Sondage des ACVM – Même hors Québec, les notions sont faibles

Une personne sur deux ne sait pas que le rendement des fonds communs de placement n’est pas garanti. Voilà l’un des étonnants constats d’un grand sondage publié mardi par les autorités réglementaires du monde financier canadien.

Le sondage, mené tous les trois ans et effectué en mai dernier auprès de 5200 personnes, a carrément fait dire au patron des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), Bill Rice, que « les connaissances générales des Canadiens en investissement sont faibles ».


Par exemple, si 57 % des répondants se disent confiants lorsqu’ils prennent leurs décisions de placement, 59 % des sondés n’ont aucune idée de ce qui constitue un rendement moyen, alors qu’une autre tranche de 30 % a des attentes que les ACVM n’hésitent pas à qualifier d’« irréalistes ».


Une autre. À la question « Combien avez-vous versé à votre conseiller financier dans la dernière année ? », 56 % des répondants ne savent pas. Dans le même ordre d’idées, 23 % des gens qui ont un conseiller ne savent pas comment il est rémunéré, comparativement à 39 % de ceux qui le croient salarié et à 28 % qui présument le versement d’une commission basée sur les produits vendus.


Ces éléments de réponse donneront des munitions aux partisans d’une plus grande transparence dans la vente de fonds communs, et qui répètent sans cesse l’urgent besoin de simplifier les documents de présentation au bénéfice des épargnants.


Depuis longtemps, en effet, les ACVM elles-mêmes veulent un nouveau document de deux feuillets recto verso qui donnerait notamment les frais de gestion, les risques spécifiques pour le fonds et son pire rendement sur trois mois. Or l’industrie financière n’est pas chaude à ce genre d’initiative, y voyant une simplification excessive qui pourrait dans certains cas mêler l’investisseur.

 

Enquête à l’AMF


Les résultats du sondage surviennent alors qu’au Québec, l’Autorité des marchés financiers est sur le point de dévoiler sa propre enquête, réalisée par CROP, au sujet des connaissances financières de la population.


Lors d’un atelier au colloque annuel de l’AMF lundi, un vice-président de CROP a toutefois laissé filtrer quelques éléments. Les 1500 répondants au sondage ont eu à répondre à 40 questions. Note moyenne : 58,5 %.


Ce type d’enquête sert généralement à peaufiner les campagnes publicitaires qui poussent les gens à mieux s’informer du placement, à savoir détecter des offres de nature frauduleuse, à vérifier les antécédents de son conseiller financier, etc. Selon le public cible, le message peut varier.


Au chapitre du conseil, l’enquête d’Innovative Research pour le compte des ACVM indique que la moitié des gens (49 %) ont maintenant un conseiller financier, alors que le précédent sondage en 2009 situait cela à 46 %. Trois ans plus tôt, en 2006, c’était seulement 42 %.


Cependant, 60 % des gens n’ont « jamais vérifié les antécédents » de leur conseiller. Ceux qui le font ont principalement tendance à se fier à une recherche dans Internet, à l’établissement pour lequel travaille ce conseiller et à des amis.

 

La fraude


Le segment portant sur la fraude révèle par ailleurs que le quart des répondants dit avoir reçu une offre d’investissement frauduleuse (27 %). Dans la moitié des cas (49 %), il s’agissait d’un pourriel, suivi d’un appel téléphonique d’un étranger (21 %) et d’une personne ayant été présentée par l’entremise d’un ami. Dans tous les cas, seulement une personne sur trois a choisi de dénoncer la situation auprès des autorités, le plus souvent la police.


Le tiers des gens qui ont effectivement été victimes de fraude ont perdu moins de 1000 $, alors qu’un autre tiers a été détroussé de plus de 10 000 $.


Le sondage a été réalisé en ligne du 17 au 31 mai 2012. L’échantillon pondéré est de 5198 personnes (dont 1247 Québécois) et la marge d’erreur est de 1,4 %, 19 fois sur 20.