Marchés boursiers - Un calme bienfaisant après une semaine éprouvante

Un certain calme était revenu sur les marchés boursiers de la planète, hier.<br />
Photo: Agence Reuters Brendan McDermid Un certain calme était revenu sur les marchés boursiers de la planète, hier.

Un calme relatif était revenu hier sur les marchés boursiers, les investisseurs misant sur une Grèce évitant le défaut de paiement et sur le départ du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi. La zone euro maintenait cependant une forte pression sur ces deux pays avec, dans la mire, une Italie faisant face à des coûts de financement insoutenables.

En Amérique du Nord, les Bourses ont fini en légère hausse hier, après une semaine dernière particulièrement éprouvante sur la scène politique européenne. Le Dow Jones a pris 85,15 points, pour terminer en hausse de 0,7 %, à 12 068,39. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a progressé de 0,6 %, ou de 7,89 points, à 1261,12.

À Toronto, une envolée du cours de l'or, de 35 $US à 1791,10 $US l'once, a poussé le S&P/TSX à 12 461,98, soit un gain de 53,73 points par rapport à vendredi.

Ailleurs, les Bourses européennes ont évolué en ordre dispersé. Paris et Francfort ont clôturé en recul de 0,6 %, tandis que Londres cédait 0,3 % et Madrid, 1,4 %. À l'opposé, la Bourse de Milan a progressé de 1,3 %, les investisseurs pariant sur une démission prochaine du gouvernement italien. La Bourse d'Athènes a gagné 1,4 %, alimenté par l'optimisme prudent des investisseurs au lendemain de l'accord conclu sur un gouvernement d'union nationale entre les socialistes au pouvoir et l'opposition de droite, chargé de mettre en oeuvre le plan européen de lutte contre la crise.

«C'est satisfaisant comme clôture, c'est une journée qui fait du bien par son calme», a commenté Gregori Volokhine, responsable du département actions de Meeschaert, disant avoir bon espoir «que petit à petit Wall Street parvienne à se distancer de la situation en Europe».

Afin d'illustrer cette baisse momentanée de tension, l'indice VIX, qui mesure la volatilité du S&P 500, est revenu hier légèrement sous la barre des 30 points. Cet indice de volatilité, aussi appelé «indice de la terreur», évolue généralement entre 10 et 30 points. Au-dessus de 30, nous entrons en territoire émotif, là où l'émotivité prend le dessus sur le rationnel.

L'élément-clé de la journée hier demeurait l'Italie, le gros des projecteurs étant braqué sur la troisième économie de la zone euro, qui croule sous le poids d'une dette de 1900 milliards d'euros. L'Italie est depuis plusieurs mois présentée comme le prochain État de la zone menacé par la crise de la dette après la Grèce.

L'inquiétude a poussé l'écart de rendement entre les obligations italiennes et allemandes à dix ans à un nouveau record de 480 points, alors que le taux d'emprunt italien atteignait les 6,67 % hier. Les économistes retiennent qu'un taux supérieur à 7 % priverait l'Italie d'accès aux marchés obligataires. Du moins, qu'un tel taux serait difficilement soutenable à plus ou moins brève échéance pour cette économie dont la dette publique atteint 120 % du PIB. «Les marchés sanctionnent l'Italie pour sa politique jugée laxiste, et visent le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Des rumeurs de démission ont d'ailleurs circulé dans la journée avant d'être démenties», retenait-on hier.

L'écart traduit également le choix des investisseurs pour la valeur refuge que représente l'Allemagne, économie forte de la zone. La Bundesbank a annoncé hier que le taux de rendement des bons du Trésor à six mois était tombé à 0,08 %. La banque centrale allemande a précisé avoir vendu pour 3,8 milliards d'euros lors d'une émission qui a attiré plus de deux fois plus d'offres.

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Avec l'Agence France-Presse