La troïka salue l'effort portugais

Lisbonne — Le Portugal a obtenu hier un nouveau satisfecit de ses créanciers pour la mise en œuvre des réformes recommandées en contrepartie d'un prêt de 78 milliards d'euros, même si des doutes subsistent sur la capacité du pays à relancer son économie.

«Ce résultat positif illustre notre capacité à appliquer un programme exigeant en dépit de l'évolution défavorable du contexte environnant», a déclaré le ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar, à l'issue de la troisième évaluation trimestrielle de la troïka (FMI-UE-BCE) représentant les bailleurs de fonds du Portugal. Le satisfecit de la troïka va permettre le versement prochain d'une nouvelle tranche d'aide de 14,9 milliards d'euros.

«Après trois examens réguliers conclus avec succès et quatre versements, nous aurons reçu de nos partenaires internationaux 48,8 milliards d'euros, dont 4,3 milliards réservés à la recapitalisation des banques», a détaillé M. Gaspar.

Le plan d'aide au Portugal «est en bonne voie mais des défis persistent», ont estimé de leur côté l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international dans un communiqué conjoint. «Les mesures sont globalement appliquées comme prévu et l'ajustement économique est en route», a estimé la Troïka.

Une évaluation positive des créanciers du Portugal était d'autant plus attendue que le gouvernement de centre droit a multiplié les efforts pour rassurer ses créanciers et marquer sa différence avec la Grèce, constamment au bord du gouffre.

Le gouvernement de centre droit du premier ministre Pedro Passos Coelho peut notamment mettre à son actif le lancement prometteur du processus de privatisations et d'une profonde réforme du code travail, obtenue après une concertation réussie avec les partenaires sociaux.

Saluant la mise en oeuvre des réformes «visant à augmenter la compétitivité, la croissance et l'emploi», la troïka a toutefois souligné que certaines d'entre elles n'avaient pas encore été achevées.

Troisième pays de la zone euro à bénéficier d'un plan de sauvetage financier, après la Grèce et l'Irlande, le Portugal s'est engagé à mettre en oeuvre un programme de rigueur et de réformes sur trois ans en échange du prêt accordé en mai 2011 par l'UE et le FMI.

Mais les mesures d'austérité — réduction des salaires des fonctionnaires, des retraites et des prestations sociales en plus d'une hausse généralisée des impôts — ont plongé le pays dans la récession. «Le processus d'ajustement progresse comme prévu, mais l'effort que nous devons faire est considérable», a souligné M. Gaspar tout en reprenant une prévision formulée auparavant par la Commission européenne et selon laquelle l'économie portugaise devrait cette année reculer de 3,3 % du PIB.

Le chômage, qui a atteint au dernier trimestre 2011 le chiffre record de 14 %, devrait s'établir à 14,5 % à la fin de l'année, a précisé M. Gaspar.

Ces mauvaises perspectives ont alimenté des craintes selon lesquelles le Portugal pourrait se voir contraint de demander soit une aide supplémentaire, soit un allongement des délais du plan d'aide soit, à l'instar de la Grèce, une restructuration de sa dette.

Nombre d'analystes estiment que le pays ne sera pas en mesure de revenir sur les marchés en septembre 2013, comme prévu par le plan d'aide. «Il s'agit d'une tâche difficile, qui exige confiance et crédibilité», a reconnu M. Gaspar, rappelant toutefois qu'en cas de difficulté extérieure, les partenaires du Portugal étaient disposés «à apporter un soutien supplémentaire».