Vent de panique sur les Bourses

Un vent de panique a soufflé sur les Bourses hier, prises en étau entre l'inquiétude suscitée par la double crise, économique et de la dette, et des signaux inquiétants, tels que la démission de l'économiste en chef de la BCE.

«Altimètre dans le rouge. La boussole est déréglée», a résumé Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities, évoquant le pessimisme et la peur qui dirigent les salles de marché ces dernières semaines. «Il faut du temps avant qu'un nouveau dynamisme économique ne naisse. Et en attendant, les marchés vont continuer à être très volatils, nerveux», prédisait Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia AM.

En Europe

Parmi les principales places financières du continent européen, à Paris l'indice vedette CAC 40 a lâché 3,6 %, à Francfort le Dax a perdu 4 % tandis qu'à Milan le FTSE Mib cédait jusqu'à 4 %. De son côté, le Footsie-100 à Londres a un peu mieux résisté en n'abandonnant que 2,4 %. À New York, le Dow Jones a enregistré sa plus forte baisse en trois semaines, avec une perte de 2,7 %, tandis que le Nasdaq a lâché 2,4 %.

À Toronto

À Toronto, le rythme des pertes à la Bourse s'est accéléré, hier après-midi, retranchant près de 300 points à l'indice S&P/TSX. Le S&P/TSX a terminé la séance en baisse de 296,41 points, à 12 387,54. Le dollar canadien a lui aussi été malmené, perdant 81 centimes, pour clôturer à 100,40 ¢US.

Pour un analyste souhaitant rester anonyme, le risque de contagion de la crise grecque et le fort ralentissement de la conjoncture économique expliquent la dégringolade. Les valeurs bancaires en particulier, victimes de rumeurs sur leur mauvaise santé financière, ont été étrillées. Sur le marché des changes, l'euro est repassé sous le seuil de 1,37 US$ pour la première fois depuis fin février.

Wall Street a enregistré hier sa plus forte chute en trois semaines. Selon les chiffres définitifs de clôture, le Dow Jones a lâché 303,68 points à 10 992,13 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 61,15 points à 2467,99 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a reculé de 2,7 % (31,67 points) à 1154,23 points.

«Les marchés chutent lourdement, car l'inquiétude est grande à propos de la crise de la dette souveraine en Europe, en particulier en Grèce», a résumé Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital. Même si Athènes a démenti les informations données par l'agence Bloomberg, «les marchés scrutent le potentiel de l'Europe», a-t-il ajouté.

D'après des analystes, la chute d'hier s'explique aussi par les menaces d'attentat dix ans jour pour jour après les attaques contre les tours jumelles du World Trade Center.

Le marché obligataire a terminé en hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a atteint son plus bas taux historique, 1,896 %, signe que les investisseurs ont recherché des actifs ultrasûrs, mais peu rentables. Le bon à 10 ans a terminé à 1,915 % contre 1,986 % jeudi soir, et celui à 30 ans, à 3,246 % contre 3,310 % la veille.

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Avec La Presse canadienne