Rapport de PricewaterhouseCoopers - Les banques canadiennes ont beau jeu, malgré quelques contrariétés

Le désir des ménages canadiens de réduire leur degré d'endettement pourrait se répercuter sur les résultats des principales banques du pays cette année, prévient PricewaterhouseCoopers. Les resserrements réglementaires et la fragilité de l'économie mondiale pourraient aussi compliquer leur vie, bien que cela ne les ait pas empêchées de faire de bonnes affaires jusqu'ici et que cela puisse continuer à leur réussir.

Une majorité de Canadiens (59 %) continuent de se dire à l'aise avec leur niveau d'endettement en dépit de toutes les mises en garde qui leur ont été faites ces derniers temps, rapporte notamment la firme de consultant dans ses perspectives de l'industrie bancaire canadienne pour 2012 dévoilées hier. «Cette confiance semble toutefois s'être ramollie durant la dernière année.» Presque les deux tiers (63 %) des 1200 répondants d'un sondage Léger Marketing disent aussi vouloir réduire cet endettement au cours de la prochaine année.

Ce ralentissement prévisible de la croissance des emprunts des ménages devrait normalement être compensé par la hausse attendue des investissements, et donc des emprunts, des entreprises canadiennes. Il se peut, toutefois, que la crise en cours dans la zone euro et la lenteur extrême de la reprise américaine incitent ces dernières à attendre encore un peu, pour voir.

Le rapport arrive alors que les banques canadiennes s'apprêtent à dévoiler les résultats de leur premier trimestre qui se terminait le 31 janvier. La Banque de Montréal ouvrira le bal, aujourd'hui, et sera suivie par la Banque Royale et TD, jeudi, la Banque Nationale, vendredi, puis les banques Scotia, CIBC et Laurentienne, la semaine prochaine.

Les analystes disaient douter hier qu'elles parviennent, cette année, à maintenir leur rythme de croissance des derniers mois en raison, notamment, de l'essoufflement des emprunts et des faibles taux d'intérêt qui compressent leurs marges de profit.

Tsunami réglementaire

Ces phénomènes se produisent alors que monte la critique contre la réforme des règles financières entreprise à la suite du fiasco de Lehman Brothers et consorts. Ce «tsunami de réformes réglementaires» augmente les coûts et le degré d'incertitudes auxquels sont confrontées les banques canadiennes, affirme PricewaterhouseCoopers. Le relèvement de la quantité et de la qualité des actifs que les banques devront conserver ainsi que l'ajout de nombreuses autres contraintes se traduiront fatalement en coûts d'adaptation, en frais de fonctionnement supplémentaires, en réduction de marge de profit et autres pertes d'occasion d'affaires. De plus, bien que ces réformes aient été convenues au sein de grands forums internationaux — comme le Conseil de stabilité financière à Bâle, en Suisse —, leur traduction en mesures concrètes a été laissée au soin de chaque gouvernement ouvrant ainsi la porte à la confusion et à la tentation d'aménager des avantages comparatifs à sa propre industrie.

«Les banques canadiennes ont continué de bien performer l'année dernière en dépit de la tourmente sur la dette souveraine en Europe et l'incertitude économique aux États-Unis, admet dans l'introduction du rapport Bill McFarland, président et chef de la direction de PricewaterhouseCoopers Canada. Elles ont rapporté des augmentations de revenus pour une troisième année consécutive. Plusieurs d'entre elles ont même enregistré des profits records.»

Quant à leur conformité avec les nouvelles règles financières internationales, elle ne devrait pas être trop difficile à atteindre, note-t-on plus loin dans le rapport. Leurs réserves d'actifs dépassent déjà les cibles qui doivent être atteintes pour 2019.

Occasion d'affaires


Cette situation plus que confortable pourrait même permettre aux banques canadiennes non seulement de se sortir d'affaire, mais aussi de tirer avantage des resserrements réglementaires et du contexte économique dont elles se plaignent, dit le rapport. Plusieurs de leurs concurrentes, notamment en Europe, seront tellement obnubilées par le défi de relever la quantité et la qualité de leurs actifs qu'elles auront bien peu d'appétit pour les projets d'investissements qui pourraient se présenter à elles. Cela laissera les banques canadiennes avec l'embarras du choix.

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Avec La Presse canadienne