La tablette redéfinie

Tim Cook: «Tout le monde se demande qui arrivera à sortir un produit supérieur à l’iPad 2. Plus la peine de se poser la question: c’est nous.»
Photo: Agence France-Presse (photo) Kevork Djansezian Tim Cook: «Tout le monde se demande qui arrivera à sortir un produit supérieur à l’iPad 2. Plus la peine de se poser la question: c’est nous.»

San Francisco — Le groupe informatique Apple a présenté hier «le nouvel iPad» — son nom officiel —, une mise à jour de sa tablette informatique offrant principalement plus de puissance, la possibilité de se connecter aux réseaux cellulaires 4G et une qualité d'image encore améliorée.

Attendu en magasins le 16 mars dans neuf pays, dont les États-Unis, la France et le Canada, ainsi qu'à Hong Kong, le nouvel iPad garde le prix d'entrée de gamme de 499 $US pour le modèle à 16 gigaoctets connecté par wifi seulement — un prix auquel les consommateurs s'étaient habitués avec les versions précédentes. Les modèles reliés aux réseaux cellulaires 4G seront vendus de 629 à 829 $US.

Dans un geste pour les mobinautes voulant dépenser moins, l'ancien iPad 2 sera vendu dans une version wifi seule à 399 $US, ou à 529 $US en version 3G — tout de même encore plus cher que des appareils concurrents comme le Kindle Fire d'Amazon, vendu 199 $US aux États-Unis (en version wifi seulement).

Tim Cook après Steve Job

Organisée dans un théâtre de San Francisco et retransmise à Londres par visioconférence, la présentation de ce nouveau produit représentait le plus gros événement médiatique d'Apple depuis le décès de Steve Jobs en octobre. Le directeur généra, Tim Cook, tout de noir vêtu, a été aussi grandiloquent que son prédécesseur.

«Tout le monde se demande qui arrivera à sortir un produit supérieur à l'iPad 2», a dit M. Cook. «Plus la peine de se poser la question: c'est nous. Le nouvel iPad redéfinit la catégorie avec des améliorations formidables.»

Apple a apporté des modifications attendues, comme une qualité d'image améliorée avec l'écran «retina display», qui équipe déjà ses iPhone les plus récents. La qualité de la caméra a également été améliorée, avec une résolution de 5 mégapixels et un stabilisateur vidéo.

En revanche, l'assistant personnel à commande vocale Siri, qui a fait ses débuts sur l'iPhone à l'automne, n'a pas migré sur l'iPad. La nouvelle tablette est seulement dotée d'une nouvelle touche «micro» sur le clavier virtuel, qui enclenche un programme de dictée fonctionnant en anglais, en français, en allemand et en japonais.

Sous le capot, l'appareil, qui garde la même autonomie de 10 heures, fonctionne avec un nouveau processeur baptisé A5X quadricoeur, indispensable notamment pour assurer la qualité d'image requise. Il est un peu plus lourd et épais que son prédécesseur (635 g au lieu de 589 g, 9,4 mm au lieu de 8,8 mm).

Le système d'exploitation est par ailleurs rafraîchi, avec la sortie de iOS 5.1 accessible dès hier pour la gamme d'appareils portables d'Apple, une nouvelle version qui permet notamment l'utilisation de Siri au Japon.

Pour Michael Gartenberg, analyste au cabinet Gartner, «ce n'est pas le processeur quadricoeur qui va faire vendre cet appareil, ce sont les nouvelles applications». Pour lui, «les mises à jour de GarageBand [pour l'édition de musique], iMovie, et le nouveau iPhoto vont porter» la nouvelle tablette.

Apple TV

Apple a également présenté hier un nouveau boîtier Apple TV, avec une interface simplifiée, pour renforcer sa présence sur le segment de la télévision connectée à Internet. Il sera vendu 99 $ aux États-Unis, soit le prix du modèle existant.

Tim Cook, dont certains se demandaient s'il saurait apporter «l'étincelle» propre à Steve Jobs, «a été très bien», a jugé M. Gartenberg, interrogé par l'AFP. «Il a fait ce qu'il avait à faire, mais nous avons vu plus de dirigeants de l'équipe Apple» que du temps du légendaire fondateur du groupe, car «Apple ne se résume pas à un individu».

Du côté des développeurs, le directeur exécutif de l'association du secteur ACT, Morgan Reed, a relevé que l'écran «retina display» représentait une difficulté, car la plus grande résolution «doublera la taille de nombreuses applications». Certaines ne pourront plus être achetées qu'en wifi selon lui, faute de fréquences cellulaires disponibles.

À voir en vidéo