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Martial Rivard, un véritable passionné<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Martial Rivard, un véritable passionné

Martial Rivard, fondateur en 1994 de Nexio Technologies et toujours président et propriétaire de cette entreprise, qu'il a fait grandir au point qu'elle devrait atteindre cette année des revenus de 25 millions, considère avoir en main tous les outils pour que Nexio passe du statut de PME à celui d'une société de taille moyenne. Il est convaincu que, dans trois ans, son entreprise aura doublé son chiffre d'affaires actuel par sa seule croissance naturelle, ce qui ne l'empêche pas pour autant d'envisager l'idée de faire d'autres acquisitions, ce dont il a en quelque sorte l'habitude puisqu'il en a fait neuf en 17 ans.

Il ne le cache pas, son entreprise est sa passion. «Bon an mal an, je réinvestis 40 % des bénéfices de l'entreprise dans des acquisitions et 40 % dans le développement, mais je n'ai pas d'hélicoptère, ni de condo en Floride.» Il détient tout de même encore 99,9 % des actions et, à l'âge de 51 ans, il semble n'avoir qu'une seule autre passion, celle de la nage papillon qu'il pratique dans des compétitions internationales, mais pas aux Olympiques. En affaires comme dans le sport, il ne paraît donc jamais à bout de souffle.

Où en est-il en 2011? «La demande est très forte, mon seul défi est de recruter du monde. Il y a pénurie de personnel en informatique. La clé dans des compagnies comme la mienne, c'est de savoir comment attirer les jeunes, plusieurs s'en vont dans les entreprises de jeux», avoue-t-il. Les réseaux sociaux sont un bon moyen de rejoindre les candidats potentiels, et de plus en plus d'Européens veulent venir travailler ici. En outre, Nexio n'embauche plus uniquement des informaticiens. Elle se tourne maintenant vers des artistes, des gens de marketing et de promotion. Et pourquoi donc? Pour concevoir des produits qui permettront ensuite d'aller voir des clients pour leur dire qu'elle a la réponse à la question qu'ils vont se poser de plus en plus: «Qu'est-ce qui va faire que les consommateurs vont rester accrochés sur mon site Web?»

La vision de M. Rivard pour les années à venir est tout à fait limpide: «On n'est encore qu'aux balbutiements du commerce électronique; iTunes, le premier succès planétaire, va tuer tous les magasins de musique et, bientôt, ce sera au tour des magasins de vidéos et de livres. Et tout le reste du commerce va suivre. Il y a déjà l'exem-ple d'Expedia dans l'aviation. Il faut donc prendre la mesure des besoins des clients. On a un beau projet actuellement, avec plus de design et de marketing. Bientôt, on sera en concurrence avec Cossette.» En fait, les sites Web sont en train de prendre une dimension stratégique dans les entreprises en établissant des liens interactifs avec les clients, en contribuant à une gestion des relations avec eux. M. Rivard donne comme exem-ple fictif et simple une situation où Rona offrirait aux consommateurs des tracteurs pour la coupe du gazon en y ajoutant des rabais, mais, avec quelques liens, le site pourrait se modifier pour offrir des scies sauteuses avec d'autres rabais. «Actuellement, soutient le président, la situation est embryonnaire, les sites Web sont statiques.»

Une révolution informatique pour bientôt

Il fait sienne l'opinion prévenant les gens d'affaires de 50 ans et plus que la plus grande révolution informatique de leur carrière n'a pas encore eu lieu et que, dans les dix prochaines années, ils assisteront à la réécriture de tous leurs programmes informatiques pour que les infrastructures puissent être reliées aux iPod, iPad et autres machines qui n'existent même pas encore. Comment ces entreprises organiseront-elles leur publicité pour rejoindre les jeunes consommateurs?

La passion de M. Rivard pour son entreprise est d'abord et avant tout la passion pour les logiciels. C'est ce qui a incité Nexio à faire l'acquisition au fil des ans de plusieurs petites firmes, qui n'ont pas vraiment contribué à augmenter sa rentabilité, mais qui lui ont permis de mieux comprendre cet univers numérique et d'élargir la gamme de ses produits liés à Internet. Par exemple, c'est l'une de ces technologies qui a permis de diffuser sur le Web le voyage dans l'espace de Guy Laliberté, le président du Cirque du Soleil. Nexio, qui a essentiellement de grandes compagnies comme clients, notamment dans le milieu des banques et des assurances, diffuse sur Internet des assemblées annuelles et autres séances d'information pour ses clients.

En décembre 2010, M. Rivard a fait sa plus grosse acquisition, celle de Fusepoint, ce qui a fait augmenter de 60 % son chiffre d'affaires. Cette entreprise est fortement implantée dans la région de Québec et détient des applications notamment pour des clients gouvernementaux, ministères ou sociétés parapubliques. Les coûts de cette acquisition ont été remboursés en six mois! L'arrivée de Fusepoint lui a donné une masse critique suffisante pour ouvrir à Montréal un nouveau centre de développement de logiciels, qui compte maintenant plus de 50 employés.

En mars dernier, Nexio annonçait une entente avec Google qui lui accordait un statut de revendeur autorisé, le seul au Québec et l'un des trois au Canada à détenir un tel partenariat. Selon cet accord, Nexio peut fournir les «Google Apps», c'est-à-dire des applications bilingues, tout en offrant, si désiré, des services en matière d'implantation, de migration et de soutien. Il s'agit en fait d'applications Web en nuage. Pourquoi le géant Google a-t-il porté son choix sur cette petite entreprise? «Parce qu'on était habitués à faire de l'immigration. Beaucoup de compagnies vont migrer de Microsoft à Google pour leurs systèmes et applications. Pensez aux gouvernements qui ont des centaines de milliers d'utilisateurs. Ceux-ci pourraient économiser beaucoup d'argent en allant sur des plateformes qui sont dans le nuage, comme celle de Google», répond M. Rivard, en soulignant que les courriels font partie de ces applications et qu'il n'y a présentement que deux grands fournisseurs à cet égard. «Le monde entier est sur les courriels de Microsoft et il y aura une migration vers le Gmail de Google», avance-t-il.

Nexio possède effectivement une expertise en matière de migration, puisque dans les douze premières années de son existence cette firme s'est spécialisée dans des changements et mises à niveau dans des systèmes existants. Puis, elle a progressivement élargi sa gamme de services en allant vers l'amélioration des plateformes, puis l'ajout de technologies et leur intégration dans des plateformes traditionnelles. Elle se positionne désormais comme un intégrateur technologique offrant des services de bout en bout, qui veut s'attaquer à des projets plus importants.

M. Rivard, qui a toujours été le seul maître à bord, n'écarte pas dorénavant la possibilité d'avoir recours à «un grand frère pour grandir plus vite». Toutefois, il n'est aucunement question de s'inscrire en Bourse, ce qui «détournerait les énergies». Il précise que ce grand frère devrait être plus qu'un partenaire financier, mais quelqu'un qui pourrait l'aider à percer de nouveaux marchés, aux États-Unis ou en Europe. Présentement, Nexio génère 90 % de ses revenus sur le marché québécois, et le reste aux États-Unis.

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Collaborateur du Devoir
3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 17 octobre 2011 09 h 32

    La terre et le monde devenu pensant

    Effectivement les communications sont l’avenir. Nous savons tous que traditionnellement les communications étaient monopolisées par une élite et qu’elles avaient beaucoup de travers, qu’elles étaient vulnérable à la maladie, au temps, a la température, à l’espace, etc. Aujourd’hui les communication ce sont démocratisées et sont devenues une affaire de sociétés. C'est-à-dire qu’avec internet les communications ce sont décuplées et n’ont plus de limites. La phase d’implantation étant presque terminée, nous assisterons bientôt à de nouvelles assises, c'est-à-dire à une sorte de transversalité des communications. La planète va devenir un énorme cerveau pensant. Nous en ressentons déjà les effets

  • Maco - Abonné 17 octobre 2011 13 h 25

    Cette fausse vérité du manque de main-d'oeuvre

    C'est vrai qu'il manque de main-d'oeuvre, c'est que le candidat qui connaît le protocole xyz avec le logiciel 1234 ainsi que le langage 5a5a5. Celui-là, il est rare. Et puisqu’il engage des jeunes, il n’est probablement pas encore né!

    Quelle belle affaire!

    On ne recherche pas la compétence, on recherche du savoir-faire. Il faut connaître le protocole xyz .... oups! Trop tard. C'est maintenant le protocole qwe. Donc, nous recherchons un candidat ayant :

    Un BAC ou n'importe quoi d'autre d'équivalent

    Avec la maîtrise du protocole qwe

    Avec une profonde connaissance du logiciel 1234

    Avec une grande connaissance du langage 5a5a5 (version 12.3.4.5.23.2.1 R1234)

    Avec la connaissance des systèmes d'exploitation suivant : Mac OS Classic Système 5 · Système 6 · Système 7 · Mac OS 8 · Mac OS 9
    NeXTSTEP · Rhapsody · Darwin · Mac OS X · iOS
    BlueEyedOS · Haiku · ZETA
    DR-DOS · FreeDOS · MS-DOS · PC-DOS
    AIX · MVS · OS/2 · OS/360 · OS/390 · z/OS · OS/400
    MS-DOS · 3.x · 95 · 98 · Me
    NT · 2000 · XP · 2003 · Vista · 2008 · 7 · 8
    POSIX / UNIX
    FreeBSD · NetBSD · OpenBSD · DragonFly BSD · PC-BSD
    Debian GNU/Hurd · Arch Hurd
    Arch Linux · Debian · Frugalware · Fedora · Funtoo · Gentoo · Mandriva · Red Hat · Slackware · SUSE · Ubuntu
    AIX · HP-UX · IRIX · LynxOS · Minix · QNX · Solaris · System V · Tru64 · UnixWare · ChorusOS
    MorphOS · AROS
    CTSS · GCOS · Genera · ITS · Multics · Plan 9 · QDOS · RSTS · TENEX · TOPS-20 · TOS · VMS
    eyeOS · FreeDOS · Inferno · MenuetOS · ReactOS · UNICOS · VxWorks
    Android · Bada · BlackBerry OS · Cisco IOS · iOS · OpenMoko · Palm OS · HP webOS · Symbian OS · Windows CE · Windows Mobile

    Avoir une connaissance du COBOL, PASCAL, PL/1, ASSEMBLEUR serais considérer comme un atout.

  • Bernard Gervais - Inscrit 17 octobre 2011 23 h 18

    Pas de quoi s'exciter !

    Donc, selon le président de Nexio Technologies (Martial Rivard), la vraie révolution informatique va éliminer, surtout grâce à iTunes, tous les magasins de musique (on observe d'ailleurs que plusieurs d'entre eux ont déjà réduit leur inventaire ou tout simplement fermé leurs portes !) et, par la suite, ce sera le tour des clubs vidéo, librairies et d'autres magasins...

    Et, bien entendu, M. Rivard semble emballé par le fait que cela puisse se produire.

    Désolé, mais je suis loin de partager son enthousiasme. Et je suis sûr que tous ceux, qui travaillent dans ces commerces, seront de mon avis !