Un Québécois à la tête de Shoppers Drug Mart - Une nomination sans conséquence, juge le patron de Groupe Jean Coutu

François Jean Coutu, président et chef de la directin du Groupe Jean Coutu.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir François Jean Coutu, président et chef de la directin du Groupe Jean Coutu.

Le Groupe Jean Coutu ne craint pas outre mesure l'arrivée d'un Québécois à la tête de son plus grand rival, Shoppers Drug Mart, exploitant de la chaîne Pharmaprix.

Shoppers a annoncé lundi que Domenic Pilla deviendra p.-d.g. du géant torontois le 1er novembre. Membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec, M. Pilla est président du distributeur de produits pharmaceutiques McKesson Canada depuis décembre 2006. Auparavant, il avait longtemps travaillé chez Petro-Canada.

«Nous connaissons Shoppers depuis 42 ans, alors je ne vois pas pourquoi un nouveau p.-d.g. changerait quoi que ce soit», a lancé hier le président et chef de la direction de l'entreprise de Longueuil, François Jean Coutu, au cours d'un entretien téléphonique. «Je sais ce que je dois faire, je ne porte pas particulièrement attention à ce que les autres font», a-t-il ajouté.

Il reste que Shoppers-Pharmaprix donnera un sérieux coup de pouce à ses ambitions d'expansion au Québec avec l'arrivée de ce nouveau dirigeant qui connaît intimement le marché francophone.

McKesson Canada est propriétaire de la chaîne de pharmacies Proxim, qui compte 240 établissements au Québec, en Ontario et dans les Maritimes. En 2009, cette filiale du géant américain du même nom avait tenté de mettre la main sur Uniprix, mais en vain. Selon l'analyste Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, McKesson joue aujourd'hui un rôle dans la gestion du réseau d'Uniprix.

Résultats trimestriels


Au cours de son deuxième trimestre, qui a pris fin le 27 août, Jean Coutu a vu ses profits nets bondir de 53 %. Ils ont atteint 66,4 millions (29 ¢ par action), contre 43,4 millions (18 ¢ par action) pendant la même période de l'an dernier. La hausse s'explique surtout par les 22 millions recueillis avec la vente de 17,6 millions d'actions de la chaîne de pharmacies américaine Rite Aid, dans laquelle Jean Coutu détient une participation importante. En passant ainsi sous la barre des 20 % d'actionnariat de Rite Aid, Jean Coutu n'aura plus à faire état des résultats de cette entreprise déficitaire, a expliqué François Jean Coutu.

Les revenus trimestriels du détaillant québécois ont progressé de 1,5 % pour atteindre 635,2 millions.

La croissance des ventes des pharmacies ouvertes depuis au moins un an s'est accélérée dans la section commerciale, mais a ralenti dans celle des produits pharmaceutiques, en raison notamment de la baisse des prix des génériques décrétée par les gouvernements. Mais ce n'est pas tout. «La croissance du nombre d'ordonnances de médicaments génériques, dont les prix de vente sont inférieurs aux produits innovateurs, a eu un impact déflationniste sur les ventes au détail pour la section pharmaceutique», a expliqué Jean Coutu dans un communiqué.

La diminution des prix des génériques a également nui aux résultats de Pro Doc, la filiale de fabrication de médicaments de Jean Coutu. Ses revenus ont reculé de 36,5 % sur un an et son bénéfice d'exploitation, de 50,5 %.

Les pharmaciens auront droit à une hausse de leurs honoraires professionnels au terme des négociations qui doivent débuter bientôt avec Québec. Ceux-ci oscillent actuellement entre 7,89 $ et 8,44 $ par ordonnance. L'augmentation s'annonce toutefois modeste: au cours d'un entretien téléphonique, hier, le directeur général de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Normand Cadieux, a dit s'attendre à obtenir une hausse des honoraires de 6 % sur cinq ans, soit la même à laquelle les autres professionnels de la santé ont eu droit.

L'AQPP espère en outre obtenir des honoraires pour de nouvelles responsabilités que Québec veut confier à ses membres, comme le renouvellement d'ordonnances.