Les caisses de retraite doivent s’adapter

Les futurs retraités n’auront peut-être pas des pensions aussi dorées que celles de leurs prédécesseurs.
Photo: Lucy Pemoni - Associated Press Les futurs retraités n’auront peut-être pas des pensions aussi dorées que celles de leurs prédécesseurs.

Quatre caisses de retraite sur dix doutent sérieusement de pouvoir atteindre leurs objectifs de rendements au cours des cinq prochaines années, indique un sondage réalisé auprès de 92 gestionnaires de régimes canadiens.

Les résultats du sondage, coordonné par une filiale de Fidelity Investments nommée Pyramis, surviennent dans un contexte particulier : alors que les marchés boursiers tentent encore de retrouver le sommet touché avant la crise de 2008, les taux d’intérêt continuent d’être très faibles.


Frappés de plein fouet, les régimes de retraite à prestations déterminées - qui garantissent aux futurs retraités un revenu fixe et prévisible quelle que soit la performance des marchés d’ici là - sont de plus en plus coincés.


« La volatilité des marchés et les faibles rendements ont eu un impact sur les régimes à prestations déterminées et diminuent l’espoir d’atteindre un objectif annuel de 6 % », peut-on lire dans le rapport de la partie canadienne du sondage. « C’est un chiffre très optimiste lorsqu’on tient compte du fait que ces régimes ont obtenu des rendements de seulement 3 % sur cinq ans. »


Le principal indice de la Bourse de Toronto a connu une hausse d’à peine 3,9 % depuis le début de l’année. Sur cinq ans, ce qui inclut la crise de 2008-2009, il est en baisse de 12,8 %.


Pour assurer leur avenir, des régimes sont tentés de revoir leur stratégie. Ainsi, 22 % des régimes ont l’intention de placer davantage d’argent dans des créneaux « non liquides », comme l’immobilier et les sociétés privées.


Les régimes canadiens semblent plus pessimistes que ceux au sud de la frontière (l’enquête a aussi été menée ailleurs dans le monde). Selon le sondage, seulement 29 % des caisses américaines ne pensent pas pouvoir atteindre leurs objectifs de rendements au cours des cinq prochaines années, contre 51 % en Europe.

 

Régimes sous-financés


Il y a deux mois, l’agence de notation torontoise DBRS a écrit que les régimes à prestations déterminées vont lentement disparaître sur une quarantaine d’années. Après examen de 450 régimes nord-américains, DBRS a estimé que plus des deux tiers d’entre eux sont sous-financés par « une marge importante ».


Et la semaine dernière, la firme-conseil Aon Hewitt a affirmé qu’à la fin du troisième trimestre, le ratio de solvabilité médian se situait à 68 %, une légère amélioration par rapport à 66 % cet été. Dans ce contexte, de nombreux employeurs ont préféré tout simplement en limiter l’accès au fil des ans ou convertir carrément la caisse en régime à cotisations déterminées, qui n’offre aucune garantie pour les futurs retraités.


Selon le sondage de Pyramis, 63 % de l’ensemble des régimes sont présentement offerts aux nouveaux employés. Toutefois, d’ici un à trois ans, 25 % des régimes ne le seront pas.


Le sondage mondial a été réalisé avec Asset International aux États-Unis, avec le Canadian Institutional Investment Network au Canada et avec le quotidien londonien Financial Times en Europe et en Asie. Les répondants gèrent des actifs totalisant 5000 milliards de dollars.

3 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 9 octobre 2012 00 h 22

    Problème majeur

    Les fonds de pension actuels ont été mis en place quand l'intérêt sur les placements était de beaucoup supérieur.

    Il voit revoir ses calculs et voir comment revoir le tout de façon plus réaliste.

    On ne peut certainement plus offrir des fonds de pension auquels les employés payent moins de 50% et peut recevoir 65% de leur salaire lors de leur retraite.

    Cette situation met en péril les finances de plusieurs villes, et il devient indécent de demander aux citoyens de continuer à être extrêment généreux envers leurs employés alors qu'eux même n'ont aucun fonds de pension!!!

  • Guy Desjardins - Inscrit 9 octobre 2012 08 h 21

    Innégalité

    Il faudrait revoir les fonds de pensions accordés aux travailleurs de l'état et tout ce qui touche au publique. Il n'est pas normal que le secteur privé paient pour la pension des fonctionnaires, quand le secteur privé, eux n'ont pas plus que la moitié et quelques fois rien.
    Contrairement au secteur publique, le secteur privé n'a pas la garantie de travail et en plus se faire congédier pour incompétence, au publique ça n'existe pas et en plus une pension mur à mur, les primes aux rendements, prime de départ afin de revenir à contract plus tard. Vous allez me dire que c'est un choix, je vous l'accorde, mais il ne faut pas embitionner sur le pain béni. De la manière dont les Gouvernements gèrent notre argent, ils nous dirigent tout droit vers la désobéissance social et le gouffre. C'est bien beau les pensions , mais il faut de la logique et non pas tout accepter pour avoir la paix. Les Québécois (es) en générals, sont très fatigués de payer pour l'innégalité et travailler pour plus de 67 ans, pour avoir une pension un peu décente à comparer à 50 ans de travail et la stabilité qui s'y rattache.

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 octobre 2012 12 h 19

      Un très grand nombre des employés du secteur public sont à contrats tout au long de leur carrière. Vous saviez ça?