Électroménagers - Une autre usine fermera; 700 emplois perdus

Jugée financièrement non «viable» par ses propriétaires, l'usine de sécheuses de Mabe Canada à Montréal sera fermée d'ici deux ans. Plus de 700 personnes perdront alors leur emploi, tandis que la production sera délocalisée au Mexique. Une décision qui a provoqué une onde de choc parmi les employés, visiblement surpris de l'annonce.

«Mabe Canada a fait des efforts extraordinaires et a exploré toutes les possibilités raisonnables afin de rendre l'usine de Montréal financièrement viable, a insisté Michael McCrea, vice-président des opérations canadiennes de Mabe Canada, par voie de communiqué. D'importants investissements ont été faits à l'usine depuis 2006, et Mabe Canada a travaillé étroitement avec ses employés afin d'instaurer des efficacités opérationnelles visant à accroître la productivité.» Mais les efforts n'auraient pas porté leurs fruits. Les pertes annuelles se chiffreraient à 15 millions, d'où la fermeture prévue pour 2014.

Deux facteurs ont, selon la direction, plombé la situation financière de l'usine: un dollar canadien particulièrement fort par rapport à la devise américaine et une baisse marquée de la demande de sécheuses aux États-Unis, où se dirigeaient 90 % des électroménagers — GE et Hotpoint — produits dans l'est de Montréal. Mabe a un chiffre d'affaires annuel de 4 milliards de dollars.

Quelles que soient les justifications de la partie patronale, la décision a pris les employés par surprise. «Ça a été un choc», a résumé Michel Ouimet, du syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier. Ce dernier juge par ailleurs «décevant» que la direction ne soit pas ouverte à discuter d'une possible relance de l'usine. Mais des rencontres sont prévues la semaine prochaine pour discuter des indemnités et de la question du régime de retraite.

La production de sécheuses sera «consolidée» à même d'autres usines existantes aux États-Unis et au Mexique, a mentionné l'entreprise à la fin du communiqué transmis aux médias. En juillet 2008, Mabe avait déjà annoncé le transfert d'une partie de sa production au Mexique, où les conditions de travail sont nettement en deçà de celles qui prévalent au Québec.

La direction a d'ailleurs fait valoir «qu'il n'y a pas de voie vers la rentabilité pour l'usine, même si celle-ci devait recevoir d'importantes subventions gouvernementales en combinaison avec des concessions salariales de la part du syndicat — l'écart est tout simplement trop important. Cela dit, la décision de fermer l'usine a été jugée nécessaire et est finale». En janvier 2009, Mabe avait déjà licencié 150 travailleurs parmi les quelque 850 qu'elle employait à l'époque, parce que le géant Home Depot avait cessé ses commandes de sécheuses.

La saignée manufacturière, au profit de juridictions beaucoup plus propices aux grandes entreprises du secteur, se poursuit donc. En décembre 2010, le géant Electrolux avait annoncé la fermeture de son usine de L'Assomption et le licenciement progressif de ses 1300 employés. Dans ce cas, la production doit être transférée à Memphis, au Tennessee, où les divers ordres de gouvernement lui ont promis différentes subventions totalisant 132 millions de dollars.

Dans le secteur des communications, la multinationale IQT annonçait en juillet dernier à ses 500 employés des centres d'appels de Laval et Trois-Rivières qu'ils perdaient leur emploi le jour même, sans préavis et sans recevoir leur dernier chèque de paie.
20 commentaires
  • basque - Inscrit 27 janvier 2012 05 h 40

    Electroménagers

    Un scandale de plus à mettre à l'actif d'une Compagnie qui a du faire fortune sur le sol Québécois,et qui, aujourd'hui, parce qu'elle n'a pas engragé "assez""de bénéfices(sic)ferme ses portes et licencie sans vergogne des ouvriers qui ont du donner pas mal de leur temps et de leur sueur lorsqu'ils étaient à son service...
    Québécois avant d'acheter une sécheuse si vous pouviez penser aux licenciés de cette Marque et en acheter une autre d'une autre marque,ce serait peut -etre votre façon de les... "soutenir" .Merci .

  • Normand Parisien - Inscrit 27 janvier 2012 08 h 02

    Réduire notre dépendance face au client américain.

    Le taux de chômage est élevé au pays de l'Oncle Sam qui fait tout ce qu'il peut pour rapatrier des emplois. Mêmes causes, mêmes effets, Electrolux (1300 employés) et Mabe (700 employés) auront droits au même traitement. Les accords de libre-échange mettent le Canada, les États-Unis et le Mexique presque sur le même pied. Lorsque les exportations vers notre client du sud, atteignent 90 % du chiffre d'affaires d'une entreprise, il ne faut pas s'étonner de ces déménagements attirés par d'alléchantes subventions vers le client principal.

    L'impact qu'auront ces fermetures sur les 2 municipalités variera beaucoup, car Montréal a beaucoup de grandes entreprises sur son territoire alors que L'Assomption est zonée agricole en grande partie avec une seule grande entreprise sur son territoire. Théoriquement, il faudrait diversifier nos marchés d'exportation, alors que géographiquement ce n'est pas aussi évident avec ce géant américain à notre frontière.

  • Airdutemps - Inscrite 27 janvier 2012 08 h 04

    Recherchés : esclaves

    Les entreprises sont de plus en plus à la recherche d'esclaves comme au temps de l'esclavage.

    Les États-Unis et le Mexique sont des terres de rêve pour des esclavagistes.

    Et j'encouragerais les boomers à les visiter en Floride et au Mexique. Le dollar canadien y est favorable. et qu'ils n'oublient surtout pas de revenir au Québec pour se faire soigner et engorger les bureaux de médecins et les urgences.

  • CLOUTIER - Inscrit 27 janvier 2012 08 h 25

    Ou sont nos politiciens?

    Il y a tellement de choses à dire sur ce sujet, qu'on pourrait en écrire une thèse. Nos politiciens, supposés être nos représentants n'ont rien déclaré hormis notre grand maire Tremblay qui a son habitude a été surpris et va créer un comité pour prendre des mesures à sa place... l'honnête Charrest lui doit surement être perdu au nord et Harper, toujours à l'ouest... Le pire, Mabe n'est pas un cas particulier il y en a eu d'autre avant et il y en auras d'autres après.
    Le libre échange, c'est l'égalisation des salaires avec le Mexique. C'est dur à entendre mais c'est réaliste. On est contrôlé par un capitalisme monétaire ou le potentiel humain et le savoir faire n'apparaissent pas aux états financiers. Le pire dans tout ça, c'est qu'au travers de nos fonds de pensions, on participe à ce genre de gestion. L'avenir manufacturier à Montréal me semble sombre...

  • Melkitsedeq - Inscrit 27 janvier 2012 08 h 59

    Belle intervention basque

    Je suis en accord avec vous mais les boycotts fonctionnent pas fort au Québec : Huyndai as fermé à Bromont on boycott...Regardez les ventes de cette marque aujourd'hui!
    Catbury...GM Boisbriand.. Électrolux!

    Assez brassé de mauvais souvenirs collectifs, il va juste nous rester à creuser notre trou dans une mine..


    Bonne fin de semaine !

    Christian
    Sherbrooke