Le scandale des taux d’intérêt s’étend aux États-Unis

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	Les tours de Citigroupe à Manhattan</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Emmanuel Dunand
Les tours de Citigroupe à Manhattan

Le scandale des manipulations de taux du Libor par la banque britannique Barclays touche les banques américaines Citigroup et JP Morgan Chase, qui font l’objet de demandes d’informations de la part de régulateurs et enquêteurs, voire de poursuites de clients s’estimant lésés.

Citi, JP Morgan Chase et Bank of America font partie des banques internationales qui contribuent à la fixation du taux du Libor et de divers taux interbancaires. Toutes trois se refusent à tout commentaire à propos du scandale des manipulations de taux interbancaires par Barclays, qui a déjà entraîné la démission du patron de la banque britannique au cœur de l’affaire, et de l’Association des banquiers britanniques (BBA) qui supervise la fixation du Libor.
 
Mais Citi et JP Morgan ont renvoyé à des déclarations faites dans des rapports d’activité trimestriels remis à l’autorité boursière américaine (SEC), où elles disent avoir reçu des demandes d’informations des enquêteurs. « Des agences gouvernementales telles que le département américain de la Justice (DoJ), la CFTC, la SEC, ou d’autres juridictions telles que l’Union européenne, le régulateur des marchés britannique FSA, l’agence japonaise des services financiers (JFSA) et le bureau canadien de la concurrence mènent des enquêtes ou font des demandes liées aux déclarations faites par les panels de banques qui publient plusieurs taux interbancaires », indique ainsi Citi dans son document remis le 24 février à la SEC.
 
« En tant que membre de plusieurs de ces panels, des filiales de Citigroup ont reçu des demandes d’informations et de documents. Citigroup coopère à ces enquêtes », ajoute la banque. JP Morgan Chase a fait de son côté des déclarations similaires.
 
Par ailleurs, les deux banques font l’objet de poursuites de clients. Citi indique notamment dans ce document que le 16 décembre, la JFSA a pris des mesures contre sa filiale japonaise de marchés « à propos de déclarations faites par deux de ses courtiers sur le taux interbancaire Euroyen Tokyo (Tibor) et sur le Libor. » La JFSA a notamment « suspendu le courtage de dérivés de Citi Global Market Japan sur le Tibor et le Libor entre le 10 et le 23 janvier 2012 ».
 
En outre, « à partir d’avril 2011, un certain nombre de plaintes en nom collectif et autres poursuites individuelles ont été déposées auprès de plusieurs tribunaux contre plusieurs banques ayant servi sur le panel du Libor et leurs affiliées, y compris certaines filiales de Citigroup », précise Citi dans ce document. Toutes ces poursuites ont été confiées « au tribunal de Manhattan devant la juge Naomi Buchwald », conclut Citi dans un rapport trimestriel daté du 10 mai.
 
JP Morgan Chase indique pour sa part faire l’objet de poursuites « aux côtés d’autres banques dans une série de plaintes individuelles ou plaintes en nom collectif dans plusieurs États [américains] accusant [ces banques] d’avoir » menti dans leurs déclarations de taux entrant dans la fixation du Libor.
 
Bank of America ne fait, pour l’instant en tout cas, aucune mention dans ses propres déclarations boursières de demandes d’informations de la part des autorités sur ce sujet.
 
Les titres de ces banques sont d’ores et déjà sanctionnés par la perspective de possibles retombées financières, alors que Barclays a dû s’acquitter d’une amende de 450 millions de dollars.
 
Cette affaire écorne encore un peu plus l’image des banques et s’ajoute aux arguments des partisans d’une réglementation plus serrée de la finance mondiale.
1 commentaire
  • Denis Boyer - Inscrit 9 juillet 2012 07 h 25

    Business as usual...

    Personne ne sera étonné d'apprendre que ces grandes institutions financières sont encore mêlées à de l'escroquerie. Il suffit de lever une pierre pour voir plein de bibittes (ou d'anguilles proverbiales!)

    Ce qui serait étonnant serait de voir les responsables écopper de sentences exemplaires : amendes corsées et prison. Mais çà, ça ne risque pas de se produire. La prison c'est pour les petits malfaiteurs. Pour les fraudeurs sans vergogne comme les dirigeants des grandes banques il n'y a que des amendes ridicules de quelques centaines de million de dollars, soit un petit pourcentage du fruit de leurs fraudes, prouvant hors de tout doute que le crime est payant... quand on a de bonnes connexions!