Négociation d'une première convention collective dans deux dépanneurs - Couche-Tard et la CSN en arbitrage

Aux yeux de la CSN, la fermeture brutale il y a un an du dépanneur Couche-Tard à l’angle de Saint-Denis et de Beaubien ne pouvait pas passer inaperçue. Une manifestation a été organisée hier en face du local qu’occupait le dépanneur dont les employés venaient d’adhérer à la CSN quand les propriétaires ont décidé de mettre la clé sous la porte.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Aux yeux de la CSN, la fermeture brutale il y a un an du dépanneur Couche-Tard à l’angle de Saint-Denis et de Beaubien ne pouvait pas passer inaperçue. Une manifestation a été organisée hier en face du local qu’occupait le dépanneur dont les employés venaient d’adhérer à la CSN quand les propriétaires ont décidé de mettre la clé sous la porte.

La négociation d'une première convention collective pour les employés des magasins Couche-Tard de Saint-Liboire et de Saint-Hubert se fera désormais devant des arbitres nommés par le ministère du Travail.

La CSN, qui jusqu'ici a réussi à faire syndiquer cinq succursales, dont deux qui ont fermé leurs portes l'an dernier, a fait cette annonce hier alors que d'anciens employés de la compagnie manifestaient devant l'ex-magasin situé à l'angle des rues Saint-Denis et Beaubien pour commémorer sa fermeture survenue le 6 avril 2011.

La nomination d'un arbitre dans une négociation de convention collective est souvent vue comme un moment charnière dans les tractations. Entre autres, elle amène les parties à soumettre des preuves pour étayer leurs demandes et leur permet de faire témoigner des experts afin de convaincre l'arbitre, qui doit ensuite imposer une convention.

L'arrivée d'un arbitre dans le dossier du magasin de Saint-Liboire — une énorme succursale située en bordure de la 20 près de Saint-Hyacinthe, qui compte cinq caisses et une trentaine d'employés — survient alors que Couche-Tard dit vouloir le vendre.

Il y a un mois, l'entreprise avait indiqué son intention de le refiler à un franchisé, mais avait ajouté que cela «ne remet pas en question la syndicalisation» du magasin. Couche-Tard n'avait pas précisé la raison de ce geste. Selon le ministère des Transports, le débit quotidien à cet endroit de la 20 est de 45 000 véhicules.

Selon la CSN, plusieurs questions sont déjà réglées à la table de négociations de Saint-Liboire, mais «deux enjeux majeurs restent en litige et seront réglés par l'arbitre: les augmentations de salaire et les échanges de quart de travail entre les employés», une pratique que Couche-Tard voudrait abolir. Il a été impossible d'obtenir les commentaires de Couche-Tard.

Couche-Tard et la CSN sont présentement devant la Commission des relations du travail (CRT) au sujet de plaintes concernant la fermeture des deux succursales à Montréal au printemps et à l'automne de 2011. Jusqu'ici, la CSN a fait témoigner la conseillère syndicale qui coordonne la campagne, Sylvie Joly, mais aussi d'ex-employés. Les audiences doivent reprendre la semaine prochaine.

Alors que la CSN affirme essentiellement que ces succursales ont été fermées pour empêcher que le mouvement syndical ne se poursuive, la compagnie soutient qu'ils l'ont été purement pour des motifs de non-rentabilité.

La succursale de Saint-Liboire, que la CSN croit être la plus grosse au Québec, a reçu son accréditation syndicale en avril 2011, tout comme celle de l'arrondissement de Saint-Hubert à Longueuil. L'autre magasin syndiqué est situé à Pierrefonds, dans l'ouest de l'île de Montréal.