Les Canadiens s’endettent, mais parviennent à payer leurs dettes

Photo: Agence France-Presse (photo) David Goldman

Les Canadiens ont beau s’endetter, ils parviennent tout de même à faire face à leurs obligations. En recul continu depuis le début de l’année, le taux de délinquance sur les prêts à la consommation est tombé au troisième trimestre à son minimum record, battant ses niveaux d’avant la récession de 2008-2009.

Selon les données d’Equifax Canada, les Canadiens ont continué à s’endetter au troisième trimestre de 2012, quoiqu’à un rythme moindre. La dette totale (excluant la dette hypothécaire) était en hausse de 1,8 % par rapport au trimestre correspondant de 2011, à 489 milliards. Il s’agit tout de même d’une décélération comparativement à la hausse, sur un an, de 2,6 % mesurée au trimestre précédent et à celle de 3,4 % comptabilisée au premier trimestre. L’endettement moyen, en augmentation de 2,6 %, évoluait également en baisse de régime en comparaison de l’augmentation, sur 12 mois, de 3,1 % au deuxième trimestre et de 4,9 % au premier.


Derrière cette progression se cache toutefois une amélioration du taux de délinquance, avec une proportion de seulement 1,22 % des dettes demeurant impayées après 90 jours. Ce taux de défaillance constitue un minimum record, a souligné Equifax. En passant de 1,37 % à 1,22 % entre les deuxième et troisième trimestres de 2012, il est revenu à ses niveaux d’avant la récession de 2008-2009. Et ce taux est en diminution constante depuis qu’il a atteint 1,75 % au premier trimestre de 2010.


Par contre, Equifax note que les faillites de consommateurs ont augmenté de 5 % par rapport à la même période l’an dernier. Sans qu’on y voie un renversement de tendances, ces faillites étaient pourtant en recul de 4,5 % au deuxième trimestre et de 3,8 % au premier. Les cas d’insolvabilité de consommateurs avaient également reculé, de 8,9 %, entre 2010 et 2011, sous le coup d’un environnement de taux d’intérêt se maintenant à des niveaux historiquement bas. Plus précisément, les faillites étaient en baisse de 15,6 % l’an dernier, alors que les dossiers aboutissant au dépôt d’une proposition aux créanciers affichaient une hausse de 6,1 %.


Dans les données d’Equifax, on observe que la dette moyenne sur cartes de crédit, à 1851 $ à la fin du troisième trimestre, a diminué de 3,6 % par rapport à il y a un an. Les Canadiens poursuivent leur désendettement sur cartes de crédit, qui commandent un loyer de l’argent très élevé, depuis huit trimestres consécutifs maintenant. À l’opposé, le crédit à la consommation s’est inscrit en forte hausse au troisième trimestre, en progression de 28,2 % comparativement au troisième trimestre de 2011, affichant une poussée continue depuis six trimestres. La dette moyenne atteignait 1394 $ au cours de la période juillet-septembre.


Pour les dettes à la consommation plus importantes, l’augmentation la plus marquée a été mesurée par l’agence de renseignements dans le segment du prêt automobile hors banque, avec une progression de 8,7 %, à 16 869 $ en moyenne. Il s’agissait d’une dixième augmentation en dix de trimestres. Suivent les prêts bancaires à tempérament, avec une progression de 4 % à 15 955 $ en moyenne, le tout étant complété par un léger recul de 0,1 % dans le segment marge de crédit, à 19 873 $ en moyenne. Il s’agissait, ici, d’une première baisse trimestrielle.