Harper promet de préciser les conditions du Canada aux rachats

Ottawa — Les partis d’opposition ont bondi sur le refus d’Ottawa d’approuver le rachat de Progress Energy par Petronas, annoncé au beau milieu de la nuit vendredi, pour réclamer une fois de plus que le fédéral détaille les critères sur lesquels il se base lorsqu’il étudie de tels dossiers. S’il s’est gardé de commenter la décision de son gouvernement - et l’impact qu’elle pourrait laisser présager quant à l’offre d’achat de Nexen par la chinoise CNOOC -, le premier ministre a cependant promis que les règles seraient bientôt clarifiées.

« Je ne suis pas convaincu que la transaction va amener un avantage net pour le Canada [...] Nous sommes prêts à accueillir les investissements étrangers qui sont toujours dans le meilleur intérêt du pays », a réitéré le ministre de l’Industrie, Christian Paradis, en reprenant son communiqué diffusé à 23 h 57 vendredi dernier.


C’est justement cette notion « d’avantage net », que cite Ottawa pour expliquer sa décision, que l’opposition veut voir précisée, accusant le gouvernement de manquer de transparence en ne détaillant pas les motifs sur lesquels il se base pour prendre ses décisions en matière d’investissement étranger. « Le problème, c’est le manque complet de transparence. Les investisseurs étrangers doivent savoir quelles sont les règles du jeu », a déploré le chef libéral par intérim Bob Rae.


Les partis d’opposition n’ont en outre pas digéré de voir Ottawa annoncer son refus en pleine nuit. Un geste qui donne l’impression que le fédéral fait de « l’improvisation » et qu’il a pris sa décision en tirant à pile ou face, a accusé le néodémocrate Peter Julian. « Ça fait huit ans que je suis au Parlement, je n’ai jamais vu une annonce qui se fait à minuit un vendredi soir. »


Stephen Harper a refusé de commenter les motifs de la décision, plaidant que la société d’État malaisienne Petronas avait encore 30 jours pour répondre à la décision et prendre de nouveaux engagements et qu’il ne voulait donc pas « porter préjudice » au processus.


« Dans le contexte d’une autre transaction, le gouvernement a l’intention, dans un avenir pas trop lointain, de dévoiler un nouveau cadre politique plus clair quant à ce genre de transactions », a-t-il toutefois annoncé.


Il n’a pas voulu non plus indiquer à quel moment son gouvernement annoncera une autre décision fort attendue, celle de la proposition de rachat de la pétrolière Nexen par la société d’État chinoise CNOOC au coût de 15 milliards de dollars.