À vendre ou pas? RIM garde le silence.

La direction de RIM aurait indiqué aux acheteurs intéressés qu'il n'est pas question pour l'instant de mettre la compagnie en vente, en totalité ou en morceaux détachés.
Photo: Archives Reuters La direction de RIM aurait indiqué aux acheteurs intéressés qu'il n'est pas question pour l'instant de mettre la compagnie en vente, en totalité ou en morceaux détachés.

Les noms de quelques entreprises qui cherchent à se donner un nouvel élan et c'est reparti. Deux articles sur foi de sources anonymes — un de l'agence Reuters, l'autre du Wall Street Journal — ont relancé hier le jeu de la spéculation concernant l'avenir de Research in Motion (RIM), dont la direction ne semble pas pressée de se réfugier dans les bras d'un repreneur.

Disant s'appuyer sur les dires de personnes au parfum du dossier, Reuters a lancé le bal hier matin en écrivant que le fabricant des BlackBerry a refusé les avances d'Amazon et d'«autres acheteurs potentiels» sous prétexte que la direction préfère régler ses problèmes toute seule.

Le Wall Street Journal en a rajouté une couche, allant même jusqu'à nommer Microsoft et Nokia. Au cours des derniers mois, celles-ci, selon le quotidien, auraient jonglé avec l'idée de déposer une offre d'achat conjointe.

Au 30 septembre, Microsoft avait environ 57 milliards en liquidités dans ses coffres, comparativement à environ 15 milliards pour Nokia. L'encaisse d'Amazon se chiffre autour de 6,2 milliards.

Avant la séance d'hier, la valeur boursière de RIM à la Bourse de Toronto était de 7 milliards. Il y a un an, c'était 31 milliards. La compagnie a perdu la confiance que lui accordaient jadis les investisseurs et les actionnaires, notamment en raison de retards de lancements et de la piètre performance de nouveaux produits comme la tablette PlayBook. Elle souffre aussi d'une impression persistante selon laquelle la direction manque de vision.

L'action avait perdu 78 % en un an. Jusqu'à ce que les deux articles d'hier lui donnent des ressorts. Dès l'ouverture, elle a bondi de 11 %. Au final, elle s'est installée à 14,09 $, soit un gain de 9 %.

La direction n'a pas commenté la tournure des derniers événements.

Se concentrer sur les appareils

Un analyste de la Financière Banque Nationale dont la note de recherche a été reprise par Canadien Press a estimé qu'une fusion ou une acquisition visant RIM est «très improbable» à court terme, en raison de l'incertitude qui plane sur elle.

Selon les sources anonymes citées par Reuters, la direction de RIM aurait indiqué aux acheteurs intéressés qu'il n'est pas question pour l'instant de mettre la compagnie en vente, en totalité ou en morceaux détachés. Aussi, le conseil aurait fait savoir aux cochefs de la direction, Mike Lazaridis et James Balsillie, qu'ils doivent surtout s'efforcer de redorer le blason de la compagnie en redonnant du tonus aux nouveaux téléphones et en procédant par restructuration.

Au cours de la dernière année, la compagnie a déjà posé des gestes de réorganisation et annoncé des licenciements. Au fil des trimestres, elle a aussi révisé ses perspectives financières à la baisse. Pour ajouter à ce contexte morose, des pannes à grande échelle ont ébranlé le service des utilisateurs, qui se chiffrent à environ 70 millions un peu partout dans le monde.

Les ventes de la tablette PlayBook ont été à ce point décevantes que la compagnie a dû réduire le prix pour stimuler l'intérêt des consommateurs. Elle a fini par inscrire une radiation de 485 millions au cours du dernier trimestre. Les cochefs de la direction ont coupé leur propre salaire, aujourd'hui de 1 $ par année.

«Mike et moi, en tant que deux des plus gros actionnaires de RIM, comprenons la réaction des investisseurs», a dit Jim Balsillie lors de la conférence téléphonique avec les analystes financiers la semaine dernière.