L’activité immobilière ralentit

L’activité immobilière se fait moins intense et les prix des logements se sont stabilisés.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’activité immobilière se fait moins intense et les prix des logements se sont stabilisés.

Les avertissements répétés de la Banque du Canada et le durcissement des règles hypothécaires produisent leurs effets. L’activité immobilière au Canada a amorcé son atterrissage en douceur au troisième trimestre et les prix du logement se sont stabilisés.

Selon les conclusions d’un rapport dévoilées mardi par les Études économiques Scotia, l’activité du marché canadien du logement a été plus modérée au troisième trimestre. Le prix moyen, corrigé de l’inflation, était également en baisse, de 1,5 % en glissement annuel. Ces prix étaient en recul sur un an pour un troisième trimestre consécutif. Selon Adrienne Warren, économiste principale et spécialiste du marché immobilier à la Banque Scotia, « la demande excédentaire s’étant résorbée et le logement étant moins abordable dans les centres urbains les plus chers, les ventes se sont calmées. Le retour à une situation plus équilibrée sur la majorité des marchés locaux a également contribué à modérer les prix. »


Dans son survol mondial, l’économiste observe que des tensions persistent sur de nombreux marchés, mais nombre d’entre eux montrent désormais des signes de stabilisation. C’est le cas aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et en Chine. Aux États-Unis, la reprise de l’activité domiciliaire a engendré une accélération de l’augmentation des prix réels, avec une hausse de 5 % en glissement annuel au troisième trimestre, contre 3 % au trimestre précédent. « Malgré ce sursaut, les prix moyens restent approximativement de 30 % inférieurs à leur sommet de 2005 », a toutefois ajouté Adrienne Warren.


Règles hypothécaires


L’analyste retient que le durcissement des règles hypothécaires, en vigueur depuis le 9 juillet, a contribué au ralentissement de l’activité immobilière sans toutefois provoquer une chute accélérée. En juillet dernier le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, répondait à l’inquiétude de la Banque du Canada devant l’endettement record des ménages canadiens en modifiant les règles hypothécaires pour une quatrième fois depuis 2008. La mesure la plus importante ramenait de 30 à 25 ans la période maximale d’amortissement d’un prêt hypothécaire.

 

Mark Carney


Pour sa part, la Banque du Canada estimait hier que ses nombreux messages avertissant d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt avaient porté leurs fruits. Mardi, devant l’Association CFA Toronto, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a placé son allocution sur le thème de la transparence et du juste dosage que requiert le jeu des anticipations. Il a notamment soutenu que les avertissements répétés de la Banque du Canada à propos de hausses prochaines de taux d’intérêt ont probablement incité les Canadiens à modifier leur comportement. Mark Carney a fait ressortir que la proportion des prêts hypothécaires à taux fixe avait presque doublé cette année, pour atteindre désormais 90 % de l’ensemble des prêts hypothécaires. Et que les prêts à taux variables avaient connu une baisse correspondante. Il a soutenu que cet ajustement traduisait, certes, le prix attrayant de l’hypothèque à taux fixe. Mais qu’il se faisait aussi l’écho du biais de la Banque du Canada allant dans le sens d’une hausse éventuelle du loyer de l’argent au pays.