finances George Osborne a assuré jeudi sur la BBC que « les intérêts vitaux du Royaume-Uni étaient protégés ».
 
La supervision unique des banques de la zone euro constitue la première étape en vue de la mise en place d’une union bancaire européenne, cruciale pour éviter de nouvelles crises. Mais la Grande-Bretagne a choisi de rester en dehors de cette union, comme la Suède et la République Tchèque. Gain de cause pour Londres, une majorité devra se dégager au sein des États membres de l’union bancaire et des autres afin qu’une décision contraignante soit adoptée.
 
Parallèlement, la crise politique en Italie s’est invitée au sommet. Soucieux de voir l’Italie poursuivre sur la voie des réformes, les partenaires européens de Mario Monti, de droite comme de gauche, ont apporté jeudi un soutien appuyé au chef du gouvernement italien face à son sulfureux prédécesseur Silvio Berlusconi.
 
Les chefs d’État et de gouvernement européens doivent discuter jeudi soir de l’avenir de l’UE et des moyens d’avancer vers une plus grande intégration budgétaire et économique. À leur demande, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a rédigé un rapport qui distingue trois étapes : fin 2012-2013, 2013-2014 et au-delà de 2014, soit après les prochaines élections européennes.
 
Dans le dernier projet de conclusions du sommet mis en circulation mercredi par les services de M. Van Rompuy, ce phasage précis a été supprimé. Il confirme l’idée de créer un embryon de budget commun de la zone euro, tout en soulignant que ces questions nécessitent des « consultations en profondeur » et « pourraient nécessiter un changement des traités ».
2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 14 décembre 2012 09 h 46

    Ils sont fous, ces Européens !

    Sans la participation de la Grande Bretagne, tout cela est vouė à l'ėchec. Les Européens s'entêtent à maintenir la fiction d'une Europe solidaire et unie. Plus rēalistes, les Anglais se contentent, comme l'a dit leur reprėsentant, de préserver les intérêts de la Grande Bretagne.

  • Catherine Paquet - Abonnée 14 décembre 2012 17 h 56

    Pardon...

    ...M. Terreault. L'Union européenne a très bien fonctionné avant l'admission de la Bretagne-Bretagne en 1973, et elle continuerait de fonctionner éventuellement après son départ. La preuve, c'est que la zone euro, sans la Grande-Bretagne, se solidifie, se renforce et permet à l'euro de s'imposer comme une grande monnaie de réserve, au même titre que le dollar américain. L''Union européenne est une institution qui fonctionne à deux vitesses, et le Grande-Bretagne est dans la peloton d'en arrière.