Barclays et HSBC dans la tourmente

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	Barclays a révélé le 27 juin qu’elle allait payer environ 360 millions d’euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain dans une affaire de manipulation de taux interbancaires.</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Will Oliver
Barclays a révélé le 27 juin qu’elle allait payer environ 360 millions d’euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain dans une affaire de manipulation de taux interbancaires.

Manipulations illégales pour Barclays et défaillances dans la lutte contre le blanchiment d’argent pour HSBC, les deux banques britanniques ont de nouveau été plongées dans la tourmente cette semaine, mais rien à voir, cette fois, avec la crise financière internationale.

Après la révélation du scandale fin juin et la décapitation de Barclays, deuxième banque du Royaume-Uni, le temps des explications a pris le relais avec des auditions à la Chambre des communes, en attendant une enquête parlementaire. Aucun des dirigeants n’a assumé la responsabilité des manipulations, tandis que régulateur et superviseur se sont défendus de l’existence d’indices de malversations à l’époque des faits.


Barclays a révélé le 27 juin qu’elle allait payer environ 360 millions d’euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain dans une affaire de manipulation des taux interbancaires britannique Libor et européen Euribor de 2005 à 2009. Ces taux servent de référence dans des produits financiers et peuvent avoir des conséquences sur des prêts aux particuliers et aux entreprises. Ils sont établis à partir d’un groupe de banques, dont chacune communique le taux auquel elle emprunte à ses consoeurs.


Les enquêtes ont distingué deux périodes : l’une à partir de 2005 quand des courtiers tentaient de gonfler leurs bénéfices ou de limiter leurs pertes. L’autre à partir de la crise pour préserver l’image de la banque.


Aux réactions qualifiant ces révélations de « très préoccupantes », relevant « de la délinquance financière de haut vol » et qui « sapent » la confiance des marchés, ont succédé des appels à la réforme du système. Plutôt un retour des appels car, au moins depuis mi-2008, une telle réforme était évoquée par les banquiers centraux. Selon des courriels qui viennent d’être rendus publics, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, et le secrétaire d’État américain au Trésor, Timothy Geithner - alors patron de la Réserve fédérale de New York -, en ont discuté dès avril 2008. De nouveaux documents ont été publiés hier.


M. King a indiqué mardi que les banquiers centraux aborderont le sujet lors de leur réunion bimestrielle à Bâle le 9 septembre.


L’affaire est loin d’être terminée puisqu’une enquête pénale a été ouverte au Royaume-Uni, et plusieurs réglementaires dans le monde entier. En effet, les traders de Barclays qui tentaient de manipuler les taux pour améliorer leurs performances - « au moins quatorze » à New York, à Londres et à Tokyo, d’après le gendarme britannique du secteur financier (FSA) - ont initié des confrères d’autres banques.


Une vingtaine de banques seraient concernées. La britannique RBS a renvoyé au moins quatre traders, l’américaine JP Morgan Chase a indiqué faire l’objet de poursuites aux États-Unis. Citigroup et la Société Générale avaient indiqué il y a plusieurs mois qu’elles avaient été contactées par des enquêteurs. Une étude de JP Morgan évalue à 12 milliards de dollars pour 11 banques les conséquences du scandale (amendes et dédommagements).


Également citée, la première banque britannique, HSBC, a passé une mauvaise semaine à double titre. Elle a reconnu des « défaillances significatives » et présenté publiquement ses excuses mardi devant une commission d’enquête du Sénat américain, pour avoir manqué de vigilance devant de possibles opérations de blanchiment d’argent.


Selon un rapport accablant, HBUS - filiale américaine de HSBC - a notamment réalisé en six ans 16 milliards de dollars de transactions secrètes avec l’Iran, et sa filiale mexicaine a transféré 7 milliards de dollars vers HBUS entre 2007 et 2008 qui pourraient être de l’argent des cartels mexicains de la drogue.

1 commentaire
  • Alain Brisson - Abonné 23 juillet 2012 13 h 29

    Crise financière et crise de confiance

    Cette situation n'a rien à voir avec la crise financière (peut-être) mais a tout à voir avec la crise de confiance à l'égard du monde financier.
    Suite à la crise financière et à de nombreux scandales, on aurait pu croire que s'installeraient un peu de discipline, de retenue et de sagesse. Mais non! Les mêmes pratiques de rémunérations outrageantes et les scandales de toute nature sont réapparus, plus nombreux et pires que jamais. Et lorsque certaines personnes et certains organismes avancent l'idée d'un meilleur encadrement, tous les milieux financiers crient au scandale, au socialisme et annoncent des calamités pires les une que les autres.
    Qui peut encore croire que le milieu financier est capable de s'auto-discipliner et de respecter le moindrement les consommateurs et petits investisseurs en particulier et les citoyens en général? Les politiciens de droites qui prêchent encore le discours de la liberté d'entreprise sont vraiment des idéologues bornés ou des hypocrites qui prennent les citoyens pour des imbéciles, probablement les deux.