Les actionnaires d’Air Canada approuvent les salaires des dirigeants

Des pilotes d’Air Canada, qui négocient le renouvellement de leur convention collective, ont manifesté devant un hôtel de Calgary où se réunissaient les actionnaires du transporteur aérien.
Photo: La Presse canadienne (photo) Todd Korol Des pilotes d’Air Canada, qui négocient le renouvellement de leur convention collective, ont manifesté devant un hôtel de Calgary où se réunissaient les actionnaires du transporteur aérien.

Calgary - Les actionnaires d’Air Canada ont approuvé par une très forte majorité la nouvelle politique de rémunération des dirigeants du transporteur aérien.

La résolution, essentiellement symbolique, a été adoptée après avoir obtenu un taux d’approbation de 91,85 % des actionnaires.


Le président de l’Association des pilotes d’Air Canada, Paul Strachan, a été un des seuls à s’opposer à la proposition. Selon lui, les hausses de rémunération de plus de 10 % accordées aux dirigeants sont hypocrites dans un contexte où l’entreprise demande à ses employés d’accepter des concessions.


Air Canada et deux de ses principaux syndicats - qui représentent les pilotes et certains membres d’équipage au sol - ont été incapables de négocier un nouveau contrat de travail. En vertu d’une loi spéciale du gouvernement fédéral qui interdit tout arrêt de travail chez le transporteur, leur conflit sera réglé devant un arbitre.


Le salaire du chef de la direction d’Air Canada a chuté de 12 % l’an dernier, mais les paiements versés aux quatre autres plus hauts dirigeants du transporteur ont bondi en 2011, même si les pertes financières affichées par l’entreprise ont fait reculer le cours de son action de plus de 70 %.


Le vote des actionnaires sur la rémunération n’est pas contraignant, mais Air Canada a affirmé que son conseil tiendrait compte des résultats lorsqu’il calcule la rémunération des dirigeants.

 

Salaires et primes


Le chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, a gagné 4 millions en 2011, ce qui est moins que les 4,55 millions qu’il a engrangés un an plus tôt. C’est cependant bien plus que les 2,6 millions qu’il avait gagnés pour ses neuf premiers mois à ce poste, en 2009, d’après une circulaire de sollicitation de procuration.


Le directeur financier, Michael Rousseau, le chef de l’exploitation, Ducan Dee, le chef des activités commerciales, Benjamin Smith et le vice-président principal, Davie Legge, ont tous vu leur rémunération grimper d’au moins 18 % et d’au plus 47 %. Les salaires de base sont restés essentiellement les mêmes, mais chaque dirigeant a obtenu d’importants gains en actions et en options d’achat d’actions. La rémunération de M. Rousseau a grimpé à 1,68 million, celle de M. Dee a atteint 1,62 million, celle de M. Smith a avancé à 1,37 million et celle de M. Legge s’est chiffrée à 1,15 million.


La rémunération de M. Rovinescu ne tient pas compte d’une prime de rétention de 5 millions qui lui a été accordée en mars, laquelle sera plutôt comprise dans sa rémunération de l’année en cours. Cependant, 280 000 options d’achat d’actions qui lui ont été accordées au cours des deux dernières années ont été annulées à sa demande.


La société montréalaise a perdu 249 millions, soit 92 ¢ par action, l’an dernier, malgré une croissance de 7,7 % des revenus, lesquels ont atteint 11,6 milliards.

1 commentaire
  • Germaine Blanchette - Inscrit 5 juin 2012 15 h 13

    Je me demande...

    Comment peut-on justifier un salaire de 4 millions par année?
    Même s'il travaillait 80 heures par semaine, 52 semaines par année (ce dont je doute), Monsieur facturerait encore 961,54 $ l'heure pour ces résultats qui sont bien moins miraculeux que son salaire.