Des manifestants ciblent Power Corporation - Les Desmarais cherchent à minimiser l’étendue de leur pouvoir

Quelques-uns des administrateurs de Power Corporation: Paul Desmarais fils, Anthony R. Graham, André Desmarais et Henri-Paul Rousseau.
Photo: - Le Devoir Quelques-uns des administrateurs de Power Corporation: Paul Desmarais fils, Anthony R. Graham, André Desmarais et Henri-Paul Rousseau.

Ciblée par des protestataires hier, la famille Desmarais a cherché à minimiser l’importance de son influence politique. Quelques dizaines de personnes, parmi lesquelles on trouvait des étudiants et des militants anticapitalistes, ont manifesté devant l’hôtel du Vieux-Montréal où se tenait l’assemblée annuelle de Power Corporation.

À l’issue de la réunion, qui a mobilisé des dizaines de policiers, Paul Desmarais fils a qualifié de « ridicule » l’idée que sa famille puisse « tirer les ficelles » dans le monde politique. Il a assuré que les Desmarais donnent leur avis aux gouvernements seulement lorsque ceux-ci les sollicitent dans le cadre de consultations ministérielles.


« On ne trouve pas que c’est notre rôle de commencer à dire aux gens quoi faire et comment le faire. On élit des gens […] et c’est à eux de gouverner le Canada et le Québec. […] Les seuls moments où on fait des commentaires, c’est quand on nous les demande », a déclaré M. Desmarais en déplorant les propos véhéments de certains manifestants à l’encontre de sa famille, la plus riche du Québec. « C’est très, très malheureux […] parce que je pense que nous avons à coeur l’avenir de la société », a-t-il affirmé.


Le dirigeant s’est dit « préoccupé » par les grèves étudiantes qui secouent le Québec depuis plus de trois mois et il a souhaité que le conflit se règle bientôt. Tout en refusant de se prononcer directement sur la hausse des droits de scolarité, il a estimé que « tout le monde doit faire sa part » en ce qui a trait au coût des études supérieures. Le frère de Paul Desmarais fils, André, a quant à lui indiqué qu’il n’abordait pas« nécessairement » des questions d’affaires ou de politique avec les personnalités qu’il invite à Sagard, le luxueux domaine familial situé dans Charlevoix. « Quand les gens viennent chez nous, vous savez, on peut s’amuser, on peut avoir un peu de plaisir dans la vie », a lancé André Desmarais.


Paul Desmarais fils a par ailleurs refusé hier de commenter la défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle française. La célèbre famille est très proche de M. Sarkozy.


Abordant les activités médias de Power, André Desmarais a estimé « fort possible » que le portail Web de Gesca, LaPresse.ca, devienne un jour payant. Le New York Times a instauré un « mur payant » sur son site il y a quelques mois alors que le Globe and Mail vient d’annoncer son intention de faire de même. Quant au projet iPad du quotidien La Presse, dans lequel Gesca investit massivement, son succès dépendra de la volonté ou non des lecteurs de payer pour s’y abonner, a noté M. Desmarais. « Notre première ambition, c’est de survivre », a-t-il dit en parlant de Gesca. Du même souffle, il a soutenu que la « révolution technologique » actuellement en cours représentait « une opportunité exceptionnelle » pour la filiale.


Power Corporation a par ailleurs annoncé hier ses résultats du premier trimestre, qui a pris fin le 31 mars. Les profits nets ont atteint 264 millions (57 ¢ par action), comparativement à 216 millions (47 ¢ par action) pendant la même période de 2011.

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