Réactions au premier budget Marceau - Infrastructures: le génie-conseil risque de souffrir du ralentissement

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé mardi une réduction de 1,5 milliard par année du niveau moyen des investissements publics en immobilisations au cours des cinq prochaines années.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé mardi une réduction de 1,5 milliard par année du niveau moyen des investissements publics en immobilisations au cours des cinq prochaines années.

Le coup de frein que le gouvernement Marois vient de donner aux investissements en infrastructures pourrait affecter négativement les deux plus grosses firmes québécoises de génie-conseil, SNC-Lavalin et Genivar, prévient un analyste financier.

Dans son premier budget, déposé mardi, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé une réduction de 1,5 milliard par année du niveau moyen des investissements publics en immobilisations au cours des cinq prochaines années, par rapport aux intentions du précédent gouvernement libéral.


Malgré cette baisse de 7,5 milliards sur cinq ans, Québec compte tout de même dépenser 47,6 milliards en immobilisations entre le 1er avril 2013 et la fin mars 2018. De plus, les investissements demeureront supérieurs à 9,5 milliards au cours des deux prochaines années, avant de diminuer de façon plus marquée à partir de 2015-2016.


Dans une note publiée mardi soir, l’analyste Maxim Sytchev, d’AltaCorp Capital, souligne que la moyenne annuelle de 9,50 $ est équivalente à celle de la période allant de 2007 à aujourd’hui (les investissements en immobilisations sont passés de 6,3 à 12,5 milliards par année en six ans).


M. Sytchev estime que les nouvelles prévisions d’investissements « demeurent saines », tout en notant que la commission Charbonneau n’incite pas les politiciens à accorder des contrats à une industrie, celle de la construction, « qui est responsable de fuites économiques » [en référence aux allégations de corruption].


Mais la principale « préoccupation » qu’exprime l’analyste pour SNC-Lavalin et Genivar, c’est l’intention du gouvernement de resserrer le processus d’examen des projets d’une valeur de 5 millions et plus. Il craint que cette vigilance accrue ralentisse l’octroi des contrats.


Maxim Sytchev relève en outre que la décision de Québec d’améliorer la planification et le suivi de ses investissements en infrastructures « est probablement de mauvais augure pour les marges bénéficiaires » des firmes d’ingénierie.


L’analyste évalue que Genivar et SNC-Lavalin tirent respectivement 20 % et 8 % de leurs revenus totaux du Québec.


Les nouvelles orientations du gouvernement ne devraient pas avoir d’impact direct sur la construction des deux nouveaux méga-hôpitaux de Montréal, déjà en cours. Il en est toutefois autrement pour le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, dont l’appel de propositions vient d’être reporté de plusieurs mois en raison notamment des craintes liées à la collusion et à la corruption.