Projet de mine diamantifère de la compagnie Stornoway - Québec a renégocié à la baisse l’entente portant sur la route 167

Le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, a répondu aux questions de la presse au sujet de la renégociation de l’entente sur la construction de la route 167. À ses côtés, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, a répondu aux questions de la presse au sujet de la renégociation de l’entente sur la construction de la route 167. À ses côtés, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.

En vertu d’une nouvelle entente entre Québec et la minière Stornoway Diamond, le gouvernement Marois prévoit réduire l’ampleur de la facture qui aurait été refilée aux contribuables pour le prolongement de la route 167 si l’accord signé avec les libéraux avait été maintenu. L’ardoise dépasse tout de même de 20 millions de dollars les prévisions initiales.


Le Parti québécois avait annoncé en octobre son intention de revoir l’entente signée en 2011 entre le gouvernement Charest et Stornoway après avoir constaté que le prolongement de la route 167 engendrerait des dépassements de coûts pouvant atteindre 140 millions de dollars. Ce projet de route gravelée de 240 kilomètres devait au départ coûter 332 millions. Mais le ministère des Finances a noté que la facture pourrait grimper à 472 millions. Or, en vertu de l’entente initiale entre Québec et la minière, tout dépassement de coût devait être assumé par l’État, la contribution de Stornoway étant plafonnée à 44 millions. La facture pour le trésor public aurait donc pu atteindre 428 millions.


Les travaux de construction seront désormais divisés entre Stornoway et le gouvernement. Québec se chargera de compléter les premiers 143 kilomètres. Cette portion de la route se termine un peu au nord du site du controversé projet de mine d’uranium de Matoush. Le site exploré par Ressources Strateco pourra donc être relié à la route 167.


Pour les 97 kilomètres situés plus au nord, la minière construira une route plus modeste, soit un « chemin minier » à une voie. Plusieurs entreprises ont déjà réalisé ce genre de route en territoire éloigné au Québec, a rappelé jeudi le vice-président et chef des opérations de Stornoway, Patrick Godin. Le ministère des Transports poursuivra cependant la construction d’un chemin hivernal, comme prévu, de façon à fournir un accès routier temporaire au projet diamantifère Renard d’ici mars prochain.


Québec offrira par ailleurs un prêt avec intérêts à Stornoway pouvant atteindre 77 millions de dollars, amorti sur 15 ans, afin de payer le segment du chemin minier. Les termes de l’entente rendue publique jeudi stipulent que l’entreprise devra commencer à rembourser son prêt lorsqu’elle aura atteint le stade de « production commerciale », possiblement en 2015.


Dépassement de 17 millions


Le gouvernement Marois, qui avait vertement critiqué l’entente signée par les libéraux, pourrait bien investir plus de fonds publics que ce qui avait été prévu. « Grâce à l’intervention du gouvernement, l’entente annoncée aujourd’hui ramène les coûts totaux maximaux à 304 millions de dollars », a-t-on fait valoir jeudi par voie de communiqué. C’est 17 millions de plus que le montant qui avait été annoncé l’an dernier, soit 287 millions.


Et contrairement à l’entente initiale, le gouvernement assumera la totalité de la facture de l’entretien du premier tronçon de 143 kilomètres. M. Godin évalue les coûts d’entretien de la route à 5000 $ du kilomètre. La facture qui reviendra à l’État devrait donc atteindre 715 000 $ par année. Au départ, Stornoway devait débourser jusqu’à 1,2 million pour l’entretien de l’ensemble du prolongement. La minière est maintenant responsable de la seule portion « chemin minier ».


La facture refilée aux contribuables est toutefois moins importante que ce qu’elle aurait été si l’entente initiale avait été maintenue. L’époque des routes dorées offertes aux minières est révolue, a d’ailleurs prévenu jeudi le ministre des Finances, Nicolas Marceau. En 2009, une évaluation préliminaire fixait le prix du projet à 260 millions de dollars. En août 2012, les coûts projetés du prolongement de la route étaient évalués à 472 millions. Mais les libéraux n’ont jamais évoqué la possibilité du dépassement de coûts. Malgré les difficultés techniques inhérentes à ce genre de projet, le ministre Gignac jugeait la chose « peu probable ».


Le gisement diamantifère situé à 350 kilomètres au nord de Chibougamau contiendrait des réserves diamantifères « probables » de 18 millions de carats. À cela s’ajoutent des « ressources minérales présumées » de 17,5 millions de carats. De quoi assurer plus de 20 ans d’une production dont la valeur devrait se chiffrer en milliards de dollars. La valeur moyenne est estimée à 180 $ le carat. Pour le moment, les diamants qui seront tirés du sous-sol québécois seront exportés à l’état brut, sans aucune transformation ici.

9 commentaires
  • Hugues Tremblay Manigouche - Inscrit 16 novembre 2012 06 h 24

    C'est au moins ça de sauvé!

    Des bons deals comme au temps de Duplessis!

  • Alain Lavallée - Inscrit 16 novembre 2012 06 h 59

    Revision à la baisse

    C'est bien que les coûts pour l'État aient été révisé à la baisse.

    Maintenant il faut s'attacher à faire en sorte que Stornaway fasse de la transformation ici au QUébec, comme ils l'avaient promis au début de leur projet, lorsqu'ils ont demandé des subventions pour la route.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 16 novembre 2012 14 h 13

      D'autant plus que le Québec possède l'expertise dans la taille de diamants.

  • Catherine Paquet - Abonnée 16 novembre 2012 07 h 51

    Quelle baisse ?

    On aurait besoin d'un peu plus d'explications sur ce qui serait à la baisse dans ce projet.
    Dans le projet initial il n'y avait pas d'enteetien indéfini de cette route payé par le gouvernement; il n'y avait pas de prêt à 3½% sur 15 ans; et rien n'indiquait que la minière ne ferait qu'un semblant de chemin de brousse sur 97 km. Et avec tout cela, le gouvernement paiera 17 millions de plus que ce que prévoyait le projet initial.

    • Maxime Kitza - Inscrit 16 novembre 2012 12 h 31

      Un prêt à 3½ %, ce n'est pas un coût, c'est un investissement, et une source de revenu.

    • Catherine Paquet - Abonnée 16 novembre 2012 16 h 25

      M. Kitza,
      Je suis convaincu qu'une PME, ou tout autre entreprises, qui se verrait offrir un pêt de plusieurs millions de dollars à 3½ pour cent sur 15 ans, prendrait cela comme un cadeau.

      G.P.

  • François Dugal - Inscrit 16 novembre 2012 08 h 07

    Le cul-de-sac

    Même si le gouvernement réduit sa participation, la route 167 reste quand même le cul-de-sac le plus dispendieux au monde.

    • Benjamin Lamoureux - Inscrit 16 novembre 2012 19 h 14

      Juste à mettre un rond point au bout

  • Martin Blais - Inscrit 16 novembre 2012 17 h 39

    Précisions au sujet de Stornoway

    Il ne faudrait pas oublier que ce qui est bon pour Stornoway est aussi bon pour Québec ...

    Les médias en parlent peu, mais parmi les actionnaires de Stornoway, il y a la Caisse de dépot (9 %), Investissement Québec (37 %) et plusieurs petits actionnaires du Québec (dont moi-même). On peut donc dire sans se tromper que Stornoway appartient en grande partie au Québécois !

    Aussi, Stornoway n'a pas hésité à relocaliser son siège social au Québec (à Longueil) avec tous les emplois que ça implique.

    Et pour répondre à M. Lavallée, Stornoway n'a pas commencé son projet récemment ... en fait, les premiers indicateurs de la présence de diamants ont été identifiés en 2001 après plusieurs années de recherche payées à 100 % par l'entreprise.

    Je suis parfaitement d'accord avec vous qu'il serait souhaitable que l'industrie de la taille des diamants et même de la fabrication de bijoux se développe au Québec. Toutefois, je crois qu'il appartient au gouvernement québécois de favoriser et d'encourager la 2e et 3e transformation. Je suis un fervant indépendantiste et patriote, mais je suis aussi investisseur et rationnel.

    Bref, je crois que la nouvelle entente, c'est du gagnant-gagnant.

    Je vous invite à visiter le site Web de Stornoway ... j'ai poussé très fort pour qu'il soit traduit en français et je dois dire qu'ils ont fait du beau travail : http://fr.stornowaydiamonds.com/

    Un dernier point, si vous êtes intéressés à investir vous aussi dans Stornoway il n'est pas trop tard, le titre se transige à des prix plancher ces temps-ci : http://bigcharts.marketwatch.com/advchart/frames/f