Gaz de schiste: le Québec ne fait plus partie des plans de Talisman

Une des propriétés québécoises de Talisman, à Saint-Édouard-de-Lotbinière
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Une des propriétés québécoises de Talisman, à Saint-Édouard-de-Lotbinière

Talisman Energy a inscrit une lourde perte au troisième trimestre. L’entreprise de Calgary a imputé cette contre-performance à la faiblesse des prix du gaz naturel en Amérique du Nord et à une baisse de production en mer du Nord. Le résultat net comprend également d’importantes charges pour dépréciation d’éléments d’actif, dont ceux liés aux activités de Talisman dans l’exploration du gaz de schiste au Québec.

Talisman Energy a inscrit une perte nette de 731 millions $US au troisième trimestre clos le 30 septembre 2012, contre un bénéfice net de 521 millions un an plus tôt. Ces résultats portent la perte des neuf premiers mois à 244 millions, comparativement à un bénéfice net de 893 millions après neuf mois en 2011. Les données du troisième trimestre ont souffert de la faiblesse des prix du gaz naturel en Amérique du Nord et d’une baisse de production en mer du Nord, qui ont fait passer les résultats d’exploitation de profits à pertes. Le résultat final comprend une dépréciation d’éléments d’actif de 443 millions après impôts au troisième trimestre, de 818 millions après neuf mois. Ces réévaluations à la baisse reflètent la décision de Talisman de sortir du Pérou, une performance en baisse et un potentiel plus incertain en mer du Nord, et l’incertitude politique au Québec entourant le développement de la filière du gaz de schiste.


Sur ce dernier point, Talisman a accueilli l’hésitation du gouvernement Marois sur la question de l’exploitation du gaz de schiste au Québec et sa volonté d’interdire la fracturation hydraulique en amputant ses résultats de 109 millions, de 82 millions après impôts. Très présente sur la rive sud du Saint-Laurent, avec une concentration des permis entre Québec et Drummondville, Talisman a souligné que, dans le contexte actuel, l’entreprise n’avait aucun plan prévoyant le développement de ses éléments d’actif au Québec. Le plus gros des dépréciations vient toutefois des activités de Talisman en mer du Nord et concerne sa plateforme problématique érigée dans le champ Me, située à 100 km des côtes de la Norvège. La production pétrolière de Talisman dans cette région était en recul de 23 % entre les neuf premiers mois de 2011 et la période correspondante de 2012.


L’entreprise albertaine a également souffert de la faiblesse des prix du gaz naturel. Au cours du troisième trimestre, le prix moyen réalisé sur son actif américain a été de 2,67 $US du mille pied cube, contre 8,88 $US du mcf en Asie. Les prix en Amérique du Nord sont en baisse de 35 % sur un an, contre 6 % en Asie.

5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 31 octobre 2012 08 h 40

    Bonne nouvelle

    «Le Québec ne fait plus parti des plans de Talisman».
    Bonne nouvelle.

    • Lydia Anfossi - Inscrite 31 octobre 2012 20 h 04

      Oui en effet, bonne nouvelle. En espérant que monsieur Bouchard parte avec!!!

  • Denis Miron - Inscrit 31 octobre 2012 10 h 00

    Cela a pris du temps...

    mais ils ont fini par comprendre et, force est de constater que l'appât du gain rend sourd.

  • François-Luc Valiquette - Inscrit 31 octobre 2012 16 h 01

    Et de une...

    À quand le départ des autres entreprises albertaines qui pensaient venir faire la loi chez nous­. Dehors les cow-boys!

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 1 novembre 2012 09 h 03

    Que feriez-vous?

    Bonjour
    Les déclarations du MNRF retentissent encore dans les salles de directions des sociétés intéressées au développement de l’industrie des hydrocarbures.

    Le gouvernement s’est montré incapable de revirer les auteurs de l’imbroglio quand nous apprenons, de la bouche même du premier ministre, que le triumvirat du « non » fera partie des décisions futures sur le développement économique du Québec.

    Pour un investisseur en hydrocarbures qui analyse cette situation, il réalise que son projet doit affronter un moratoire, des études indéterminées et interminables, une attitude ignare, et un gouvernent hostile, brasseur de préjugés.

    Que feriez-vous comme responsable des actionnaires de votre société, en particulier si il y a plusieurs options d’investissement à la vue?

    Cette compagnie canadienne est arrivée à une conclusion inéluctable. Toutefois, elle maintiendra l’attitude cordiale et patiente qu’on lui a recommandée dans l’espoir de meilleurs jours.

    Peut-on rationnellement penser qu’ils seront les seuls?
    Merci