Un mélange de reconnaissance et d’inquiétude

Tiré du film Trou story de Richard Desjardins et Robert Monderie
Photo: Office national du film Tiré du film Trou story de Richard Desjardins et Robert Monderie

Bien qu’une majorité de citoyens de Malartic aient une vision « positive » de la mine à ciel ouvert implantée dans leur ville par l’entreprise Osisko, le projet n’en suscite pas moins d’importantes craintes quant aux risques environnementaux et aux impacts sur la santé. Plusieurs estiment d’ailleurs manquer d’informations à ce sujet, selon une étude menée par des chercheurs de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

« Dans l’ensemble, 67 % des répondants croyaient qu’il y a des risques environnementaux qui menacent la santé de la population », peut-on lire dans cette étude d’une centaine de pages. Qui plus est, ils étaient 53,8 % à se dire « pas du tout ou peu satisfaits » de l’information fournie par la minière à propos des risques pour la santé.


Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils rejettent totalement le projet minier, a expliqué le responsable de l’étude, Patrice Leblanc. En fait, 61 % des répondants ont dit voir celui-ci de manière « positive ». « Les citoyens sont satisfaits de leur qualité de vie, mais ils se demandent si celle-ci ne va pas se dégrader. Ils se demandent si leur santé est en péril, si leur environnement va se dégrader en raison du bruit, de la poussière ou d’impacts sur la qualité de l’eau. » M. Leblanc a d’ailleurs souligné que plusieurs jugent qu’il leur est difficile d’exprimer leurs préoccupations « de peur d’être taxés d’opposants à la mine ».


Par ailleurs, les chercheurs ont noté un indice de détresse psychologique élevée plus important à Malartic (33,9 %) que la moyenne de la région de l’Abitibi-Témiscamingue. « Une forte proportion des répondants se situant au niveau élevé de l’échelle de détresse psychologique se disaient beaucoup ou énormément affectés par les vibrations, le niveau sonore élevé et la poussière », souligne-t-on dans l’étude.


Au total, 306 participants ont répondu au sondage et étaient répartis dans cinq quartiers de la ville de Malartic.


Osisko exploite un important gisement d’or dans une mine à ciel ouvert qui a nécessité le déplacement d’une partie de la ville de Malartic. Les réserves de minerai sont évaluées à 10,71 millions d’onces. Au prix actuel de l’once d’or, on parle d’une valeur brute dépassant les 17 milliards de dollars.


Cette année, des citoyens se sont dits inquiets de voir dans le ciel de leur ville un nuage toxique composé de rejets de dioxyde d’azote. Ces nuages peuvent se former lors des dynamitages, qui sont fréquents. Par ailleurs, Osisko compte procéder bientôt à un important dynamitage de près d’un million de tonnes.