Une année catastrophique - Lloyd's accuse une perte de 818 milllions

Le tsunami et l’accident nucléaire au Japon figurent au nombre des catastrophes ayant coûté cher aux assureurs.<br />
Photo: Archives Reuters Le tsunami et l’accident nucléaire au Japon figurent au nombre des catastrophes ayant coûté cher aux assureurs.

Londres — Les Lloyd's de Londres ont plongé dans le rouge en 2011, victimes de la pire année pour les sinistres causés par des catastrophes naturelles depuis la création, il y a 324 ans, de ce vénérable marché de l'assurance.

L'année dernière a en effet été marquée par un nombre exceptionnel de désastres: inondations en Australie en janvier, tremblement de terre en Nouvelle-Zélande en février, tsunami et catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon le mois suivant, puis début des inondations en Thaïlande en juillet.

La saison des ouragans dans l'Atlantique nord a aussi été particulièrement violente, avec notamment Irène, qui a touché les grandes villes de la côte Est des États-Unis.

En conséquence, la perte avant impôt des Lloyd's a atteint 516 millions de livres (environ 818 millions $CAN) sur l'exercice, contre un bénéfice de 2195 milliards de livres en 2010.

C'est sa deuxième plus grosse perte annuelle après celle enregistrée en 2001, l'année des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Le marché spécialisé londonien avait enregistré une perte record de 3,1 milliard de livres.

«L'année 2011 a été difficile pour le secteur de l'assurance. Nos pertes ne constituent toutefois pas une surprise compte tenu de l'ampleur des sinistres», a relativisé le directeur général, Richard Ward.

Les Lloyd's ont réussi à dégager un bénéfice au second semestre, mais pas assez grand pour combler le trou creusé sur les six premiers mois de l'année, qui ont concentré nombre de désastres.

Ceux-ci ont provoqué au total pour 435 milliards de dollars de dégâts en 2011 dans le monde, un record absolu en matière de catastrophes naturelles, selon les estimations du courtier américain Aon.

Sur cette facture, les assureurs doivent acquitter 107 milliards de dollars. Seule l'année 2005, avec le passage de l'ouragan Katrina qui avait dévasté La Nouvelle-Orléans, avait été plus coûteuse pour l'ensemble du secteur.

À elles seules, les Lloyd's de Londres ont dû débourser l'an passé 4,6 milliards de livres pour dédommager des dégâts liés à des catastrophes naturelles. C'est le plus haut niveau enregistré en 324 années d'histoire des Lloyd's, un marché unique au monde créé en 1688.

Les entreprises et particuliers voulant s'assurer pour des dommages non couverts par les assureurs traditionnels peuvent y souscrire auprès de dizaines d'assureurs spécialisés qui se partagent les risques. Le marché, qui appartient à ses membres, n'est pas coté en Bourse.

Pour ajouter aux difficultés de l'an dernier, ses investissements ont souffert des turbulences sur les marchés financiers, qui devraient se poursuivre.

«2012 va inévitablement nous confronter à des difficultés. Les taux de rendement demeurent bas sur les marchés et il est clair qu'il n'y a pas d'amélioration importante de l'environnement pour les investisseurs dans un avenir prévisible», a commenté M. Ward.

Malgré tout, les Lloyds ont souligné conserver une assise financière solide, avec des actifs qui sont restés à peu près stables.
1 commentaire
  • Pierre Vincent - Inscrit 30 mars 2012 04 h 53

    Des profits mirobolants en 2010...

    Bien que la LLoyd's de Londres (ou les LLoyd's de Londres) ait assumé seulement un peu plus de 1 % des dommages cités au cours de la dernière année, soit 4,6 milliards de $ sur un total de 435 milliards de $ de dégâts, je ne m'inquiète pas trop pour eux. En effet, vous citez un bénéfice de 2195 milliards de livres en 2010, de quoi survivre encore au moins un autre 324 ans...

    (Je pense qu'il aurait plutôt fallu écrire 2,2 milliards de livres)...