Dette: mise en garde contre l'austérité

Genève — La CNUCED (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) a lancé hier une mise en garde, dans son rapport annuel 2011, contre les dangers d'une politique budgétaire trop restrictive.

Selon les économistes de la CNUCED, la «meilleure stratégie pour réduire la dette publique consiste à promouvoir la croissance», avec une politique budgétaire expansive. «Une politique d'austérité budgétaire pourrait freiner la croissance du PIB et ses recettes budgétaires et serait donc contre-productive sur le plan de l'assainissement budgétaire», poursuit le rapport.

«La situation va devenir extrêmement dangereuse si l'on ne fait rien», a déclaré Heiner Flassbeck, directeur de la division Globalisation et Stratégies de développement à la CNUCED en présentant le rapport.

Selon lui, le fait le plus important constaté dernièrement est l'absence de hausse des salaires aux États-Unis, une première. Si le Japon et l'UE font de même, «70 % de l'économie mondiale ne consommera plus,et n'investira plus. Dans le meilleur des cas, ce sera la stagnation, voire la déflation», a-t-il averti.

À l'appui de ses propos, M. Flassbeck a signalé l'exemple de la Grèce, où, deux ans après avoir massivement diminué les dépenses publiques, la situation a empiré au lieu de s'améliorer.

Selon la CNUCED, les gouvernements qui prônent la restriction budgétaire font trop confiance aux acteurs des marchés financiers. «L'opinion publique et les décideurs ne devraient plus faire confiance» aux acteurs des marchés financiers, «notamment aux agences de notation», pour juger ce qui constitue «une politique macroéconomique judicieuse et une gestion rationnelle des finances publiques».

Les dépenses d'infrastructures peuvent être «plus efficaces que les réductions d'impôts pour stimuler l'économie», estime la CNUCED, parce «qu'elles conduisent directement à la création d'emplois, à la consommation et à une hausse de la demande».

Par ailleurs, la CNUCED réclame une «réforme financière globale» sur le plan international, «plus que jamais nécessaire». Les efforts engagés après la crise de 2008-09 sont «trop modestes» et «ont échoué».

La CNUCED propose un «flottement régulé des taux de change», seul capable d'«endiguer une spéculation monétaire excessive», selon elle. Les taux de change pourraient se réguler en fonction soit des différentiels de taux d'intérêt, soit des différentiels d'inflation. Un tel système «permettrait d'obtenir une stabilité suffisante des taux de change réels pour renforcer le commerce international et faciliter les décisions en matière d'investissement».

La CNUCED veut également améliorer le fonctionnement des marchés de produits de base (agricoles), pour éviter la spéculation excessive.
1 commentaire
  • Nelson - Inscrit 7 septembre 2011 16 h 23

    Cercle infernal, sans austérité on souffre des décotes...avec austerité, nous mangerons une dépression.

    Nous n'avons plus de marge pour rien faire...nous semblons être coincés de tous les bords et tous les côtés...

    Pourtant était facile à prévoir que le transferts massif de nos manufactures et emplois ailleurs ne pouvait pas se passer sans payer le gros prix.

    Pas pour ce que font du fric en diminuant leurs coûts de production, mais pour l'ensemble de la population.

    À CAUSE DE TOUT ÇA NOUS N'AVONS PLUS LE CHOIX QUE REVENIR EN ARRIÈRE, RÉCUPÉRER NOS INDUSTRIES, NOS TECHNOLOGIES, NOS BOULOTS ET...NOS DÉMOCRATIES.

    Nous avons tout ici, agriculture, technologies, capacité pour manufacturer tout, autos, micro ondes, tv, meubles, linge, etc, et.

    Et nous avons électricité, eau, gaz, pétrole, minéraux, etc.

    Même s'il faut payer un peu plus, nous aurons en échange le plein emploi, meilleurs salaires, et récupérerons notre destin, notre économie, notre démocratie.

    Et nous aurons le contrôle des arnaqueurs de la finance international.