BioChem Pharma - Les laboratoires pourraient survivre

Condamnés à la fermeture au début du mois sans aucune forme de procès, les laboratoires de l'ex-BioChem Pharma pourraient bénéficier d'un sursis, voire d'une certaine clémence. Du moins, le tout-Montréal biopharmaceutique, mobilisé pour l'occasion, croit que la britannique Shire, qui s'en tient toujours officiellement au plan original, pourrait faire preuve d'ouverture. Des options ont été retenues hier, devant jeter les bases de discussions d'affaires.

On espère que la date du 5 septembre, date butoir retenue pour amorcer le processus de fermeture des laboratoires lavallois et la mise en vente des installations en pièces détachées, ne tienne plus. «Du moins, nous avons fait un bon bout de chemin. Après examen et analyse des options possibles, il devrait y avoir une démarche. Puisqu'il y aura discussions d'affaires, nous entrons dans le domaine de la confidentialité», a résumé Gervais Dionne.

Cofondateur de l'ex-BioChem Pharma, le Dr Dionne est immédiatement monté aux barricades après la décision de la britannique Shire de fermer son unité de recherche thérapeutique de Laval sans même rechercher préalablement un repreneur éventuel. Cette décision de fermer, annoncée le 31 juillet dernier, faisait partie d'une revue stratégique et d'un recentrage autour des activités de base de Shire: la commercialisation de produits pharmaceutiques auprès des médecins spécialistes. Elle survenait quelque deux ans après que l'ex-fleuron québécois, père de l'antisida 3TC, fut passé aux mains de la britannique dans le cadre d'une transaction évaluée à six milliards.

«Grosse perte»

La disparition de cette unité de recherche, qui abrite 120 professionnels, a été qualifiée de «grosse perte pour la communauté scientifique québécoise» par le Dr Dionne, qui a réussi à mobiliser tous les intervenants de la région de Montréal dans une course contre la montre afin d'accoucher d'une solution alternative à la fermeture. De nombreuses réunions ont été tenues, dont une hier à laquelle participaient des représentants des deux paliers de gouvernement. «Ç'a été une bonne rencontre. Diverses options ont été discutées. Il va y avoir une démarche impliquant des discussions d'affaires», s'est contenté de dire Gervais Dionne, qui a ajouté qu'une participation financière du gouvernement québécois à une éventuelle opération de sauvetage «n'avait pas été discutée».

Dans le cadre de ce processus, le Dr Dionne a rencontré la haute direction de Shire au Canada. Il a retenu qu'il y avait ouverture de la part de la britannique, qu'elle était prête à apporter son aide. Mais pour la porte-parole de Shire, Michèle Roy, il faut éviter toute extrapolation, et encore plus tout optimisme ou excès d'optimisme. En effet, le plan original demeure, insiste-t-elle. «La décision annoncée le 31 juillet ne change pas. Il n'y a pas de retour. Il y aura fermeture de la recherche thérapeutique chez Shire. Nous avons dit, dès le début, que nous ferons tous les efforts pour aider nos employés à retrouver un emploi, que nous sommes prêts à appuyer ou à regarder toutes les démarches pouvant être faites en ce sens-là et s'inscrivant au delà des indemnités de départ.»

Michèle Roy a souligné à grands traits qu'«aux indemnités de départ qui seront versées s'ajoutent les efforts de Shire visant à aider les employés touchés à se relocaliser».