CAE met à pied 300 employés


	La moitié des employés de CAE travaillent au Canada, dont 3636 à Montréal et quelque 200 ailleurs au Québec.
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi
La moitié des employés de CAE travaillent au Canada, dont 3636 à Montréal et quelque 200 ailleurs au Québec.

Invoquant la réduction des budgets militaires en Europe, le fabricant de simulateurs de vols CAE a annoncé hier sa plus importante vague de licenciements en près de trois ans. L’entreprise montréalaise supprimera 300 postes administratifs et de soutien, soit un peu moins de 4 % de son effectif total de 8000 employés.

Environ 90 des postes touchés sont situés à Montréal. Les autres sont en Europe, principalement en Allemagne. Les compressions des gouvernements européens se traduisent par « un niveau d’activité plus faible » sur ce continent, d’où la nécessité, pour l’entreprise, de « réorienter [ses] ressources et [ses] capacités », a-t-elle indiqué hier par voie de communiqué.


La moitié des employés de CAE travaillent au Canada, dont 3636 à Montréal et quelque 200 ailleurs au Québec.


En 2009, l’entreprise avait licencié 700 travailleurs pour affronter la récession mondiale. Une bonne partie d’entre eux ont toutefois été rappelés au cours des dernières années. C’est sans compter qu’en 2011, CAE a créé 250 emplois au Québec, a indiqué hier le grand patron de l’entreprise, Marc Parent, au cours d’une téléconférence avec les analystes financiers. CAE promet de verser des indemnités de départ « appropriées » aux employés qui seront licenciés. À cet effet, une charge de restructuration de 25 millions sera comptabilisée au cours du premier semestre de l’exercice 2012-2013, qui a débuté le 1er avril.


Malgré les difficultés dans le secteur militaire en Europe, les affaires de CAE se portent généralement bien. À son quatrième trimestre, qui a pris fin le 31 mars, l’entreprise a enregistré des profits nets de 53,2 millions (21 ¢ par action), en hausse de 16,9 % par rapport aux 45,5 millions (18 ¢ par action) dégagés pendant la même période de l’an dernier. Le chiffre d’affaires a grimpé de 9 % pour atteindre 506,7 millions. Les revenus des secteurs civils ont crû de 9 % pour se chiffrer à 215,4 millions alors que ceux provenant des secteurs militaires ont augmenté de 4 % pour atteindre 267,1 millions. Quant aux revenus issus des « nouveaux marchés », ceux des mines et de la santé, ils ont bondi de 118 % pour s’établir à 24,2 millions.


La marge bénéficiaire est passée de 17,6 à 20,6 % dans les secteurs civils, mais elle a reculé dans les secteurs militaires, passant de 17,9 à 17,1 %. Les secteurs des mines et de la santé ont essuyé une perte d’exploitation de 1,2 million au quatrième trimestre, contre 1,3 million au trimestre précédent. L’analyste Cameron Doerksen prévoit que ces secteurs atteindront le seuil de rentabilité pendant l’exercice en cours.


Pour l’ensemble de l’exercice qui vient d’être clos, les profits nets ont totalisé 180,3 millions (70 ¢ par action), en hausse de 12,5 % par rapport aux 160,3 millions (62 ¢ par action) engrangés pendant l’année précédente. Les revenus annuels se sont élevés à 1,82 milliard, en progression de 11,7 %. « Nous avons eu une croissance solide des revenus et des marges dans notre secteur civil avec des commandes records. Et malgré les difficultés rencontrées, notre secteur militaire a clôturé l’exercice avec des prises de commandes solides, une croissance soutenue des revenus et de bonnes marges opérationnelles », a déclaré M. Parent dans un communiqué.


Du côté militaire, CAE dit avoir reçu un « niveau record » de commandes aux États-Unis. L’entreprise soutient que ses occasions d’affaires dans les secteurs militaires demeurent « importantes ». « Comme le démontrent nos prises de commandes enregistrées cet exercice, les contrats proviennent de plus en plus des régions en forte croissance comme l’Asie et le Moyen-Orient, qui modernisent leurs forces », a relevé CAE.

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