Jean Coutu se prépare à la venue de Target

Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

Le Groupe Jean Coutu se prépare à affronter un nouveau concurrent de taille: la chaîne américaine de grands magasins Target, qui doit faire son entrée sur le marché québécois dans un an.


«Je m’engage à ce qu’au cours des prochains mois, nous nous assurions d’être mieux préparés pour faire face à la concurrence», a déclaré mercredi le président et chef de la direction de la chaîne de pharmacies, François Jean Coutu, au cours d’une téléconférence avec les analystes financiers. M. Coutu a précisé que l’entreprise longueuilloise allait adopter «une approche un peu plus sophistiquée» en ce qui a trait au réapprovisionnement de ses magasins. «Il est très important pour moi que toutes nos pharmacies aient les produits à temps et au bon prix», a-t-il affirmé.


Target compte ouvrir ses 12 premiers magasins au Québec à l’automne 2013. Cinq autres devraient suivre par la suite. Chacun des magasins sera doté d’une pharmacie de bonne taille. C’est sans compter que d’ici la fin du mois, Walmart aura terminé la conversion de sept anciens magasins Zellers dans la région de Montréal, à Sorel-Tracy et à Sherbrooke. Ces succursales Walmart abriteront toutes des pharmacies, ce qui n’était pas le cas pour plusieurs des Zellers qu’elles remplaceront.


François Jean Coutu a par ailleurs demandé mercredi au nouveau gouvernement de Pauline Marois de ne pas réduire davantage les allocations professionnelles que reçoivent les pharmaciens. Ces allocations sont des rabais, des ristournes, des primes, des services ou des «gratifications» consentis par les fabricants de médicaments génériques. Avant avril 2011, elles étaient plafonnées à 20 % des ventes, un taux qui a ensuite baissé à 16,5 %, puis à 15 %. En Ontario, les allocations seront limitées à 10 % à partir d’avril 2013, de sorte que certains analystes se demandent si le Québec emboîtera le pas.


«Si [le gouvernement] réduit les allocations professionnelles comme en Ontario, cela aura un sérieux impact sur les revenus des pharmaciens», a prévenu M. Coutu. Il est à noter qu’une réduction éventuelle du plafond des allocations professionnelles nuirait aux franchisés de Jean Coutu, mais serait bénéfique pour la filiale de fabrication de médicaments génériques de l’entreprise, Pro Doc.


Jean Coutu a par ailleurs fait état mercredi d’une baisse de ses profits nets à son deuxième trimestre, qui a pris fin le 1er septembre. Le bénéfice net a atteint 51,2 millions (23 ¢ par action), en baisse de 22,9 % par rapport aux 66,4 millions (29 ¢ par action) dégagés pendant la même période de l’an dernier. La baisse est principalement attribuable au gain de 22 millions que Jean Coutu a engrangé au deuxième trimestre de l’an dernier en vendant des actions de la chaîne américaine Rite Aid. En excluant ce gain, les profits se sont chiffrés à 50 millions (23 ¢ par action), contre 44,6 millions (19 ¢ par action) l’an dernier. Le chiffre d’affaires trimestriel a augmenté de 3,7 % pour s’établir à 658,7 millions. Encore une fois, Pro Doc a apporté une forte contribution en enregistrant une hausse de 14 % de ses revenus.


Au deuxième trimestre, cinq pharmacies Jean Coutu ont ouvert leurs portes. Dans trois cas, il s’agissait de projets de relocalisation.