Le numéro 1 de Raymond Chabot Grant Thornton - La route 167, une heureuse façon de voir le développement du nord du Québec

Le prolongement de la route 167 servira plus tard à d’autres compagnies minières qui contribueront à son financement.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le prolongement de la route 167 servira plus tard à d’autres compagnies minières qui contribueront à son financement.

Le gouvernement du Québec a créé un précédent des plus intéressants pour le développement des infrastructures sur le territoire du Plan Nord avec le projet de prolongement de la route 167. C’est ce qu’a fait valoir jeudi Emilio Imbriglio, président du conseil de direction de Raymond Chabot Grant Thornton, dans le cadre d’une conférence organisée par Les Affaires pour promouvoir l’industrie minière.

« C’est une histoire que je trouve porteuse, a affirmé M. Imbriglio. Stornoway appartient en partie à la population du Québec à travers Investissement Québec. On fait une route. Il va y avoir éventuellement d’autres mines qui vont se greffer à cette route. Ces mines vont sans doute payer pour se rendre à la route. C’est une nouvelle porte d’accès pour le nord du Québec. Et on demande à Stornoway de faire un effort. »


M. Imbriglio estime aussi que, lorsque d’éventuels projets miniers se développeront dans le secteur, les entreprises seront appelées à signer des ententes avec le gouvernement du Québec pour l’utilisation du nouveau tronçon de la 167. Au final, ce prolongement du réseau routier de la province destiné uniquement aux minières permettra donc de « créer de la richesse par les redevances, les emplois et la fiscalité ».


Mais pour le moment, les Québécois financent 85 % des coûts de construction de cette route gravelée de 243 kilomètres qui se rendra jusqu’au projet minier diamantifère Renard, de l’entreprise Stornoway Diamond. Le gouvernement Charest s’est engagé à débourser au moins 287 millions de dollars de la facture, estimée à 332 millions. Les éventuels dépassements de coûts seront aussi à la charge des contribuables. Cette route doit traverser un territoire vierge, 152 cours d’eau et nécessitera la construction d’au moins 18 ponts.


Stornoway - dont Investissement détient une participation de 37 % - doit pour sa part injecter 44 millions de dollars sur 10 ans à partir de 2015. Elle offrira aussi 1,2 million par année pour l’entretien de la route. Mais l’engagement financier de la minière est conditionnel « à la construction de la route dans les délais prévus, à l’obtention de toutes les approbations des organismes de réglementation pour la construction du projet diamantifère Renard et à l’obtention du financement pour le projet Renard ».


Un autre projet minier en développement pourrait éventuellement souhaiter être relié à la route 167. Il s’agit du projet de mine d’uranium Matoush, de Ressources Strateco. Mais il est très controversé et le Grand Conseil des Cris s’y oppose fermement.


Par ailleurs, Emilio Imbriglio a dit jeudi qu’Hydro-Québec est toujours en discussion avec Stornoway pour la construction d’une ligne de transport électrique qui permettrait d’alimenter le projet Renard. « J’imagine qu’on va trouver une solution », a-t-il laissé tomber. Encore une fois, l’idée d’une ligne qui servirait éventuellement à plusieurs projets pourrait permettre d’en arriver à une solution pour son financement.


En juillet dernier, la minière a fait savoir qu’elle refusait de payer cette ligne qui alimenterait son seul projet diamantifère. Il est prévu, selon les plus récentes informations disponibles, de produire les premiers diamants québécois en utilisant des dizaines de millions de litres de diesel.


Selon les données officielles, le gisement de diamants des monts Otish contiendrait des « réserves probables » de 18 millions de carats. Plusieurs millions de carats pourraient s’ajouter à ces réserves. La valeur moyenne est de 180 $ par carat, ce qui en fait un gisement « de classe mondiale » dont la valeur brute atteindrait plusieurs milliards de dollars. Et pour le moment, aucune pierre précieuse ne sera transformée au Québec.

2 commentaires
  • Mondat Michel - Inscrit 28 septembre 2012 08 h 33

    L'Eldorado...

    Oui, oui, un IMMENSE plat de bonbons pour ceux qui veulent faire saigner la roche!

  • Pierre Jacques Savard - Abonné 28 septembre 2012 08 h 45

    des miettes !!!

    Quand ils seront partis ailleurs après l'exploitation de cette mine ...Il nous restera des miettes ....des miettes de diamants mas des miettes quand même et des tonneaux de 45 gallons rouillés parsemés dans la toundra !