Événements coopératifs - 2012 sera festif

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En plus du Sommet international des coopératives en 2012, plusieurs événements viendront souligner à leur manière l'Année internationale des coopératives. Le Conseil canadien de la coopération et de la mutualité en dénombre plus d'une trentaine qui se tiendront en territoire québécois. En voici quelques-uns.

Ce sont les 18 et 19 avril que se tiendra le congrès de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), au Centre de congrès et d'exposition de Lévis. On compte au Québec une quarantaine de coopératives forestières. «C'est une situation unique au monde que le Québec ait autant de coopératives forestières, explique Jocelyn Lessard, directeur général de la FQCF. Notre part du marché est de 35 % dans le secteur de la sylviculture et de 25 % dans celui de la récolte.»

Ce congrès se tient à un moment-charnière dans l'industrie forestière, qui non seulement a connu des années difficiles, mais qui est aujourd'hui confrontée à de nouveaux défis. D'ailleurs, le thème du congrès est «Main-d'oeuvre et nouveau régime forestier, préparons-nous!». «Il y a d'abord la nouvelle Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier qui entre en vigueur en 2013 et qui vient modifier la façon de faire. Les coopératives forestières doivent s'y adapter.»

Et il y a aussi la pénurie de main-d'oeuvre. «La crise des dernières années a fait perdre à l'industrie forestière beaucoup de travailleurs. Comment les remplacer? De plus, la crise a fait en sorte que moins de jeunes se sont inscrits aux programmes de formation en foresterie. Il faut que les coopératives forestières renforcent leur gestion de la main-d'oeuvre afin d'attirer et de retenir les travailleurs, ce qui leur permettra, lors de la reprise, de conserver, sinon augmenter, leurs parts de marché. Il faut aussi expliquer aux futurs travailleurs forestiers que, en travaillant pour une coopérative, ils ne sont pas seulement des travailleurs mais aussi des actionnaires. C'est un avantage intéressant.»

Congrès des coopératives au Canada

C'est du 27 au 29 juin que se tiendra le Congrès des coopératives au Canada, à l'hôtel Sheraton de Montréal. Ce congrès est organisé conjointement, pour la troisième année consécutive, par le Conseil canadien de la coopération et de la mutualité (CCCM) et la Canadian Cooperation Association (CCA). S'y retrouveront des coopératives anglophones du Canada, des coopératives francophones du Québec, mais aussi des coopératives francophones hors Québec.

«Nous représentons des coopératives francophones dans huit provinces canadiennes, dont le Québec, explique Michaël Béland, porte-parole du CCCM. On l'ignore peut-être, mais le mouvement coopératif est très présent dans les communautés francophones hors Québec, davantage que ne l'est le mouvement coopératif chez les anglophones canadiens. La raison est historique. Comme ces communautés vivaient en contexte minoritaire, c'est vers le mouvement coopératif qu'elles se sont tournées pour se donner une chance et assurer leur développement.»

Et, puisqu'il s'agit de l'Année internationale des coopératives, l'édition 2012 du Congrès des coopératives au Canada sera plus relevée. «Nous sommes présentement en négociations avec des conférenciers de renommée internationale. Nous allons aussi inviter au congrès des conférenciers qui ne proviennent pas obligatoirement du mouvement coopératif ou mutualiste. Une des questions que nous allons soulever porte sur la perception du mouvement coopératif et mutualiste qu'ont les autres acteurs de la société. Par exemple, comment sommes-nous perçus par les médias?»

Sommet international des coopératives funéraires

C'est à Québec, du 6 au 8 octobre, que se tiendra le Sommet international des coopératives funéraires, organisé par la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ). «C'est non seulement une première québécoise, mais aussi une première mondiale, car c'est la première fois que les coopératives funéraires du monde se réunissent dans un même forum, explique Alain Leclerc, directeur général de la FCFQ. D'ailleurs, le défi, en organisant le sommet, fut de faire la recension des coopératives funéraires. Même l'Alliance coopérative internationale n'avait aucun chiffre. On savait qu'il y en avait en Angleterre et en Suède, mais on en a trouvé plusieurs en Amérique du Sud, en Espagne et même aux Philippines.»

La FCFQ représente 25 coopératives funéraires. «Nous occupons 15 % du marché au Québec, davantage que n'importe quelle entreprise privée de services funéraires. Ce qui fausse la perception de notre position sur le marché, c'est notre absence du marché montréalais, là où se produisent la moitié des décès au Québec. Mais, dans certaines régions, notre part de marché peut atteindre plus de 40 %.»

Le Sommet international des coopératives funéraires visera deux objectifs. «On veut d'abord faire valoir à l'ensemble du mouvement coopératif l'importance et le rôle des coopératives funéraires. Nous avons d'ailleurs commandé une étude à des chercheurs de l'Université de Sherbrooke portant sur l'impact financier et économique des coopératives funéraires. Le Sommet sera aussi l'occasion de partager entre nous les savoir-faire et les outils de coopératives funéraires provenant de différentes régions du monde. C'est aussi le premier pas dans la mise en place d'un réseau mondial des coopératives funéraires.»

En vrac

Mentionnons en vrac d'autres événements dignes d'intérêt. À Lévis, du 24 au 27 avril, se tiendra l'Université d'été du Groupe d'économie solidaire du Québec. Le congrès de la Fédération des coopératives d'alimentation du Québec aura lieu au Château Mont Sainte-Anne, du 1er au 3 juin. Le Forum coopératif du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité se tiendra le 8 octobre à Lévis. Même la Chambre de commerce du Montréal métropolitain sera de la partie en organisant, en novembre prochain, un débat portant sur la coopération.

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Collaborateur du Devoir