TransCanada pourrait construire un premier tronçon du pipeline Keystone XL dès l'an prochain

Calgary - Alors qu'elle subit l'entrée en scène d'un concurrent, TransCanada pourrait entamer la construction d'une partie «urgente» de son oléoduc Keystone XL, temporairement bloqué par Washington, a affirmé hier un cadre de l'entreprise.

Une gigantesque réserve de brut stockée en Oklahoma exerce une pression à la baisse sur les prix du pétrole, et l'industrie veut rapidement l'envoyer vers les raffineries du golfe du Mexique pour voir le baril prendre de la valeur. TransCanada pourrait d'abord construire le tronçon menant de l'Oklahoma au golfe du Mexique, a proposé hier Alex Pourbaix, un dirigeant de TransCanada.

On ne sait pas encore si le département d'État accepterait la construction de ce tronçon. Son tracé est beaucoup moins controversé que le tracé complet, allant de l'Alberta jusqu'au sud-est américain. Dans le meilleur des cas, TransCanada pourrait entamer les travaux dès la nouvelle année, selon lui.

Le département d'État américain doit donner son autorisation à la construction de Keystone XL, car l'oéloduc traverserait la frontière canado-américaine. Washington devait annoncer sa décision d'ici la fin de l'année, mais a indiqué la semaine dernière qu'elle ne se positionnerait pas avant 2013.

L'élément le plus controversé de Keystone XL est son passage à travers des zones naturelles fragiles du Nebraska.

Enbridge

Les efforts pour libérer cet excès de brut au centre de stockage de produits pétroliers de Cushing, en Oklahoma, se sont intensifiés, hier, lorsque la société canadienne Enbridge a annoncé qu'elle paierait 1,15 milliard $US pour une participation de 50 % dans un pipeline en provenance de la côte du golfe du Mexique et qu'elle en renverserait le sens d'écoulement.

D'une longueur de 805 kilomètres, le pipeline Seaway permet actuellement l'acheminement à Cushing de brut livré par des pétroliers le long de la côte du golfe du Mexique — un trajet qui n'est plus vraiment logique compte tenu des importants volumes d'hydrocarbures en provenance des sables bitumineux de l'Alberta et de la formation géologique Bakken, en Saskatchewan, ainsi que dans les États du Montana et du Dakota du Nord.

Le renversement du sens d'écoulement de la canalisation Seaway permettra aux raffineries de la côte du golfe du Mexique d'avoir accès au pétrole de producteurs du milieu du continent nord-américain, a affirmé le président et chef de la direction d'Enbridge, Pat Daniel.

Enbridge, dont le siège se trouve à Calgary, acquiert sa participation de 50 % dans Seaway du géant texan du pétrole ConocoPhillips. La société canadienne sera partenaire d'Enterprise Products Partners . Les deux sociétés sont déjà partenaires dans le cadre du projet de canalisation Wrangler, devant couler de Cushing en direction de la côte du golfe du Mexique. Elles ont toujours l'intention d'aller de l'avant avec ce pipeline.

Les projets Seaway et Wrangler font concurrence au controversé pipeline Keystone XL de TransCanada, qui permettrait d'acheminer le brut des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à la côte du golfe du Mexique, en passant par Cushing.