Air Canada - Le syndicat tente de retrouvrer son droit de grève

Photo: - Le Devoir

La compagnie aérienne serait intervenue dans les affaiers internes du syndicat, selon un avocatLe syndicat représentant les agents de bord d'Air Canada a demandé hier au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) de rejeter la demande du gouvernement fédéral visant à retirer à ses membres le droit de négociation et de grève.

«En fait, la responsabilité du conseil est de maintenir ses droits malgré les exigences de la ministre du Travail», a déclaré le président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Paul Moist, après une rencontre préliminaire du syndicat et de la partie patronale avec le conseil.

«Ces droits incluent le droit des travailleurs à négocier collectivement et à la grève, malgré la tentative flagrante de la ministre de les faire disparaître.»

Le syndicat a pressé le CCRI, une agence fédérale quasi judiciaire, de laisser les négociations se poursuivre alors qu'il tente d'obtenir une entente qui reconnaît les «sacrifices» faits par les travailleurs au cours de la dernière décennie.

Le conseil a rencontré les deux parties pour commencer le processus d'examen de deux sujets leur ayant été soumis par la ministre Raitt qui a bloqué une grève prévue jeudi.

Celle-ci veut que le conseil définisse le niveau de services essentiels à maintenir en cas de conflit de travail et qu'il évalue la possibilité d'imposer un contrat de travail.

Une porte-parole d'Air Canada a indiqué que la discussion avait porté sur l'ordre des procédures.

«Les dates des prochaines audiences et d'autres questions reliées aux échanges précédant les audiences seront discutées plus tard la semaine prochaine», a indiqué Isabelle Arthur.

M. Moist a qualifié l'intervention de Mme Raitt comme une «manipulation» indéfendable du Code canadien du travail et du CCRI.

Plus tôt, Paul Cavalluzzo, un avocat en droit du travail, a estimé qu'Air Canada pourrait être accusée de pratique déloyale de travail après avoir déposé une plainte reprochant au syndicat représentant ses agents de bord d'avoir fait preuve de «mauvaise foi» dans ses négociations.

Selon l'avocat, la plainte du transporteur aérien semble enfreindre le Code canadien du travail, qui interdit aux employeurs d'intervenir dans les affaires internes d'un syndicat.

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