Querelles d'actionnaires - Rona tente de rassurer ses employés

Le président par intérim de Rona s’affairait hier à rencontrer les employés pour les rassurer après qu’un important actionnaire, Invesco, eut publiquement souhaité la destitution du conseil d’administration.


Le directeur financier Dominique Boies, qui a pris les commandes de Rona lorsque Robert Dutton a quitté son poste la semaine dernière, n’était pas disponible pour une entrevue car il discutait avec le personnel afin de lui « expliquer ce qui s’est dit dans les médias, le processus, et signifier qu’on a la situation bien en main », selon la directrice des communications, Michelle Laberge.


Quelques mois après avoir fait l’objet d’une offre d’achat informelle de 1,8 milliard de la part du détaillant américain Lowe’s, les derniers jours ont été marqués par le mécontentement soudain d’Invesco, qui possède 10,2 % des actions en circulation.


Connue pour ses fonds Trimark, la société Invesco digère mal que le conseil de Rona ait rejeté les avances de Lowe’s et a annoncé mercredi matin son « intention de convoquer une assemblée des actionnaires dans le but de destituer les administrateurs de Rona ».


Alors que Lowe’s offrait 14,50 $ par action, le titre a terminé la séance d’hier à 11,20 $, en baisse de 3 % après une forte poussée la veille.


Rona n’a toujours reçu aucune demande de convocation d’Invesco. Or, mercredi soir à 20 h 30, moins de 12 heures après le communiqué d’Invesco, Rona a réagi en fixant dès maintenant son assemblée annuelle pour le 14 mai 2013.


« Au lieu d’attendre la demande d’Invesco, d’attendre la période de 21 jours, de répondre, de laisser tout le monde spéculer, on a juste décidé de dire « Voici la date », a dit hier Mme Laberge. Les actionnaires sont invités à soumettre des candidatures d’ici la fin de mars. »


Rona dit aussi avoir retenu la firme Korn/Ferry dès le mois de septembre - donc avant les intentions d’Invesco - pour « trouver des candidats éventuels aux postes d’administrateurs en plus des administrateurs qui seront nommés en vue de leur réélection ». Le conseil de Rona ne compte qu’un seul membre qui réside à l’extérieur du Québec.

 

Rendez-vous annulé


Avant de souhaiter publiquement la destitution du conseil, allègue Rona, Invesco a demandé un face-à-face avec le président du conseil, Robert Paré. Le rendez-vous devait avoir lieu cette semaine. Mercredi matin, toutefois, Invesco aurait soudainement annulé le rendez-vous et largué sa bombe en public.


Il a été impossible de joindre le bureau des communications d’Invesco.


Robert Paré, un avocat du cabinet Fasken Martineau qui préside le conseil d’administration de Rona depuis le mois de mai 2012, rencontre ces jours-ci des « investisseurs », a dit Mme Laberge.


Lorsque Rona a révélé au mois de juillet que Lowe’s lui tournait autour, le Parti libéral avait réagi en affirmant que le quincaillier est un fleuron qu’il faut protéger en raison de son réseau étendu de fournisseurs québécois. Le Parti québécois abondait dans ce sens. Environ la moitié de ce que vend Rona est acheté à des entreprises du Québec.


Sans prendre position de manière explicite, la Caisse de dépôt et placement, qui détient 14 % de Rona, avait affirmé qu’elle allait prioriser certains facteurs, comme « l’importance des retombées économiques du siège social de Rona » et « l’importance du développement continu du réseau de fournisseurs au Québec et à travers le Canada ».

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