Saint-Laurent intègre le développement durable à la vigueur industrielle

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Développement durable - Novembre 2011

La mairie de l'arrondissement Saint-Laurent a récemment reçu la plus haute distinction issue du programme Ici on recycle, soit l'attestation de performance de niveau 3, qui émane officiellement du gouvernement du Québec. La municipalité s'est résolument engagée de plusieurs autres façons dans la cause écologique depuis plusieurs années.

Maire de Saint-Laurent et vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Alan DeSousa dresse un bilan sommaire des efforts consentis: «Quand j'ai été élu maire il y a dix ans, Saint-Laurent était toujours reconnue comme la plus importante ville industrielle au Québec. Tout en n'essuyant aucune perte sur le plan de notre réputation comme un haut lieu des affaires, on a été capable depuis d'insérer les exigences et les valeurs du développement durable dans tous les projets en cours sur notre territoire.»

«Par conséquent, on a réussi à changer les politiques qui gèrent à peu près tous les aspects de la vie quotidienne des citoyens, poursuit-il. On est intervenu à la fois dans le développement industriel, commercial, résidentiel et institutionnel.»

Cette pratique se reflète dans des projets tangibles, précise-t-il. «Dans le secteur industriel, on peut se tourner vers l'essor qu'a connu le Technoparc Montréal Campus Saint-Laurent, où on conduit un projet écologique exemplaire à travers la nature dans la section Hubert-Reeves.»

Il signale d'autres réalisations: «Au mois d'août , on a lancé le tout premier parc industriel au Canada composé de bâtiments ayant obtenu la certification LEED; le Centre corporatif Saint-Laurent, du Groupe Montoni, s'inscrit dans l'application du Plan de développement durable de la Ville de Montréal et des orientations du gouvernement. On a aussi réalisé des avancées dans le transport en commun avec nos centres de gestion des déplacements. Voilà des exemples spécifiques et concrets de ce qui a été fait dans l'industriel, mais la même chose s'applique un peu partout dans les trois autres secteurs.»

Il prend le cas de la nouvelle bibliothèque dans le domaine institutionnel: «Il y a quelques mois, le projet s'est officiellement mis en branle et il sera construit conformément à la politique montréalaise de développement durable pour les édifices municipaux; Saint-Laurent vise pour ce nouveau bâtiment la certification LEED de niveau Or. Encore une fois, cette initiative montre comment on intègre le développement durable dans la vie quotidienne des citoyens.»

L'engagement citoyen


La volonté politique s'est manifestée dès le départ. «Le conseil municipal a d'abord clairement démontré son appui envers cette cause. Par la suite, la collectivité civile composée du milieu des affaires, des citoyens et de tous ses autres acteurs a embarqué avec nous en faisant preuve de beaucoup d'enthousiasme et d'énergie.»

Selon M. DeSousa, «il revient toutefois aux élus de déterminer les orientations sur plusieurs fronts en s'assurant que la société civile concernée non seulement adhère aux valeurs retenues, mais encore qu'elle s'approprie celles-ci pour les traduire dans l'exercice de sa vie quotidienne. Il n'y a pas que l'appropriation par les citoyens, que ce soit sur une base corporative ou individuelle, qui doit être prise en compte, mais elle sert à fournir un meilleur levier dans la réalisation des projets.»

Les secteurs privé et institutionnel deviennent de plus des partenaires en prenant des initiatives et en passant à l'action en matière de préoccupations écologiques de longue durée.

L'arrondissement agit

L'organisme Développement économique Saint-Laurent (DESTL) veille au cheminement du dossier. À titre de partenaire du Plan de développement durable de la collectivité montréalaise 2010-2015, il s'affaire notamment à participer à l'élaboration et à la mise en oeuvre du plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité montréalaise, à continuer à promouvoir le transport durable par des mesures incitatives, à contribuer au verdissement et à la réduction des îlots de chaleur. Il s'assure aussi d'implanter des mesures de réduction des déchets à la source et de promouvoir le recyclage.

Alan DeSousa apporte cet éclairage sur ce vaste plan d'action: «Presque tout ce que nous faisons pour le bien de notre collectivité commence en tenant compte du développement durable, que ce soit du côté de l'aménagement du territoire, de la protection des milieux naturels, de l'entretien et de la conservation de nos parcs et de nos espaces verts, de l'importance qu'on accorde au transport en commun et aux pistes cyclables, des efforts consentis pour construire des bâtiments LEED sur nos terrains, de notre intérêt pour promouvoir l'efficacité énergétique, de même que des nombreux efforts consentis pour protéger la biodiversité, réduire la consommation de l'eau et diminuer le volume des déchets dirigés vers les sites d'enfouissement.»

En fonction de la volonté d'agir, tous sont traités sur le même pied à Saint-Laurent: «On ne fait pas de distinction et on s'assure que ces orientations sont associées à toutes les étapes de chaque décision, de chaque geste, de chaque politique ou plan d'action.»

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Collaborateur du Devoir