Sondage sur les habitudes d’achat - D’incorrigibles dépensiers

Photo: Agence France-Presse (photo) Archives

Les ménages canadiens affichent un niveau d’endettement record et les achats impulsifs ne sont pas étrangers au phénomène. Les dépenses en articles superflus peuvent atteindre, en moyenne, 3720 $ par année par Canadien, les hommes dépensant deux fois plus que les femmes en biens et services non essentiels ou inutiles.


Selon un rapport de la BMO compilé à partir des données d’un sondage en ligne effectué par Pollara auprès de 1000 Canadiens, 59 % des répondants font des achats impulsifs. Plus de la moitié (52 %) affirme regretter ses achats après coup, et 43 % des répondants peuvent parfois dépenser ainsi plus qu’ils ne gagnent en un mois. Dans son rapport, la Banque de Montréal chiffre à 310 $ par mois, soit 3720 $ par année, la somme moyenne que les Canadiens consacrent à l’achat d’un bien ou d’un service dont ils n’ont pas besoin. Toujours selon les répondants, les hommes dépenseraient deux fois plus que les femmes en articles superflus, soit respectivement 414 $ par mois, en moyenne, contre 207 $.


En décortiquant davantage la « psychologie des dépenses » des Canadiens, la BMO retient que 60 % des répondants magasinent « pour améliorer leur humeur » et 55 % achètent des articles dont ils n’ont pas besoin parce qu’ils sont en solde. Et 42 % des répondants disent acheter des articles qu’ils n’utiliseront jamais. « Le quart (23 %) des répondants ne peut s’offrir quelque chose dont il a besoin parce qu’il a fait des dépenses non essentielles », a ajouté l’institution. Le phénomène est plus répandu chez les jeunes de moins de 30 ans, 33 % d’entre eux affirmant être incapables d’acheter quelque chose dont ils avaient besoin parce qu’ils avaient effectué des dépenses superflues. Les revenus supérieurs n’y échappent pas. Ainsi, « 19 % des membres d’un ménage cumulant un revenu annuel d’au moins 100 000 $ ont été incapables de s’offrir quelque chose qu’ils voulaient parce qu’ils avaient fait des achats non essentiels ».


Autres conséquences de ces achats impulsifs, 31 % des répondants « ont dû emprunter de l’argent ou contracter un prêt pour régler les dépenses non essentielles ». La BMO rappelle, ici, que la dette des ménages, exception faite des prêts hypothécaires, a doublé au cours de la dernière décennie. Le ratio d’endettement par rapport au revenu est passé de 42 %, au début de 2002, pour atteindre un sommet record de 53 % au début de 2012.


Vu autrement, l’endettement moyen des ménages canadiens oscille autour de 152 % du revenu disponible, avec le tiers des ménages ayant déjà atteint leur limite d’emprunt selon un taux d’endettement de 160 %. À la fin de 2010, la dette à la consommation (excluant l’hypothèque) avait été multipliée par 4,4 en 20ans au Canada, doublant un revenu personnel disponible multiplié par 2,2 dans l’intervalle. Sur cet horizon, la dette à la consommation est passée de 21,8 % à 45,8 % à la fin de 2010, alors que le taux d’épargne empruntait le chemin inverse, partant d’un sommet de 20 % à un taux de 5 % du revenu personnel disponible.

11 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 26 septembre 2012 08 h 03

    Gros merci aux étourdis

    Gros merci aux étourdis qui font tourner la roue de l'économie canadienne. Sans eux, que feraient les marchands, les publicitaires et les banques? Vive le taux de croissance!

  • Yvon Bureau - Abonné 26 septembre 2012 08 h 20

    Laisser passer 7 jours

    La sagesse invite à se tourner la langue 7 fois avant de parler.

    La sagesse nous invite aussi à laisser passer 7 jours avant d'acheter un produit important; 7 jours entre le désir d'acheter et l'achat possible. Curieux, très souvent il n'y a pas d'achat.

    Curieux aussi, on l'avait déjà dans nos rangements !!!

    E si ces 3720$/an allaient à de bonnes oeuvres ou au remboursement de la dette ?!

  • Danielle Dubuc - Inscrite 26 septembre 2012 08 h 55

    US qu'on s'en va? comme disait Deschamps

    Au même endroit que les États! Ça n'augure vraiment pas bien...

  • Claude Smith - Abonné 26 septembre 2012 09 h 02

    Pendant ce temps...

    Pendant que nous dépensons pour des achats non-essentiels, nous écoutons les chantres du néolibéralisme qui veulent s'attaquer aux missions de l'état qui, elles, sont essentielles comme l'éducation et la santé. Leur solution est de couper dans les dépenses de l'état notamment en réduisant la taille de l'état permettant d'une part une réduction des impôts et une privatisation des services. En bout de ligne, je ne pense pas que les citoyens dans leur ensemble vont en sortir gagnant.

    Claude Smith

    • Francois Gougeon - Inscrit 26 septembre 2012 09 h 50

      Et les chantres de la gauche se battent pour des plus gros salaires pour les employés syndiqués afin qu'ils puissent ... consommer encore plus! Chercher l'erreur
      On ne veut pas couper dans les pensions et les salaires, même si l'État est en train de faire faillite, pour pouvoir garder notre pouvoir d'achat, mais on se plaint de la sur-consommation et de la pollution.
      La vérité est que l'on aime bien notre mode de vie Nord-américain malgré ce qu'on dit pour se donner bonne conscience.
      On va blâmer les riches, les PDG, les banquiers (souvent avec raison, oui) mais on oublie que ce n'est pas eux qui nous ont obligé à vivre comme ça. Ce n'est pas eux qui conduisent toutes les voitures, achètent toutes les bébélles et jettent tous les déchets qui s'accumulent dans les dépotoirs.

    • André Michaud - Inscrit 26 septembre 2012 11 h 23

      @ m.Gougeon


      En effet les citoyens embarquent au maximum dans cet esprit d'yper consommation, allant même au-delà de leur pouvoir d'achat par le surendettement..et avec les générations cette situation progresse sans cesse.

      J,ai consommé plus que mes parents, et les jeunes consomment encore plus que moi. Comme la production de biens de consommation est directement liée à la pollution, les jeunes citoyens sont encore plus pollueurs, malgré les prétentions de certains jeunes.

      La simplicité volontaire est de moins en moins à la mode et c'est un choix de citoyens , pas des banquiers qui ne forcent personne à hyper consommer..

  • Peter Kavanagh - Inscrit 26 septembre 2012 11 h 16

    Vivre et laisser livre

    Ça vous dis quelque chose?? On travaillent, on gagnent et on dépensent. Ça dérange qui?? Si on veux 3 autos, 5 teles et une grosse maison, c'est nous qui les payont alors ça regarde qui?? On payent impots et taxes pour faire vivre les BS, les fonctionaires, les politiciens, la santé ect. Ce que l'on fais avec le reste ne regarde que nous. Arretons de vouloir régenter la vie des gens.

    • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 26 septembre 2012 13 h 20

      Argumentaire de haut calibre...

      " J'fais c'que j'veux, bon ! Mais c'est vous les enfants gâtés, pas moi !"

      Right.