Négociations - Les TCA montent le ton devant General Motors

Les Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) ont affirmé jeudi qu’ils pourraient donner un avis de grève à General Motors, plus tard en journée, si les négociations piétinaient, mais le syndicat a indiqué que ses entretiens avec Chrysler progressaient.

Le président des TCA, Ken Lewenza, et d’autres hauts responsables de l’organisation discutaient toujours avec des représentants de General Motors, jeudi après-midi, au troisième jour de sérieux entretiens depuis que le syndicat a annulé une grève prévue lundi soir afin de poursuivre les négociations avec les deux constructeurs.


Depuis qu’il a conclu un accord de principe avec Ford, lundi, le syndicat tente d’obtenir des ententes similaires des deux autres géants américains de l’automobile. Avant jeudi, le syndicat avait laissé entendre qu’il réalisait davantage de progrès avec General Motors que Chrysler.


« Les gens commencent à être frustrés. Nous avions espoir de nous entendre avec GM avant maintenant, mais ce n’est pas arrivé », a affirmé Shannon Devine, porte-parole des TCA.


Mme Devine a indiqué que le syndicat pourrait émettre un avis de grève au courant de la journée, jeudi.


« Jusqu’à présent, aucun avis n’a été donné », a-t-elle ajouté.


Les TCA ont néanmoins affirmé avoir réalisé certains progrès dans leurs négociations avec Chrysler, ajoutant que la compagnie paraissait plus disposée qu’auparavant à conclure un accord.


« Nous n’avons pas encore d’entente avec Chrysler, mais les discussions ont été constructives et nous faisons des progrès », a indiqué le syndicat par voie de communiqué.


« Les dirigeants de Chrysler semblent plus enclins à atteindre un accord qu’ils ne l’étaient précédemment », ont ajouté les TCA.


Si jamais les discussions bloquent de façon importante, le syndicat est autorisé à donner un avis de grève. L’organisation a indiqué qu’elle accorderait un délai de 24 heures avant d’ordonner un arrêt de travail.


Des analystes ont affirmé que le syndicat obtiendrait vraisemblablement des ententes similaires à celle conclue lundi avec Ford.


Les travailleurs de l’automobile canadiens de Ford se prononceront lors d’un vote, ce week-end, sur l’entente de principe de quatre ans, que le syndicat espère utiliser comme cadre pour une entente avec les deux autres constructeurs. Les TCA ont indiqué que le résultat du vote serait dévoilé dimanche soir.


L’accord avec Ford ne contient pas d’augmentations de salaire de base, et les régimes de retraite demeureront les mêmes pour les employés actuellement à l’emploi de l’entreprise. Chaque travailleur obtiendra 2000 $ par année pour les deuxième, troisième et quatrième années du contrat pour couvrir la hausse du coût de la vie, ainsi qu’une prime de 3000 $ à la ratification.


Les nouveaux employés recevront 60 % du plein salaire, qui sera atteint après 10 ans, plutôt qu’en six années, tel que le stipulait la précédente convention collective. Ces nouveaux employés disposeront aussi d’un régime de pensions hybride, plutôt que d’un régime à prestations déterminées comme les travailleurs actuels.


L’entente avec Ford donnera également à 800 employés mis à pied la chance de revenir au travail, notamment grâce à la création de 600 postes à temps partiel dans les installations canadiennes du constructeur. La majorité de ces postes verront le jour à l’usine de montage d’Oakville, en Ontario.