SNC-Lavalin veut corriger son image

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	L’ancien patron de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, photographié lors de son arrestation le 28 novembre.</div>
Photo: Graham Hughes
L’ancien patron de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, photographié lors de son arrestation le 28 novembre.

Suspension des paiements à Pierre Duhaime, nouvelle agence de recrutement pour trouver des candidats au conseil d’administration, perspective d’un nouveau directeur des finances : les choses continuent de se bousculer chez SNC-Lavalin et l’assemblée annuelle des actionnaires qui aura lieu au printemps 2013 pourrait être orageuse, selon un expert en finance d’entreprise.

« Le conseil d’administration a tout intérêt à se lever tôt ce jour-là », laisse tomber Michel Magnan, expert-comptable à l’Université Concordia où il s’intéresse aussi à la rémunération et à l’éthique. « Toute la gestion du dossier va être soumise aux questions. Ce qui pourrait le sauver, c’est qu’il y aura un nouveau président et un nouveau chef des finances. »
 
Deux semaines après l’arrestation et la mise en accusation de M. Duhaime pour fraude et usage de faux documents, SNC-Lavalin a annoncé hier la suspension de l’indemnité de départ qu’elle versait à son ex-président. Il est parti en mars 2012 et a récemment été remplacé par Robert Card, un Américain.
 
La firme a acheté de la publicité dans les journaux hier afin de faire valoir qu’elle prend tous les moyens « pour faire en sorte que [sa] réputation ne soit pas entachée de manière permanente par cette situation ». Elle a indiqué que le conseil s’active déjà à recruter de nouveaux membres et signalé, dans un communiqué, que le directeur des finances, Gilles Laramée, devient vice-président aux investissements dans des concessions d’infrastructure.
 
« Le conseil a été troublé d’apprendre que [M. Duhaime] a depuis été accusé par les autorités », a écrit dans le communiqué le président du conseil, Gwyn Morgan. « Bien qu’aucune des accusations n’ait été prouvée, ce fait nouveau laisse entendre qu’il pourrait y avoir d’autres détails au sujet de M. Duhaime dont le conseil n’était pas au courant au moment de son départ. »
 
Dans la circulaire de la direction publiée en mars 2012, on peut lire que le montant global dû à M. Duhaime était de 4,9 millions, dont 2,6 millions pour le « maintien du salaire » et le programme d’intéressement des cadres qui devaient être versés « progressivement sur une période de deux ans » à partir du 28 juin.
 
« Jusqu’à l’éclaircissement des faits entourant cette question ou le règlement de la situation de M. Duhaime, les paiements seront entiercés », a ajouté M. Morgan.
Les accusations contre M. Duhaime portent sur le chantier du Centre universitaire de santé McGill, un projet de 1,3 milliard réalisé en consortium. La Presse a rapporté au mois d’octobre que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) s’intéresserait aux méthodes employées pour obtenir le chantier.
 
M. Magnan a rappelé que SNC-Lavalin n’a pas spécifiquement congédié M. Duhaime « pour cause », ce qui aurait pu mener au déchiquetage du contrat d’indemnités. En contrepartie, M. Duhaime aurait pu poursuivre la compagnie. À ses yeux, la société semble avoir préféré lui verser des indemnités pour éviter des procédures sous les projecteurs d’un tribunal.
3 commentaires
  • maxime belley - Inscrit 14 décembre 2012 01 h 53

    point de vue

    pour eux cacher des dictateurs, construire des prisons et sale de tortures, faude ne sont que relation publiques

  • François Dugal - Inscrit 14 décembre 2012 08 h 02

    L'image

    Plutôt que de «corriger son image», Snc-Lavallin devrait assainir sa gestion. «l'image» se corrigerait alors d'elle-même.

  • henri -s garneau - Inscrit 14 décembre 2012 12 h 19

    pourquoi?

    Sur la photo le patron de SNC Lavallin essaie de cacher son visage? Pourquoi n'assume-t-il pas en marchant la tête haute?