Sobeys rachète 250 stations Shell

Quand Shell a annoncé son intention de larguer ses 250 stations d'essence au Québec et dans les Maritimes, certains ont immédiatement nommé Couche-Tard à titre d'acheteur potentiel. Mais c'est le détaillant Sobeys qui remporte la mise, a annoncé hier l'épicier, en refusant toutefois de révéler le montant de la transaction.

Pour Shell, l'entente survient un peu plus d'un an après l'arrêt des activités à sa raffinerie de Montréal-Est, devenue un terminal de stockage qui reçoit de l'essence importée par bateau dans le cadre d'une stratégie consistant à diminuer sa capacité mondiale de raffinage.

Si le montant demeure confidentiel, selon Sobeys, c'est parce que la transaction, effectuée en argent comptant, est soumise à un processus de diligence raisonnable et que le nombre de stations «peut fluctuer» en raison de l'examen du Bureau de la concurrence.

Du coup, Sobeys, qui exploite l'enseigne IGA au Québec, devient un acteur interprovincial dans le commerce de l'essence. La compagnie exploite déjà un réseau de stations dans les Maritimes, mais leur nombre n'est que de 43, a indiqué hier la direction de Sobeys. Sur les 250 stations acquises, environ 200 sont situées au Québec. Les deux groupes espèrent pouvoir conclure la transaction en mars 2012.

Invité à dire si sa compagnie était obligée de laisser le nom de Shell sur les stations acquises, un dirigeant a préféré répondre par un engagement. «Notre intention, c'est de maintenir l'enseigne Shell. Elle est reconnue depuis de nombreuses années», a dit lors d'un entretien le président de l'unité d'exploitation IGA de Sobeys, Marc Poulin.

Shell a mis ses stations en vente au mois de mai 2011. Sobeys a entamé les discussions avec Shell peu après, a dit M. Poulin, qui a affirmé ne pas savoir si d'autres entreprises ont été dans la course. Prié de répondre à la même question lors d'une entrevue conjointe, le directeur du commerce de détail de Shell pour le Canada, David Saint-Laurent, a dit que le processus était confidentiel.

La vente de stations n'est pas la première pour Shell. En 2010, la société a vendu 700 points de vente en Grèce pour la somme de 300 millions. Là aussi, il était question du maintien de la marque. Un dirigeant de Shell avait dit que «ça s'inscrit dans notre intention de simplifier nos activités de détail et de nous concentrer sur les actifs intégrés et plus gros dans les marchés émergents».